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Évolution du revenu disponible par habitant en 2024 au Québec ainsi que dans ses régions et ses MRC

Par Marie-Hélène Provençal et Stéphane Ladouceur
Diffusion : 1er juin 2026

Dans cette page :

Précisions méthodologiques et informations complémentaires

  • Qu’est-ce que le revenu disponible par habitant selon la comptabilité nationale?
  • Les estimations de l’année la plus récente doivent être interprétées avec une certaine prudence
  • Glossaire du revenu disponible

Hausse du revenu disponible au Québec

Selon les données provisoires, le revenu disponible par habitant a crû au Québec, en dollars courants, de 4,9 % en 2024 pour s’établir à 38 400 $. Il s’agit d’un taux de croissance supérieur à celui enregistré en 2023 (+ 2,2 %). Cette accélération s’explique principalement par une progression plus rapide de la rémunération des salariés (+ 3,6 %), principale composante du revenu disponible, de même que par des hausses marquées du revenu net de location (+ 17,6 %) et du revenu net de la propriété (+ 11,7 %), cette dernière étant constituée notamment de revenus de placement. Toutefois, l’augmentation des transferts versés par les particuliers aux administrations publiques (+ 4,3 %), lesquels comprennent entre autres les impôts payés et les cotisations aux régimes d’assurance sociale, a partiellement atténué la croissance du revenu disponible.

En parallèle, la croissance de l’inflation a poursuivi son ralentissement au Québec en 2024. L’indice implicite des prix des dépenses de consommation finale des ménages a augmenté de 2,6 %, après les hausses de 5,8 % et de 3,9 % observées au cours des deux années précédentes. En termes réels, c’est-à-dire lorsque l’on exclut les variations de prix, le revenu disponible par habitant a augmenté dans la province de 2,2 % en 2024. Il s’agit de la première hausse du revenu disponible réel observée depuis 2020, après une période caractérisée par une stagnation en 2021 et des reculs successifs en 2022 et 2023.

Le rythme de croissance s’accélère dans la quasi-totalité des régions administratives

La croissance du revenu disponible par habitant, exprimée en dollars courants, a été plus forte en 2024 qu’en 2023 dans l’ensemble des 17 régions administratives du Québec, sauf dans le Nord-du-Québec. Dans neuf d’entre elles, la hausse a même été supérieure à celle de la province. C’est le cas de l’Outaouais, qui enregistre l’augmentation la plus vigoureuse (+ 6,1 %), stimulée entre autres par l’accroissement marqué de la rémunération des salariés. Les hausses sont également importantes dans les régions de Chaudière-Appalaches (+ 5,7 %) et des Laurentides (+ 5,7 %).

En revanche, les régions du Nord-du-Québec et de Montréal sont celles qui ont connu les plus faibles augmentations (+ 3,1 % et + 3,8 % respectivement) en 2024. Dans le cas du Nord-du-Québec, cette lente progression résulte d’une croissance moins importante qu’ailleurs des revenus primaires, comprenant la rémunération des salariés. Pour ce qui est de Montréal, le revenu disponible y a progressé plus rapidement que celui de la province. Or, lorsqu’il est exprimé par habitant, on constate que sa progression a été freinée par la croissance démographique record enregistrée par la métropole en 2024.

En 2024, c’est la région des Laurentides qui affiche le revenu disponible par habitant le plus élevé (40 100 $). Cette situation s’explique notamment par un revenu net de la propriété et un revenu de location largement plus élevés qu’ailleurs.

La Montérégie, qui dominait au classement entre 2016 et 2022, suit immédiatement avec un revenu disponible de 39 800 $. Viennent ensuite les régions de la Capitale-Nationale, de la Côte-Nord, de Montréal et de l’Abitibi-Témiscamingue, lesquelles présentent aussi un revenu disponible de plus de 38 400 $ par habitant, soit un niveau supérieur à celui du Québec. À l’inverse, le Bas-Saint-Laurent et la Mauricie continuent de présenter les revenus les plus bas. Dans ces deux régions, les revenus primaires, qui comprennent à la fois la rémunération des salariés, le revenu mixte net et le revenu net de la propriété, tendent à y être nettement moins élevés que dans l’ensemble du Québec.

Aperçu à l’échelle des MRC : une situation contrastée

Selon les estimations provisoires, le revenu disponible par habitant a continué de croître, en dollars courants, dans la quasi-totalité des 104 MRC du Québec en 2024. Seule la Minganie affiche un recul. Dans la vaste majorité des MRC (98), l’augmentation fut plus rapide qu’en 2023.

Parmi les nombreuses MRC qui ont connu d’importantes hausses en 2024, neuf se distinguent avec un taux de croissance de 8,0 % ou plus, ce qui constitue une augmentation nettement supérieure à celle observée dans l’ensemble du Québec. C’est notamment le cas de la MRC de L’Île-d’Orléans, dans la Capitale-Nationale (+ 15,1 %), qui connaît la croissance la plus forte de la province, résultant entre autres de l’effet combiné d’une augmentation marquée des revenus nets de propriété et d’une décroissance démographique en 2024. Cette hausse exceptionnelle du revenu disponible fait toutefois suite à une légère baisse observée en 2023.

À l’opposé, la MRC nord-côtière de Minganie est la seule où le revenu disponible a diminué en 2024 (– 0,2 %), recul qui succède à une hausse des plus fortes enregistrées l’année précédente (+ 4,7 %). La baisse dans ce territoire supralocal est attribuable à l’effet combiné d’une stagnation de la rémunération des salariés et d’une hausse de l’impôt payé par les particuliers. D’autres MRC affichent une faible hausse du revenu disponible en 2024; c’est le cas des territoires nordiques d’Eeyou Istchee (+ 1,0 %) et de Jamésie (+ 2,3 %).

Graphique

Par ailleurs, la MRC des Pays-d’en-Haut est celle qui présente le revenu disponible par habitant le plus élevé (51 900 $) du Québec. Les personnes qui habitent dans cette MRC des Laurentides se distinguent en ayant en moyenne des revenus primaires, et plus particulièrement des revenus nets de la propriété, largement plus élevés que dans l’ensemble de la province. Elle est suivie de près par Caniapiscau, dont l’économie repose en bonne partie sur l’exploitation minière et où la rémunération des salariés est presque le double de la rémunération des salariés québécois.

Plusieurs MRC situées en périphérie de Montréal et de Québec tendent aussi à afficher un revenu disponible par habitant élevé. C’est le cas de L’Île-d’Orléans (47 300 $) et de La Jacques-Cartier (46 500 $), à proximité de Québec, ainsi que de La Vallée-du-Richelieu (44 300 $) et de Thérèse-De Blainville (43 000 $), dans la couronne de Montréal. En Estrie, les MRC de Memphrémagog et de Brome-Missisquoi (44 300 $ chacune) font aussi partie des MRC ayant les revenus disponibles par habitant les plus élevés. Quoiqu’inférieur à celui de plusieurs MRC avoisinantes, le revenu disponible des MRC de Montréal et de Québec (39 100 $ chacune) continue de se maintenir au-dessus de celui de l’ensemble du Québec.

En revanche, dans 79 MRC, le revenu disponible par habitant est inférieur à celui de l’ensemble de la province. De ce nombre, trois territoires supralocaux présentent un revenu disponible qui ne dépasse pas les 32 500 $ par habitant, soit Pontiac, en Outaouais, Les Sources, en Estrie, et le territoire de l’Administration régionale Kativik, dans le Nord-du-Québec. Dans cette dernière MRC, le faible niveau de revenu est attribuable, entre autres, à la forte proportion de jeunes de moins de 18 ans, lesquels sont moins susceptibles que les personnes des autres groupes d’âge d’avoir des revenus d’emploi ou de recevoir des prestations sociales. Quant aux MRC de Pontiac et des Sources, le revenu disponible y est moins élevé étant donné que, d’une part, la proportion de personnes qui occupent un emploi y est plus faible selon les dernières estimations du taux de travailleurs et que, d’autre part, les revenus primaires y sont plus bas que dans l’ensemble du Québec.

Graphique

Qu’est-ce que le revenu disponible par habitant selon la comptabilité nationale

Le revenu disponible par habitant représente le montant moyen qui reste à la disposition des particuliers pour la consommation finale de biens et de services ainsi que pour l’épargne volontaire. Plus précisément, le revenu disponible est un agrégat du secteur des ménages du Système des comptes macroéconomiques. Pour obtenir le revenu disponible par habitant, on additionne d’abord tous les revenus des personnes qui résident dans un territoire donné, tels que la rémunération des salariés, le revenu net des entreprises individuelles, les revenus nets de la propriété et les prestations sociales. On soustrait ensuite les transferts payés par ceux-ci aux secteurs institutionnels, dont l’impôt sur le revenu des particuliers, les cotisations aux régimes d’assurance sociale ainsi que les cotisations payées par les employés à un régime de retraite à prestations et à cotisations déterminées. Puis, on divise par l’ensemble de la population du territoire, tous âges confondus.

Composition du revenu disponible selon le Système des comptes macroéconomiques

Formule de calcul du revenu disponible.

1. Les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) comprennent, entre autres, les œuvres de bienfaisance et les organisations de secours ou d’assistance créées à des fins philanthropiques.
2. Les transferts payés aux sociétés financières comprennent les cotisations aux régimes de retraite à prestations et à cotisations déterminées.

Source
Institut de la statistique du Québec.

Il faut souligner que les transferts sociaux en nature, soit les biens et services fournis gratuitement ou à faible coût à la population par les administrations publiques, tels que les soins médicaux et les services éducatifs, ne sont pas pris en compte dans le revenu disponible. Les estimations sur le revenu disponible par habitant ne tiennent pas compte également des différences du coût de la vie entre les territoires, notamment en termes de coûts de transport ou de logement.

Statistique Canada est responsable des estimations annuelles provinciales, territoriales et canadiennes sur le revenu disponible. À partir des estimations pour le Québec réalisées par l’agence fédérale, l’Institut de la statistique du Québec produit, pour sa part, les estimations à l’échelle des 17 régions administratives et des 104 MRC de la province. Ces deux organismes statistiques s’appuient sur les normes internationales en matière de comptabilité macroéconomique ainsi que sur une multitude de sources, dont les données administratives, pour produire leurs estimations annuelles.

Glossaire >>>

Les estimations de l’année la plus récente doivent être interprétées avec une certaine prudence
Les estimations sur le revenu disponible par habitant sont révisées régulièrement afin qu’y soient intégrées les données les plus complètes provenant de différentes sources (données administratives, comptes publics, etc.). Tant le numérateur (revenu disponible) que le dénominateur (estimation de la population totale) sont sujets à des révisions. Généralement, au moment de la publication des données de l’année la plus récente, les estimations des deux années précédentes sont révisées. Les estimations de l’année la plus récente sont d’ailleurs sujettes à des révisions de plus grande ampleur étant donné qu’elles reposent, en bonne partie, sur des données provisoires. Ces révisions peuvent entraîner des changements non négligeables sur les taux de croissance du revenu disponible par habitant. 

Tableaux détaillés

Revenu disponible et ses principales composantes, Canada, provinces et territoires

Taux de croissance annuel du revenu disponible par habitant, en termes réels, Canada, provinces et territoires

Revenu disponible et ses composantes par régions administratives et ensemble du Québec

Revenu disponible par habitant, MRC et ensemble du Québec

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