Par Caroline Côté
Diffusion : 31 mars 2026
Précautions dans la lecture des résultats
Les différences entre les estimations qui sont mentionnées sont statistiquement significatives avec un seuil minimum de 5 %. Seules les variations statistiquement significatives sont présentées, à moins d’avis contraire.
Stabilité dans la superficie ensemencée
On estime qu’en 2024, la superficie ensemencée en pommes de terre au Québec s’est établie à 19,0 milliers d’hectares (kha), comparativement à 17,1 kha en 2023.
Les plus vastes superficies ensemencées ont été observées dans le regroupement des régions administratives de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches (5,6 kha) et elles sont en augmentation de 31,8 % (+ 1,36 kha) par rapport à 2023. En ajoutant le regroupement de Montréal, de Laval et de Lanaudière (3,8 kha), on obtient 50 % des superficies ensemencées au Québec.
En revanche, le regroupement de l’Outaouais, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Nord-du-Québec et des Laurentides a connu une baisse significative des superficies ensemencées, soit 25,0 % (− 0,3 kha) de moins qu’en 2023.
Hausse de la superficie récoltée
La superficie récoltée de pommes de terre s’est établie à 18,8 kha, ce qui représente une augmentation de 13,0 % (+ 2,1 kha) comparativement à 2023 (16,7 kha). Le regroupement de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches a enregistré la plus forte hausse en 2024, soit une augmentation de 31,8 % (+ 1,4 kha).
Hausse de la production et du rendement
Quant à la production de pommes de terre en 2024, elle s’est élevée à 666,3 milliers de tonnes métriques (kt), une augmentation de 26,0 % (+ 137,6 kt) par rapport à 2023. Elle dépasse le sommet observé en 2022 (647,6 kt).
Le graphique ci-dessous illustre une évolution à la hausse de la production provinciale, sauf en 2023.
La plus importante hausse en pourcentage est observée dans le regroupement de la Mauricie et du Centre-du-Québec, soit 62,4 % (+ 33,4 kt). La Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches ne sont pas en reste avec une augmentation de 43,5 % (+ 63,4 kt). Cependant, le regroupement de l’Outaouais, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Nord-du-Québec et des Laurentides est le seul à avoir enregistré une diminution de la production, soit − 16,6 % (− 5,2 kt).
Le rendement s’est établi à 35,34 tonnes par hectare (t/ha) pour l’ensemble du Québec en 2024, soit 11,1 % (+ 3,5 t/ha) de plus qu’en 2023. En consultant le graphique ci-dessous, on observe que la plupart des régions ont atteint un rendement comparable à 2022 après une année difficile pour plusieurs d’entre elles. Cette année, c’est le regroupement de la Maurice et du Centre-du-Québec qui remonte avec une hausse de 28,5 % (+ 7,48 t/ha), après avoir connu une baisse de 24,0 % l’an dernier. On constate que toutes les régions ont de bons rendements qui ont influencé à la hausse le résultat provincial.
Augmentation du volume et de la valeur des ventes
On assiste à des fluctuations des ventes en volume. Après avoir connu une augmentation en 2022 avec 606,4 kt et un recul atteignant 495,1 kt (− 18,4 %; − 111,4 kt) en 2023, les ventes en volume en 2024 présentent une augmentation de 18,6 % (+ 92,3 kt) sur l’année précédente. Ces variations suivent celles de la production, qui oscille depuis 2022, alors qu’entre 2018 et 2022, elle affichait une progression presque continue.
Deux regroupements se distinguent sur le plan du volume et de la production. L’augmentation de la production dans le regroupement de la Mauricie et du Centre-du-Québec a entraîné une hausse de 78,9 % (37,1 kt) du volume des ventes hors secteur, alors qu’elle est de 43,3 % (60,6 kt) pour la Capitale-Nationale. En revanche, le regroupement de l’Outaouais, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Nord-du-Québec et des Laurentides suit la conséquence d’une production inférieure avec une baisse des ventes en volume de 19,4 % (− 5,4 kt).
Quant aux ventes, elles se sont établies à 268,3 millions de dollars (M$) en 2024, ce qui est supérieur de 21,6 % (+ 47,7 M$) aux ventes de 2023 (220,5 M$). Les regroupements de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ainsi que de la Mauricie et du Centre-du-Québec comptent pour 74,8 % (+ 35,7 M$) de cette augmentation.
Le regroupement de l’Outaouais, de l’Abitibi‑Témiscamingue, du Nord‑du‑Québec et des Laurentides est le seul à afficher une baisse marquée de la valeur des ventes (− 19,7 %, soit − 2,2 M$), ce qui est cohérent avec les autres diminutions observées dans ces régions.
Dans l’ensemble des autres régions, les hausses de valeur compensent cette baisse et contribuent à la croissance provinciale.
Le prix moyen demeure stable au Québec
Le volume de production augmente de 26,9 %, alors que la valeur monétaire ne progresse que de 21,6 %, ce qui indique une stabilité des prix à l’échelle provinciale.
Le prix moyen pondéré des pommes de terre vendues est estimé à 429,40 $/t en 2024, comparativement à 443,80 $/t en 2023 (− 3,25 %, soit − 14,40 $/t). Les prix sont semblables à ceux de l’an dernier dans presque toutes les régions.
La seule exception notable est le regroupement de l’Estrie et de la Montérégie, où le prix moyen atteint 491,18 $/t, en hausse de 9,4 %.