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Données d’émissions de GES, ou l’approche « production »
Plusieurs jeux officiels de données concernant les émissions de GES sont publiés par les instances gouvernementales. Ces jeux de données présentent l’information selon l’approche basée sur la production, c’est-à-dire que les GES sont attribués aux secteurs qui les génèrent sur le territoire étudié, peu importe l’usage final auquel les biens et les services produits sont destinés : l’usage pourrait être local ou international dans le cas de biens exportés.
Les données d’inventaire
- Le Rapport d’inventaire national : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada respecte les directives de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et est soumis chaque année par le Canada à la CCNUCC. Il présente les données canadiennes et provinciales selon les catégories suivantes : Énergie, Procédés industriels, Agriculture, Déchets et Affectation des terres.
- L’inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre se base sur les Lignes directrices du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, comme l’exige la CCNUCC. Il diffère du Rapport d’inventaire national par quelques adaptations, notamment de la présentation des données par Ainsi, le secteur des transports est présenté séparément, alors que la CCNUCC l’inclut dans la catégorie « Énergie ».
Ces données d’émissions de GES présentent les émissions produites sur le territoire du Québec.
Le compte des émissions de GES (Statistique Canada et Institut de la statistique du Québec)
Suivant les concepts utilisés pour la comptabilité économique nationale, les GES sont détaillés selon les secteurs d’activité économique qui les produisent, qu’il s’agisse des ménages, des industries ou des administrations publiques. La force des données de ce compte est qu’elles permettent les comparaisons avec les indicateurs économiques tels que le produit intérieur brut, qui utilisent les mêmes concepts et définitions de nombreux secteurs d’activité détaillés.
Plusieurs différences conceptuelles entre le compte d’émissions de GES et les inventaires existent. Pour plus de détails, consulter la page Émissions de gaz à effet de serre (GES) : explications sur les différentes sources de données et le tableau Rapprochement entre les données du compte des émissions de gaz à effet de serre et celles du Rapport d’inventaire national, Québec.
Empreinte carbone, ou l’approche « consommation »
L’empreinte carbone est plutôt associée à l’approche basée sur la consommation, peu importe que les émissions aient lieu sur le territoire étudié (consommation locale et production locale des biens et services) ou à l’étranger (dans le cas des biens importés).
L’empreinte carbone attribue les émissions de GES au consommateur final des biens et services, par exemple aux ménages ou au gouvernement. Les GES des secteurs industriels émis lors de la fabrication, du transport ou de la distribution des produits finis ou intermédiaires sont ainsi imputés au consommateur final des biens et services, par exemple aux ménages québécois. C’est en effet à la demande de ces ménages que les industries québécoises, canadiennes et étrangères produisent les biens et services, ainsi que les GES associés.
Par conséquent, l’empreinte carbone est constituée de deux types d’émissions de GES :
- Les émissions directes, soit les GES émis par le consommateur final lors de la combustion d’énergie fossile (p. ex. carburants pour les véhicules, combustibles pour le chauffage et pour les appareils ménagers). Elles correspondent aussi à l’appellation « scope 1 » ou « portée 1»;
- Les émissions indirectes, soit celles associées à la fabrication des biens et à la production de services ultimement consommés par le consommateur final, de même qu’à leur transport et à leur mise en marché (p. ex. carburants pour les camions ou la machinerie, GES liés aux procédés industriels). Elles correspondent à l’appellation « scope 2 et 3» ou « portée 2 et 3 ».
Les émissions indirectes incluent également des émissions générées lors de la production des intrants intermédiaires. Ce sont les produits qui entrent dans le processus de production d’un bien ou d’un service tel que les matières premières, l’énergie ou les produits semi-finis. Ces émissions sont donc générées par les fournisseurs des premiers producteurs.
De cette façon, toutes les émissions de la chaîne de production et de mise en marché sont prises en compte dans l’empreinte carbone.
Ces émissions de GES peuvent avoir lieu :
- au Québec;
- à l’extérieur du Québec (pour les produits et intrants issus des importations canadiennes et internationales).
L’empreinte carbone constitue une information complémentaire aux données d’émissions de GES de l’approche production. Ces dernières, couplées aux fonctions de production de l’économie, constituent une des sources de données qui permettent d’estimer l’empreinte carbone. Il n’est pas possible d’utiliser les données d’inventaire pour calculer l’empreinte carbone, notamment en raison des définitions différentes des secteurs d’activité et de l’utilisation ou pas du principe de résidence qui fait en sorte qu’on ne mesure pas les mêmes émetteurs (consulter la page Émissions de gaz à effet de serre (GES) : explications sur les différentes sources de données).
Distinguer l’approche production de l’approche consommation pour mesurer les émissions de GES (2021)
Mt éq. CO2 : Million de tonnes équivalent CO2
Notes
1. L’empreinte carbone présentée ici correspond à celle de l’ensemble de la société québécoise et pas seulement à l’empreinte des ménages, qui n’en constitue qu’une partie.
2. En date de mars 2025. Tableau Compte des émissions de gaz à effet de serre (GES) par secteur et par gaz, Québec.
3. Compilation en date de l’été 2025.
Source
Institut de la statistique du Québec.
Diffusion : Août 2025