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Portrait de l’emploi syndiqué et non syndiqué au Québec

Diffusion : 24 avril 2025

À l’occasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses, nous présentons un portrait de l’emploi syndiqué et non syndiqué au Québec entre 2004 et 2024. Plusieurs indicateurs sont abordés et ceux-ci concernent entre autres la couverture syndicale, la rémunération, les heures de travail ainsi que les avantages sociaux.

Taux de couverture syndicale : en hausse chez les femmes et en baisse chez les hommes

En 2024 environ 40 % de la main-d’œuvre salariée occupent un emploi syndiqué, soit un taux semblable à celui observé 20 ans plus tôt. 

Taux de couverture syndicale, Québec

Infographie présentant les taux de 2004, 2014 et 2024

Le taux de couverture syndicale s’établit à environ 38 % chez les hommes et à environ 41 % chez les femmes; celles-ci affichent un taux plus élevé pour cette année. Sur une période 20 ans, le taux de couverture syndicale a augmenté chez les femmes (environ 3 points de pourcentage), mais a diminué chez les hommes (environ 3,5 points).

Taux de couverture syndicale selon l’industrie

Taux de couverture syndicale et nombre d’emplois syndiqués et non syndiqués dans les industries

De 2004 à 2024, seule l’industrie de la fabrication a connu une baisse statistiquement significative du taux de couverture syndicale, qui est passé de 40,3 % à 29,4 %. En 2024, certaines industries ont des taux de couverture syndicale plus élevés que la moyenne de l’ensemble des industries (39,5 %). Il s’agit entre autres des services publics (73,9 %), de la construction (59,0 %), des services d’enseignement (81,0 %), des soins de santé et de l’assistance sociale (65 %) ainsi que des administrations publiques (81,6 %). D’autres industries ont par contre des taux inférieurs à la moyenne de l’ensemble. C’est le cas notamment de la fabrication (29,4 %), du commerce (16,1 %), des services professionnels, scientifiques et techniques (7,4 %) et de l’hébergement et des services de restauration (9,0 %).

Variation du nombre d’emplois syndiqués et non syndiqués

En 20 ans, le nombre d’emplois syndiqués s’est accru dans les administrations publiques (+ 67 000), les soins de santé et l’assistance sociale (+ 139 000) de même que dans les services d’enseignement (+ 96 000). Les emplois dans ces industries sont davantage occupés par des femmes. Par ailleurs, on constate une diminution de l’emploi syndiqué de l’ordre de 100 000 dans la fabrication, mais une augmentation d’un ordre similaire dans la construction. Dans ces industries, les hommes sont fortement majoritaires.

Les croissances relevées dans l’emploi non syndiqué se trouvent surtout dans les soins de santé et l’assistance sociale (+ 64 000), les services professionnels, scientifiques et techniques (+ 146 000), la finance, les assurances, l’immobilier et la location (+ 58 000), le commerce (+ 70 000) de même que la construction (+ 62 000).

Nombre d'emplois syndiqués selon l'industrie, Québec, 2004 et 2024

 

Graphique présentant le nombre d'emplois syndiqués selon l'industrie en 2004 et 2024

Note
Les données portent sur l’emploi salarié (le travail autonome est exclu).
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Nombre d'emplois non syndiqués selon l'industrie, Québec, 2004 et 2024

 

Graphique présentant le nombre d'emplois syndiqués selon l'industrie en 2004 et 2024

Note
Les données portent sur l’emploi salarié (le travail autonome est exclu).
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Augmentation plus importante de la rémunération horaire dans les emplois non syndiqués que dans les emplois syndiqués

En 2024, la rémunération horaire moyenne dans les emplois syndiqués s’établit à environ 35 $ et celle dans les emplois non syndiqués, à environ 33 $. Par rapport à 2004, la rémunération horaire dans les emplois non syndiqués s’est accrue d’environ 100 %, alors que celle dans les emplois syndiqués a connu une croissance d’environ 73 %.

Rémunération horaire moyenne selon la couverture syndicale, Québec

Infographie présentant les rémunérations horaires moyennes des emplois syndiqués et non syndiqués en 2004, 2014 et 2024

Note
Les données portent sur l’emploi salarié (le travail autonome est exclu).
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Différences de rémunération horaire entre les femmes et les hommes selon la couverture syndicale

Au cours des 20 dernières années, la rémunération horaire moyenne des femmes occupant un emploi non syndiqué a augmenté d’environ 109 % (environ 31 $ en 2024), comparativement à environ 75 % (environ 34 $ en 2024) pour celle des femmes occupant un emploi syndiqué.

La rémunération horaire moyenne des hommes occupant un emploi syndiqué a crû d’environ 72 % (environ 36 $ en 2024), alors que celle des hommes non syndiqués a augmenté d’environ 93 % (environ 35 $ en 2024).

La croissance de la rémunération horaire dans les emplois non syndiqués s’est davantage accélérée à partir de l’année 2020. Cette année a marqué le début de la pandémie de COVID-19 et présentait un resserrement du marché du travail en raison des besoins de main-d’œuvre non comblés.

Rémunération horaire des femmes et des hommes selon la couverture syndicale, Québec, 2004-2024

Femmes

Graphique présentant la rémunération horaire des femmes selon la couverture syndicale de 2004 à 2024

Hommes

Graphique présentant la rémunération horaire des hommes selon la couverture syndicale de 2004 à 2024

Note
Les données portent sur l’emploi salarié (le travail autonome est exclu).
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

L’écart de rémunération horaire entre les emplois syndiqués et non syndiqués se réduit

En 2004, l’écart de rémunération horaire entre les emplois syndiqués et non syndiqués s’établissait à environ 19 %. Cet écart suit une tendance à la baisse, en particulier à partir des années 2020. En 2024, l’écart se fixe à environ 7 %.

La réduction de l’écart de rémunération horaire entre les deux groupes s’observe tout autant chez les femmes que chez les hommes. Cet écart se fixe respectivement à environ 11 % et 3 % en 2024. Tout au long de la période, l’écart observé entre les emplois syndiqués et non syndiqués est toutefois toujours plus élevé chez les femmes.

Écart de rémunération horaire entre les emplois syndiqués et les emplois non syndiqués selon le genre, Québec, 2004-2024

Infographie présentant l'écart de rémunération entre les emplois syndiqués et non syndiqués selon le genre de 2004 à 2024

Note
Les données portent sur l’emploi salarié (le travail autonome est exclu).
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. Adaptation par l'Institut de la statistique du Québec.

L’emploi à bas salaire demeure plus élevé dans l’emploi non syndiqué même s’il diminue

Le taux d’emploi à bas salaire a diminué entre 2004 et 2024, tant dans l’emploi syndiqué que dans l’emploi non syndiqué. En 2024, il s’établit à environ 7 % dans l’emploi syndiqué et à environ 23 % dans l’emploi non syndiqué, comparativement à environ 34 % pour cette dernière catégorie en 2004.

Cette tendance à la baisse s’observe tant chez les femmes que chez les hommes. En 2024, près de 30 % des femmes occupant un emploi non syndiqué ont un emploi à bas salaire, alors que c’est le cas d’environ 7 % des femmes occupant un emploi syndiqué.

Chez les hommes syndiqués, le taux d’emploi à bas salaire en 2024 (6 %) demeure moindre que chez ceux qui ne sont pas syndiqués (19 %).

Taux d’emploi à bas salaire

Infographie présentant les taux d'emploi à bas salaire dans les emplois syndiqués et non syndiqués selon le genre en 2004 et 2024

Présence toujours accrue de l’emploi à temps partiel dans les emplois non syndiqués

En 2024, environ 21 % de tous les emplois non syndiqués sont à temps partiel (moins de 30 heures par semaine), alors que c’est le cas pour environ 12 % de tous les emplois syndiqués. La part plus élevée de l’emploi à temps partiel dans les emplois non syndiqués s’observait aussi en 2004 (21 % c. 14 %).

La part de l’emploi à temps partiel a diminué chez les femmes occupant un emploi syndiqué. Elle est passée de 22 % en 2004 à environ 16 % en 2024. Dans le cas des femmes non syndiquées, on ne dénote pas de baisse statistiquement significative concernant leur part de l’emploi à temps partiel (environ 28 % en 2004 c. environ 26 % en 2024).

En 2024, la part de l’emploi à temps partiel chez les hommes occupant un emploi syndiqué est d’environ 9 %, comparativement à environ 16 % chez les hommes occupant un emploi non syndiqué.

Par ailleurs, la part de l’emploi à heures variables, c’est-à-dire dont l’horaire varie d’une semaine à l’autre, est plus élevée dans l’emploi non syndiqué en 2024 (environ 25 %) que dans l’emploi syndiqué (environ 18 %). Le constat est le même lorsqu’on tient compte du genre. Sur la période de 2004 à 2024, on observe une diminution de cette part chez les femmes, qu’elles soient syndiquées ou non.

Graphique
Part de l’emploi à temps partiel selon la couverture syndicale et le genre, Québec, 2004 et 2024

  2004 2024

%

  
Ensemble
  Emploi syndiqué 13,9 12,4
  Emploi non syndiqué 21,1 20,9
  
Femmes+
  Emploi syndiqué 22,3 15,9
  Emploi non syndiqué 28,3 26,2
  
Hommes+
  Emploi syndiqué 6,6 8,8
  Emploi non syndiqué 13,9 16,2
  

Note
Les données portent sur l’emploi salarié (le travail autonome est exclu).
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.
 

Couverture d’avantages sociaux plus fréquente dans les emplois syndiqués

En 2024, la part des personnes ayant déclaré bénéficier d’un régime de pension offert par l’employeur est plus élevée dans les emplois syndiqués que dans les emplois non syndiqués (83 % c. 39 %).

Les personnes syndiquées ont aussi davantage accès à des congés annuels payés (89 % c. 73 %) et à des congés de maladie payés par l’employeur (84 % c. 62 %).

La présence d’une assurance-invalidité est plus fréquente dans les milieux syndiqués que dans les milieux non syndiqués (77 % c. 46 %). C’est le cas également de l’assurance pour soins médicaux ou dentaires (77 % c. 50 %).

En 2024, au Québec, part des personnes ayant déclaré avoir accès à :

Infographie présentant la part des personnes ayant déclarés avoir accès à différents avantages sociaux dans les emplois syndiqués et non syndiqués en 2024

Avancement professionnel, rémunération appropriée et satisfaction à l’égard de l’emploi : portrait similaire entre les emplois syndiqués et non syndiqués

La part des personnes qui ont déclaré être d’accord ou tout à fait d’accord avec le fait qu’elles ont la possibilité d’un avancement professionnel est similaire dans les emplois syndiqués et non syndiqués (63 %).

La majorité des personnes en emploi, qu’elles soient syndiquées ou non, ont déclaré être d’accord ou tout à fait d’accord avec le fait qu’elles reçoivent une rémunération appropriée et se sont dit très satisfaites de leur emploi.

Enfin, le stress lié à la charge de travail est davantage ressenti chez les femmes syndiquées (28 %) que chez les femmes non syndiquées (21 %).

Part des personnes ayant déclaré être d’accord ou tout à fait d’accord avec le fait :

Infographie présentant la part des personnes étant d'accord ou tout à fait d'accord avec le fait d'avoir une possibilité d'avancement profesionnel ou une rémunération appropriée selon la couverture syndicale

Part des personnes ayant déclaré :

Infographie présentant les taux

Conclusion

La présentation des résultats dans cette page visait à brosser un portrait comparatif de l’emploi syndiqué et non syndiqué au Québec au cours de la période de 2004 à 2024.

Il ressort de l’analyse que même si le taux de couverture syndicale est resté stable dans son ensemble, il y a eu à la fois une hausse du taux chez les femmes et une baisse chez les hommes. Par ailleurs, on note une baisse du taux de couverture syndicale dans l’industrie de la fabrication.  

Les données ont également révélé qu’il y a eu une augmentation plus forte de la rémunération horaire dans les emplois non syndiqués que dans les emplois syndiqués, et que cela s’est traduit par une réduction de l’écart entre les deux groupes, en particulier dans les cinq dernières années.

La part de l’emploi à bas salaire demeure toutefois plus forte dans les emplois non syndiqués malgré une certaine baisse constatée. On observe que ces milieux de travail présentent une plus grande part de l’emploi à temps partiel ou à heures variables.

En ce qui concerne la couverture des avantages sociaux, on la retrouve plus fréquemment dans les milieux de travail syndiqués que dans ceux qui ne le sont pas, tout particulièrement en ce a trait à l’offre d’un régime de retraite de la part de l’employeur.

Source des données et méthodologie

Les données utilisées pour la réalisation du présent document sont tirées de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada et de certains de ses suppléments mensuels. L’EPA est réalisée sur une base mensuelle auprès d’approximativement 56 000 ménages canadiens hors institutions (10 185 ménages pour le Québec, selon le Guide de l’Enquête sur la population active de 2020). Les données de l’EPA sont recueillies par province selon un plan de sondage avec renouvellement de panel. Les ménages sélectionnés demeurent dans l’échantillon pendant six mois consécutifs. L’EPA présente des estimations sur l’emploi et le chômage ainsi que d’autres indicateurs tels que le taux de chômage, le taux d’emploi et le taux d’activité. De plus, elle fournit des renseignements approximatifs sur l’emploi selon la branche d’activité, la profession, le nombre d’heures travaillées, etc. Il est possible de croiser ces données selon une variété de caractéristiques démographiques. Des estimations sont diffusées pour le Canada, pour les provinces, pour les territoires et pour plusieurs régions infraprovinciales, comme les régions économiques. En ce qui concerne la main-d’œuvre salariée, des estimations sur les salaires, la couverture syndicale, la permanence de l’emploi et la taille du lieu de travail sont également disponibles.

Population cible

Les résultats présentés portent sur les personnes occupant un emploi salarié. Les travailleuses et travailleurs autonomes sont exclus des résultats.

Taux de couverture syndicale

Le taux de couverture syndicale exprime la part d’emplois salariés couverts par une convention collective sur l’ensemble de l’emploi salarié.

Rémunération horaire

Le concept de rémunération horaire réfère au salaire ou traitement (avant impôts et autres déductions), y compris les pourboires, les commissions ou les primes, prévu pour une heure de travail ou toute autre rémunération (hebdomadaire, mensuelle, annuelle) ramenée sur une base horaire en tenant compte du nombre d’heures de travail habituellement payées.

Emploi à bas salaire

L’emploi à bas salaire correspond à celui dont la rémunération horaire est inférieure aux deux tiers du taux horaire médian. En 2024, le taux horaire médian au Québec s’établit à 29,50 $. La rémunération horaire correspondant aux deux tiers du taux horaire médian se fixe à 19,67 $.

Emploi à temps partiel et emploi à heures variables

L’emploi à temps partiel se compose des personnes qui travaillent habituellement moins de 30 heures par semaine. L’emploi à heures variables se compose des personnes qui travaillent habituellement selon un horaire variable d’une semaine à l’autre.

Avertissement

À moins d’indication contraire, les écarts statistiques observés dans l’analyse sont tous significatifs au seuil de 5 %.

Mention

Les analyses contenues dans ce texte ont été réalisées au Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), membre du Réseau canadien des Centres de données de recherche (RCCDR). Les activités du CIQSS sont rendues possibles grâce à l’appui financier du Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH), des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), de Statistique Canada, des Fonds de recherche du Québec ainsi que de l’ensemble des universités québécoises qui participent à leur financement. Les idées exprimées dans ce document sont celles de l’auteur, et pas nécessairement celles du RCCDR, du CIQSS ou de leurs partenaires.

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