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Mise à jour 2026 des perspectives démographiques des MRC du Québec – Note méthodologique

Méthodologie générale

Les projections de population et de ménages privés à l’échelle des MRC sont fondées sur une modélisation de l’évolution future de la fécondité, de la mortalité et des différents types de migrations, sur la base de l’analyse des tendances récentes et des avis de spécialistes des milieux universitaire et gouvernemental. Le scénario de projection principal, appelé scénario Référence (A2026), reflète les tendances démographiques récentes et le contexte actuel. Des scénarios de croissance faible et forte sont aussi présentés de manière à rendre compte de l’incertitude entourant l’évolution future. Le scénario Fort (E2026) regroupe les hypothèses plus favorables à la croissance démographique, et le scénario Faible (D2026), celles qui y sont moins favorables.

Ces perspectives à l’échelle des 104 municipalités régionales de comté (MRC) font suite à celles portant sur l’ensemble du Québec, sur les régions administratives et sur les régions métropolitaines de recensement diffusées le 9 juillet 2026. Elles couvrent la période 2021-2051, soit un horizon de 30 ans après la plus récente estimation censitaire (2021).

Les MRC sont prises ici dans leur contexte géographique, ce qui comprend les MRC au sens juridique et les territoires équivalents (TE) à une MRC, de même que les communautés autochtones et les villages nordiques situés dans le périmètre des MRC ou qui constituent des TE. Le découpage géographique et la dénomination des 104 MRC sont ceux en vigueur au 1er juillet 2025. Ces projections sont réalisées selon la méthode classique des composantes, dans un modèle multirégional détaillé. Des hypothèses sont formulées pour chacun des phénomènes – fécondité, mortalité et migration –, en conformité avec celles des perspectives démographiques des régions administratives et des régions métropolitaines de recensement publiées en juillet 2026. Les résultats des perspectives par MRC sont obtenus par une projection indépendante qui s’arrime, d’une année à l’autre, aux résultats par région administrative. Autrement dit, les résultats de la somme des MRC d’une région administrative sont identiques à ceux publiés à l’échelle de cette région. Néanmoins, dans la projection par MRC, les tendances spécifiques à chaque MRC se poursuivent en matière de fécondité, de mortalité et de migrations. Pour le détail des niveaux projetés pour ces trois phénomènes dans chacune des MRC, consultez le tableau Composantes démographiques projetées, scénarios de 2026, MRC du Québec, 2025-2051 (XLSX, 1,8 Mo).

Pour plus de précisions sur la méthodologie, consultez le document Perspectives démographiques du Québec et de ses régions, édition 2024 (PDF, 4,8 Mo).

Les hypothèses de projection de la mise à jour 2026 sont basées en grande partie sur celles de la mise à jour 2025, et certaines sur celles de l’édition 2024. La plupart ont été ajustées pour tenir compte des données les plus récentes disponibles. Ces hypothèses sont issues de l’analyse des tendances récentes, des orientations gouvernementales actuelles, et de consultations auprès de spécialistes de différents domaines. Pour plus d’informations sur les changements d’hypothèses de la mise à jour 2026, consultez le document Perspectives démographiques du Québec et de ses régions, mise à jour 2026 (PDF, 1,7 Mo).

Contrairement aux estimations démographiques qui sont maintenant principalement diffusées selon le genrepour les années 2021 à 2025, ces projections sont réalisées et diffusées sur la base du sexe à la naissance. L’objectif est d’assurer une meilleure cohérence avec les données sur la fécondité et la mortalité, qui sont toujours diffusées selon le sexe et qui sont centrales au modèle de projection.

Méthodologie pour les ménages privés

Les perspectives de ménages privés sont dérivées des perspectives de la population, auxquelles on applique des taux de personnes repères du ménage privé (personne 1 au questionnaire du recensement), par groupe d’âge et par MRC. Ces taux sont calculés à partir des données du Recensement de 2021, en tenant compte des révisions formelles aux comptes de population et de ménages. Les taux de personnes repères de 2021 sont appliqués à la population estimée de 2021 à 2025, et aux populations projetées de 2026 à 2051, pour obtenir un nombre de ménages projeté pour chacune de ces années. Ces calculs impliquent une imputation pour certains territoires partiellement dénombrés, où le nombre de ménages est inconnu.

Le nombre de ménages est projeté en date du 1er juillet de chaque année. L’estimation du nombre de ménages privés en date du 1er juillet 2021, au départ de la projection, diffère donc légèrement du nombre diffusé dans les tableaux de données du Recensement de 2021. Cet écart est dû au fait que les résultats du recensement sont donnés en date du 11 mai 2021 (jour de référence du recensement), et qu’ils ne comportent pas de corrections pour les réserves et établissements autochtones partiellement dénombrés ni pour le sous-dénombrement net de la population (personnes omises lors du recensement). Ces deux derniers éléments font l’objet d’un ajustement pour obtenir l’estimation au 1er juillet 2021 utilisée au départ de la projection, en plus d’un ajustement pour tenir compte de la croissance démographique estimée du 11 mai au 1er juillet 2021. Pour plus de détails sur ces ajustements, consultez la page 88 du rapport complet (PDF, 4,5 Mo).

Changements méthodologiques par rapport aux éditions antérieures à 2024

Afin de tenir compte de l’existence d’un sous-dénombrement net des ménages privés, on leur applique désormais (depuis l'édition 2024) une hypothèse de sous-dénombrement net qui est basée sur les valeurs estimées du sous-dénombrement net de la population, par groupe d’âge. Cela s’ajoute à l’ajustement pour les réserves autochtones non dénombrées et l’évolution entre le 11 mai (jour du recensement) et le 1er juillet (date des estimations démographiques). Dans les éditions précédentes des projections, seuls ces deux derniers ajustements étaient inclus dans les chiffres de ménages privés au 1er juillet, et le sous-dénombrement net des ménages était supposé inexistant.

 

Avertissements et limites

Il est important de noter que ces projections ne prennent pas en compte les contraintes d’aménagement (ex. : espace disponible, plan d’aménagement) qui pourraient limiter la croissance de la population et des ménages d’une MRC. Ces scénarios ne prennent pas non plus en compte les divers paramètres économiques qui pourraient favoriser ou non la croissance démographique d’une MRC (ex. : implantation prévue d’une usine).

De surcroît, il convient de rappeler que les résultats des projections présentent une part d’incertitude, qui peut varier selon l’indicateur et qui s’accroît en fonction de l’horizon temporel et du niveau de désagrégation géographique. L’incertitude à l’échelle des MRC est donc plus grande que celle à l’échelle du Québec ou celle à l’échelle des régions administratives et métropolitaines. Les changements rapides de tendances en matière de migration internationale observés au Québec dans les dernières années, ainsi que les incertitudes entourant l’évolution de cette composante, accroissent également l’incertitude.

Ces projections ne doivent donc pas être interprétées comme des prévisions, encore moins comme des prédictions. Ainsi, le scénario de référence n’est pas celui d’un futur attendu ni d’un futur souhaité, mais simplement le résultat du prolongement de la tendance récente ou actuelle. Il jette néanmoins un éclairage fort utile sur les possibilités qu’offre le futur, en plus de nous renseigner sur le degré d’inéluctabilité des tendances les plus lourdes. Les projections démographiques doivent donc être considérées comme un outil pour planifier et modeler l’avenir, plutôt qu’un portrait statique de la situation future.

Nouveauté en 2026 : projections de personnes en logement collectif à l’échelle des MRC

Pour la première fois, une projection du nombre de personnes en logement collectif (ex. : résidence pour aînés, CHSLD, prison ou refuge) est réalisée à l’échelle des MRC dans la mise à jour 2026. L’ajout de cette composante de l’univers des logements était souhaité depuis longtemps, car une forte croissance des besoins en logements collectifs est attendue en raison de la hausse projetée de la population aux grands âges. À l’échelle des MRC, cette projection fait toutefois l’objet de contraintes et de limites méthodologiques qu’il est important de souligner. Rappelons d’abord que la méthode habituelle de projection des personnes en logement collectif consiste à appliquer à la population projetée les taux de personnes en logement collectif observés dans chaque groupe d’âge au Recensement de 2021, pour chaque territoire de projection.

À l’échelle locale fine comme celle d’une MRC, des enjeux méthodologiques se posent, car les configurations de ménages sont souvent très dépendantes des infrastructures présentement en place. Par exemple, si une MRC ou une municipalité n’avait pas en 2021 une offre très développée en matière de logements collectifs, les taux de personnes vivant dans ce type de logement seront plus faibles, sans que cela reflète nécessairement les besoins réels de la population locale. À l’opposé, les taux seront très élevés si la présence de plusieurs logements collectifs attire les gens des environs. Il y a donc une dynamique d’offre et d’utilisation induite qui entre en jeu. Aux niveaux géographiques supérieurs, nous pouvons procéder avec la méthode habituelle, déjà très simplificatrice, qui consiste à maintenir fixes les taux observés en 2021 afin de produire la projection de personnes en logement collectif, sous l’hypothèse que l’enjeu « d’offre et d’utilisation induite » est négligeable dans des territoires élargis. On suppose alors que la plupart des déplacements vers un lieu bénéficiant d’un logement collectif se font à l’intérieur du même territoire (RA ou RMR). Cette méthode ne tient pas compte de l’évolution possible des comportements et des préférences en termes de logement et de cohabitation, ni de l’état de santé de la population, mais elle a néanmoins pour avantage de refléter l’effet de l’avancée aux grands âges de cohortes de plus en plus nombreuses sur les besoins potentiels en logement collectif.


Afin de contourner l’enjeu de l’offre et de l’utilisation induite, la projection par MRC suppose, pour les personnes de 65 ans et plus uniquement, que les taux par MRC convergent partiellement (à moitié) vers ceux observés à l’échelle de la région administrative (RA) d’appartenance, sur un horizon de 20 ans. Les taux de départ sont donc ceux observés au Recensement de 2021, mais ils deviennent de plus en plus semblables à ceux de leur RA, sous l’hypothèse que l’offre en logement collectif pourrait, ou devrait, progressivement s’uniformiser pour répondre aux besoins de la population locale. La convergence n’est jamais complète (elle plafonne en 2041 à la moitié de l’écart entre la MRC et la RA), sous l’hypothèse que certaines réalités locales pourraient perdurer (ex. : MRC axées sur la villégiature, que les personnes en perte d’autonomie pourraient continuer de quitter afin de se rapprocher des grands centres urbains).

Comme les taux de personnes en logement collectif sont généralement inversement corrélés avec ceux des personnes en ménage privé (les taux en collectif élevés étant associés à des taux en ménage privé faibles), la même approche de convergence partielle des taux est appliquée à la projection de personnes en ménage privé. Cela permet d’assurer la cohérence entre les deux univers de logement.

Entre l’âge de 0 à 64 ans, aucune convergence ou uniformisation des taux n’est projetée, car on suppose que les écarts observés d’une MRC à l’autre reflètent des réalités locales susceptibles de perdurer (ex. : présence de résidences étudiantes, d’une prison ou d’une garnison militaire).

L’interprétation des résultats de ménages privés et de personnes en logement collectif, de même que l’estimation du besoin futur de logements à l’échelle des MRC, doit donc tenir compte de la méthodologie utilisée. Soulignons que cette approche, particulièrement celle spécifique aux taux des personnes de 65 ans et plus, vise à donner une projection qui reflète les besoins potentiels à venir, et non une prévision ou une prédiction de ce qui arrivera réellement dans chaque MRC.

 

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