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    Répercussions de la pandémie sur la vie sociale, la santé mentale, les habitudes de vie et la réalité du travail des Québécois

    Diffusion : 19 octobre 2021

    L’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) 2020-2021 a permis de mesurer certaines répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la vie des Québécois de 15 ans et plus pendant la période de novembre 2020 à avril 2021. Cette période a été marquée, entre autres, par un maintien des mesures sanitaires, un couvre-feu, une obligation de télétravail, des fermetures d’écoles et de certaines entreprises.

    Solitude et satisfaction à l’égard de la vie sociale

    Solitude ressentie pendant la pandémie

    Pour mesurer la solitude vécue pendant la pandémie, trois questions ont été posées. Elles ont permis de constater qu’environ :

    19 % des Québécois de 15 ans et plus ont eu l’impression de manquer souvent de compagnie; 18 % se sont souvent sentis isolés des autres; 10 % ont souvent eu l’impression d’être laissés de côté.

    Si les études et les médias ont beaucoup relayé l’idée que les personnes plus âgées souffrent d’isolement, le sentiment de solitude aurait touché davantage :

    • les femmes, 
    • les jeunes âgés de moins de 35 ans,
    • les étudiants,
    • les personnes vivant seules ou en famille monoparentale,
    • les personnes se percevant comme pauvres,
    • les personnes estimant avoir une santé passable ou mauvaise,
    • les personnes s’étant placées en quarantaine.

    Du côté des travailleurs, les personnes qui sont les plus touchées par la solitude sont celles qui ont perdu leur emploi ou fermé leur entreprise de manière temporaire ou permanente et celles qui ont dû travailler à domicile.

     

    À propos de la quarantaine

    De novembre 2020 à avril 2021, près de 26 % des Québécois ont dû se placer au moins une fois en quarantaine depuis le début de la pandémie. Cette proportion est plus élevée à Montréal et à Laval.

    Les motifs de quarantaine évoqués ont été notamment les suivants :

    • Voyage : 25 %
    • Contact avec un cas confirmé de COVID-19 : 25 %
    • Symptômes de COVID-19 (sans diagnostic) : 19 %

    Durée de l’isolement lors de la dernière quarantaine

    • 7 jours et moins : 25 %
    • 8 à 14 jours : 57 %
    • 15 et 21 jours : 8 %
    • 22 jours ou plus : 10 %

    Tableau de données complètes et différences statistiques entre les données :
    Quarantaine et raisons de la quarantaine selon différentes caractéristiques de la population de 15 ans et plus, régions sociosanitaires de résidence et ensemble du Québec, 2020-2021

    Changements dans la satisfaction à l’égard de la vie sociale

    L’enquête révèle que 77 % des Québécois estiment que leur satisfaction à l’égard de leur vie sociale a diminué depuis le début de la pandémie. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer une telle situation.

    Diminution de la satisfaction à l’égard de sa vie sociale depuis le début de la pandémie de COVID-19 selon le genre, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Diminution de la satisfaction à l’égard de sa vie sociale depuis le début de la pandémie de COVID-19 selon le genre, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Les personnes qui ont dû se placer en quarantaine sont proportionnellement plus nombreuses que celles qui n’ont pas eu à le faire à déclarer une diminution de leur satisfaction à l’égard de leur vie sociale (81 % c. 75 %). Ce sentiment est observé en plus grande proportion chez les personnes qui ont dû télétravailler à cause de la pandémie (86 % c. 76 %).

    Inquiétudes et détresse psychologique

    Inquiétudes ressenties en lien avec la santé

    Depuis le début de la pandémie, 73 % des Québécois de 15 ans et plus se sont inquiétés pour la santé d’un proche à risque, 57 % pour celle de proches non à risque et 62 % pour leur propre santé. Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à avoir déclaré des inquiétudes.

    Inquiétudes ressenties depuis le début de la pandémie de COVID-19 selon le genre, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Inquiétudes ressenties depuis le début de la pandémie de COVID-19 selon le genre, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Les jeunes de 15 à 24 ans sont proportionnellement moins nombreux à s’être inquiétés pour leur propre santé (49 %). 

    Les personnes qui ont eu à se placer en quarantaine se sont, en proportion, davantage inquiétées pour leur propre santé (66 %) et pour la santé de proches à risque (77 %).

    On observe également une proportion plus élevée de personnes s’étant inquiétées pour la santé de proches à risque au sein des ménages avec des enfants (79 % chez les personnes en couple avec enfants, 75 % chez celles en situation de monoparentalité).

    Inquiétude pour la santé de proches à risque depuis le début de la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Inquiétude pour la santé de proches à risque depuis le début de la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Inquiétudes ressenties en lien avec la conciliation travail-famille

    Environ 26  % de la population s’est préoccupée de la garde des enfants et de l’enseignement à la maison. Bien entendu, ce type de préoccupation a touché davantage les couples avec enfants (49  %) et les familles monoparentales (44  %).

    Parmi les travailleurs, on constate que ceux qui ont dû faire du télétravail ont été touchés en plus grande proportion : 40  % d’entre eux se sont inquiétés de leur capacité à concilier vie familiale et travail, comparativement à 29  % de ceux qui ne travaillaient pas à la maison.

    Lien entre la pandémie et les sentiments associés à la détresse psychologique

    La détresse psychologique est une dimension de la santé mentale qui résulte d’un ensemble d’émotions négatives comme l’anxiété ou le stress, ou encore d’un état dépressif.

    Parmi les personnes qui se situent au niveau élevé de l’échelle de détresse psychologique, 30 % attribuent complètement ces sentiments à la pandémie.

    La proportion de personnes attribuant complètement leurs sentiments de détresse à la pandémie est plus élevée chez :

    • celles qui se considèrent comme en très bonne ou en excellente santé (34 %);
    • celles qui sont en couple avec des enfants (35 %).

    Sentiments associés à la détresse psychologique et lien avec la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus se situant au niveau élevé sur l’échelle de détresse psychologique, Québec, 2020-2021

    Sentiments associés à la détresse psychologique et lien avec la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus se situant au niveau élevé sur l’échelle de détresse psychologique, Québec, 2020-2021.

    Les personnes qui ont éprouvé des difficultés à respecter leurs obligations financières sont aussi plus enclines à associer leur sentiment de détresse à la pandémie (37 % c. 26 %).

    Habitudes de vie en contexte de pandémie

    Fréquence de l’activité physique

    Une majorité de Québécois ont modifié la fréquence de leur activité physique : la plupart l’ont diminuée (45 %) et une moindre proportion (12 %) l’a augmentée. 

    Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir augmenté la fréquence de leur activité physique depuis le début de la pandémie (15 % c. 10 %).

    Les personnes de 15 à 44 ans sont proportionnellement plus nombreuses que celles de 45 à 64 ans (40 %) et celles de 65 ans et plus (33 %) à avoir réduit la fréquence de leur activité physique.

    Modification de la fréquence de l’activité physique depuis le début de la pandémie selon le groupe d’âge, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Modification de la fréquence de l’activité physique depuis le début de la pandémie selon le groupe d’âge, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Consommation de cigarettes, d'alcool et de cannabis

    Parmi l’ensemble des Québécois de 15 ans et plus, 5 % indiquent avoir augmenté leur fréquence de consommation de cigarettes depuis le début de la pandémie. Cette proportion est de 14 % pour la consommation d’alcool et de 4,4 % pour la consommation de cannabis. 

    Modification de la fréquence de certaines habitudes de vie depuis le début de la pandémie, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Modification de la fréquence de certaines habitudes de vie depuis le début de la pandémie selon le groupe d’âge, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Les personnes de 65 ans et plus sont proportionnellement moins nombreuses que les autres à avoir rapporté une augmentation de leur consommation de cigarettes ou d’alcool.

    Environ 11 % des personnes se percevant comme pauvres ont davantage fumé la cigarette. Cette association n’est pas perceptible pour la consommation d’alcool ni pour la consommation de cannabis. 

    Travail et obligations financières

    Répercussions de la pandémie sur le travail 

    L’enquête indique que 68 % des personnes qui ont travaillé au cours des 12 derniers mois ont vu leur situation d’emploi ou de travail changer en raison de la pandémie, les femmes davantage que les hommes (72 % c. 64 %). Parmi les répercussions signalées :

    • l’obligation de faire du télétravail (25 %);
    • la perte de son emploi ou la fermeture de son entreprise de manière temporaire ou permanente à un moment ou à un autre durant la pandémie (27 %, une proportion qui atteint 40 % chez les jeunes de 15 à 24 ans).

    Perte d’emploi ou fermeture de son entreprise de façon permanente ou temporaire à cause de la pandémie de COVID-19 selon l’âge, travailleurs de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Perte d’emploi ou fermeture de son entreprise de façon permanente ou temporaire à cause de la pandémie de COVID-19 selon l’âge, travailleurs de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Répercussions de la pandémie sur les obligations financières

    Est-ce que la crise liée à la COVID-19 a eu des répercussions sur la capacité des Québécois à respecter leurs obligations financières ou à répondre à leurs besoins essentiels, comme payer le loyer ou l’hypothèque, les services publics (électricité, chauffage, internet) et l’épicerie?  Selon les données colligées, environ 26 % des Québécois de 15 ans et plus ont vécu, à divers degrés, de telles répercussions.

    Niveau de répercussion sur les obligations financières de la pandémie de COVID-19, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

     Niveau de répercussion sur les obligations financières de la pandémie de COVID-19, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    On estime qu’une plus faible proportion de personnes a connu des répercussions financières parmi les personnes de 65 ans et plus (15 %) et les couples sans enfants (19 %). Au contraire, la proportion de personnes ayant connu des difficultés financières est plus élevée chez les personnes se considérant comme pauvres (63 %).

    Répercussions sur les obligations financières de la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Répercussions sur les obligations financières de la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Environ 45 % des personnes qui ont été la plupart du temps sans emploi au cours des 12 derniers mois ont connu des répercussions financières, alors que cette proportion est de 27 % chez les travailleurs.

    Répercussions sur les obligations financières de la pandémie de COVID-19 selon l’occupation principale, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021

    Répercussions sur les obligations financières de la pandémie de COVID-19 selon l’occupation principale, population de 15 ans et plus, Québec, 2020-2021.

    Les Québécois qui ont perdu leur emploi (temporairement ou définitivement) depuis le début de la pandémie sont proportionnellement beaucoup plus nombreux à avoir eu des difficultés à respecter leurs obligations financières ou à répondre à leurs besoins essentiels (49 % c. 22 %).

    Quant aux travailleurs qui ont dû faire du télétravail, environ 24 % ont connu des répercussions sur leurs obligations financières, comparativement à 31 % pour les autres travailleurs.

    Méthodologie

    Si certains comportements ont déjà été étudiés au moyen de sondages ponctuels en ligne durant la pandémie, l’EQSP se distingue par son caractère probabiliste et son taux de participation nettement supérieur. En plus de fournir des résultats représentatifs pour le Québec sur plusieurs thématiques, l’EQSP permet de dresser le portrait de chacune des régions sociosanitaires du Québec. Le volet COVID-19 a été réalisé auprès de plus de 7 000 personnes au Québec.

    Pour en savoir plus, consultez la page Méthodologie du volet COVID-19 de l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2020-2021.