Diffusion : 9 mai 2024
Quels gestes de violence subissent les jeunes du secondaire pratiquant un sport organisé au Québec? Qui sont les personnes qui les commettent?
Entre novembre 2022 et juin 2023, des données sur 19 642 jeunes du secondaire ont été recueillies dans le cadre de l’Étude sur le vécu des adolescents et des adolescentes dans les milieux sportifs au Québec (EVAQ). Ce projet a été réalisé dans le cadre d’un mandat confié à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) par le ministère de l’Éducation et la Chaire de recherche Sécurité et intégrité en milieu sportif de l’Université Laval. L’étude a révélé que 9 221 jeunes de 14 ans et plus pratiquaient un sport organisé.
Les 10 sports les plus pratiqués par ces jeunes sont : le soccer (14 %), le basketball (12 %), le hockey sur glace (12 %), le volleyball (12 %), la danse sportive (5 %), le football (4 %), la natation (4 %), le badminton (3 %), le ski alpin (3 %) et la course et la marche (2 %). Les résultats sur la violence vécue en contexte sportif portent sur ces 9 221 jeunes.
Limites de l’étude
Il est important de savoir que contrairement aux résultats des enquêtes ou études habituellement réalisées par l’ISQ, les résultats de l’EVAQ ne peuvent être généralisés à l’ensemble des jeunes du secondaire pratiquant un sport. En effet, les résultats dressent uniquement le portrait des jeunes de 14 ans et plus pratiquant un sport organisé qui ont répondu au questionnaire de l’étude.
L’ISQ réalise exceptionnellement des études exploratoires comme celle-ci lorsqu’elles permettent de combler un manque d’information sur une problématique peu étudiée.
Dans cette page :
Violence toutes formes confondues
Violence subie de la part d’une personne en position d’autorité
Violence psychologique et négligence
Violence toutes formes confondues
ont subi au moins un geste de violence de la part d’une personne en position d’autorité ou d’un pair depuis le début de leur parcours sportif.
Violence subie de la part d’une personne en position d’autorité au cours du parcours sportif
40 % des jeunes ont été victimes d’au moins une forme de violence de la part d’une personne en position d’autorité.
- 26 % ont été victimes d’au moins un geste de violence psychologique ou de négligence (30 % des filles et 23 % des garçons);
- 16 % ont été victimes d’au moins un geste de violence instrumentale (18 % des filles et 14 % des garçons);
- 11 % ont été victimes d’au moins un geste de violence physique (13 % des garçons et 9 % des filles);
- 8 % ont été victimes d’au moins un geste de violence sexuelle (9 % des filles et 6 % des garçons).
Au total, 2 % des jeunes ont subi toutes ces formes de violence de la part d’une personne en position d’autorité.
En revanche, 60 % n’ont subi aucune de ces quatre formes de violence de la part d’une personne en position d’autorité.
Violence physique
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence physique de la part d’une personne en autorité, 85 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 9 % ont indiqué que les responsables étaient des personnes de genre féminin et 6 % ont déclaré que les personnes auteures de la violence étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Chez les victimes féminines, 53 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de personnes de genre féminin, 36 % ont indiqué que les responsables étaient de genre masculin et 11 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence physique étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Violence sexuelle
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Au total, 50 % des victimes d’au moins un geste de violence sexuelle de la part d’une personne en position d’autorité ont indiqué avoir subi cette violence dans le cadre d’une pratique compétitive.
| Contextes dans lesquels la violence sexuelle commise par une personne en position d'autorité a été subie Jeunes du secondaire de 14 ans et plus pratiquant un sport organisé qui ont participé à l'étude, Québec, 2022-2023 |
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| % | |
| Contextes dans lesquels la violence sexuelle a été subie | |
| À l'entraînement | 2,90 |
| À l'école | 1,40 |
| Lors d'une initiation sportive | 1,10 |
| Dans les vestiaires | 1,10 |
| Dans un autre contexte (p. ex. : dans une voiture, lors d'un camp d’entraînement ou chez la personne en position d'autorité) | 3,70 |
| Source Institut de la statistique du Québec, Étude sur le vécu des adolescentes et adolescents dans les milieux sportifs au Québec, 2022-2023. |
|
Parmi les victimes d’au moins un geste de violence sexuelle :
- 28 % en ont subi un pour la première fois à l’âge de 10 ans ou avant;
- 33 %, entre 11 et 13 ans;
- 39 %, à l’âge de 14 ans ou après.
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence sexuelle de la part d’une personne en autorité, 72 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 23 % ont indiqué que les responsables étaient des personnes de genre féminin et 5 % ont déclaré que les personnes auteures de la violence étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Chez les victimes féminines, 47 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 43 % ont indiqué que les responsables étaient de genre féminin et 10 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence sexuelle étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Violence psychologique et négligence
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence psychologique ou de négligence de la part d’une personne en autorité, 90 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 7 % ont indiqué que les responsables étaient des personnes de genre féminin et 4 % ont déclaré que les personnes auteures de la violence étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Chez les victimes féminines, 38 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 50 % ont indiqué que les responsables étaient de genre féminin et 12 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Violence instrumentale
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence instrumentale de la part d’une personne en autorité, 82 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 12 % ont indiqué que les responsables étaient des personnes de genre féminin et 6 % ont déclaré que les personnes auteures de la violence étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Chez les victimes féminines, 34 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de personnes de genre masculin, 50 % ont indiqué que les responsables étaient de genre féminin et 15 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence instrumentale étaient des personnes de genre masculin et des personnes de genre féminin.
Violence subie de la part d’un pair au cours du parcours sportif
45 % des jeunes ont été victimes d’au moins une forme de violence de la part d’un pair.
- 36 % ont été victimes d’au moins un geste de violence psychologique (38 % des filles et 34 % des garçons);
- 20 % ont été victimes d’au moins un geste de violence physique (24 % des garçons et 15 % des filles);
- 14 % ont été victimes d’au moins un geste de violence sexuelle (16 % des filles et 11 % des garçons).
Ce sont 5 % des jeunes qui ont subi les trois formes de violence de la part d’un pair.
En revanche, 53 % des jeunes n’ont subi aucune des trois formes de violence de la part d’un pair.
Concomitance des formes de violence subies de la part d'un pair depuis le début du parcours sportif
Jeunes du secondaire de 14 ans et plus pratiquant un sport organisé qui ont participé à l'étude, Québec, 2022-2023
Source
Institut de la statistique du Québec, Étude sur le vécu des adolescents et adolescentes dans les milieux sportifs au Québec, 2022-2023.
Violence physique
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence physique de la part d’un pair, 91 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de garçons, 5 % ont mentionné que les personnes responsables étaient des filles et 4 % ont déclaré que les auteures de la violence étaient des filles et des garçons.
Chez les victimes féminines, 76 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de filles, 16 % ont mentionné que les personnes responsables étaient des garçons et 9 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence physique étaient des filles et des garçons.
Violence sexuelle
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Parmi les victimes d’au moins un geste de violence sexuelle de la part d’un pair, 55 % l’ont subi dans le cadre d’une pratique compétitive.
| Contextes dans lesquels la violence sexuelle commise par un pair a été subie Jeunes du secondaire de 14 ans et plus pratiquant un sport organisé qui ont participé à l'étude, Québec, 2022-2023 |
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| % | |
| Contextes dans lesquels la violence sexuelle a été subie | |
| Pendant une épreuve sportive | 2,50 |
| Lors d'une initiation sportive | 2,70 |
| Entre le départ et le retour d'une compétition (pas pendant un match ou une performance sportive) | 2,80 |
| À l'école | 3,70 |
| Dans les vestiaires | 4,60 |
| À l'entraînement | 6,10 |
| Dans un autre contexte (p. ex. : un party d'équipe ou un camp d'entraînement) | 4,70 |
| Source Institut de la statistique du Québec, Étude sur le vécu des adolescents et adolescentes dans les milieux sportifs au Québec, 2022-2023. |
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Parmi les victimes d’au moins un geste de violence sexuelle :
- 25 % en ont subi un pour la première fois à l’âge de 10 ans ou avant;
- 40 %, entre 11 et 13 ans;
- 36 %, à l’âge de 14 ans ou après.
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence sexuelle de la part d’un pair, 86 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de garçons, 8 % ont mentionné que les personnes responsables étaient des filles et 7 % ont déclaré que les auteures de la violence étaient des filles et des garçons.
Chez les victimes féminines, 49 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de filles, 40 % ont mentionné que les personnes responsables étaient des garçons et 11 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence sexuelle étaient des filles et des garçons.
Violence psychologique
Exemples de manifestations de la violence en contexte sportif
Parmi les victimes masculines d’au moins un geste de violence psychologique de la part d’un pair, 92 % ont indiqué avoir subi cette violence de la part de garçons, 4 % ont mentionné que les personnes responsables étaient des filles et 5 % ont déclaré que les auteures de la violence étaient des filles et des garçons.
Chez les victimes féminines, 76 % ont déclaré avoir subi cette violence de la part de filles, 14 % ont mentionné que les personnes responsables étaient des garçons et 10 % ont indiqué que les personnes auteures de la violence psychologique étaient des filles et des garçons.
À propos de l’étude
L’objectif avec l’Étude sur le vécu des adolescents et adolescentes dans les milieux sportifs au Québec (EVAQ) était de recueillir des données sur la violence vécue, sur les contextes dans lesquels elle survient et sur certains facteurs de risque ou de protection.
Elle a été menée du 7 novembre 2022 au 16 juin 2023. Les 70 825 jeunes qui participaient à l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2022-2023 (EQSJS 2022-2023) ont été invités à remplir le questionnaire de l’EVAQ après avoir rempli celui de l’EQSJS. L’échantillon de l’EQSJS est représentatif des quelque 450 000 élèves de la 1re à la 5e secondaire inscrits à l’automne 2022 au secteur des jeunes.
Les résultats de l’EVAQ ne peuvent être généralisés à l’ensemble des jeunes du secondaire qui pratiquent un sport organisé en raison d’un faible taux de réponse (25 %). En effet, il est probable que les élèves ayant participé à l’étude présentent des caractéristiques différentes de ceux ne l’ayant pas fait, ce qui pourrait introduire des biais importants dans les résultats. C’est pourquoi on considère que les résultats dressent uniquement le portrait des élèves ayant répondu au questionnaire de l’étude. De plus, aucune analyse inférentielle n’a été réalisée, d’où l’absence de mesures de précision et de résultats de tests statistiques dans les tableaux et figures. Il est donc impossible de confirmer que les écarts constatés entre certains sous-groupes de jeunes répondants et répondantes sont également présents dans l’ensemble de la population.
L’ISQ réalise exceptionnellement des études exploratoires comme celle-ci lorsqu’elles permettent de combler un manque d’information sur une problématique peu étudiée.
On entend par « violence en contexte sportif » toute violence qui s’est produite lors d’un entraînement, d’une compétition ou de tout autre événement en lien avec la pratique sportive du jeune sportif ou de la jeune sportive.
Gestes de violence psychologique ou de négligence de la part d’une personne en position d’autorité
Une personne en position d’autorité :
- a crié des injures au jeune sportif ou à la jeune sportive, l’a humilié(e) ou l’a ridiculisé(e);
- l’a critiqué(e) de manière excessive (p. ex. : critiques au sujet de ses performances ou de son attitude);
- l’a rejeté(e) ou l’a exclu(e) volontairement;
- l’a ignoré(e) ou s’est montrée indifférente à son égard (p. ex. : en refusant de lui adresser la parole ou en faisant comme s’il ou elle n’était pas là).
Gestes de violence physique de la part d’une personne en position d’autorité
Une personne en position d’autorité :
- a lancé un objet directement sur le jeune sportif ou la jeune sportive;
- l’a frappé(e) avec la main (p. ex. : en lui donnant une gifle);
- l’a frappé(e) avec un objet dur (p. ex. : de l’équipement sportif).
Gestes de violence sexuelle de la part d’une personne en position d’autorité
Une personne en position d’autorité :
- a fait au jeune sportif ou à la jeune sportive des remarques sexuelles grossières, malaisantes ou blessantes (p. ex : des commentaires sur ses fesses, sur ses seins, sur ses organes génitaux ou sur son amoureux ou amoureuse);
- a eu des comportements de nature sexuelle qui l’ont rendu(e) mal à l’aise (p. ex. : elle a déshabillé le jeune sportif ou la jeune sportive du regard, l’a frôlé(e), l’a sifflé(e), lui a fait un massage);
- a observé le jeune sportif ou la jeune sportive en train de se déshabiller, de se masturber ou de toucher ses parties intimes ou celles de quelqu’un d’autre, ou lui a demandé de toucher ses parties intimes ou celles de quelqu’un d’autre;
- a eu des conversations de nature sexuelle (en personne, au téléphone, par écrit ou par Internet) avec le jeune sportif ou la jeune sportive ou l’a exposé(e) à des images de nature sexuelle;
- lui a caressé les parties intimes non génitales (seins, fesses ou anus);
- a eu avec le jeune sportif ou la jeune sportive une relation sexuelle avec pénétration (p. ex : orale, vaginale ou anale, par le pénis, un doigt ou un objet).
Gestes de violence instrumentale de la part d’une personne en position d’autorité
Une personne en position d’autorité :
- a demandé au jeune sportif ou à la jeune sportive de restreindre ses liens avec son réseau social (p. ex. : amitiés, relations amoureuses, famille) afin qu’il ou elle s’investisse mieux dans son sport;
- lui a demandé de s’entraîner ou l’a forcé(e) à le faire malgré une blessure connue et une contre-indication médicale;
- lui a permis de s’entraîner ou de participer à une compétition malgré une blessure connue et une contre-indication médicale;
- l’a forcé(e) à utiliser ou lui a déjà demandé d’utiliser des moyens pour qu’il ou elle atteigne le poids idéal dans son sport (p. ex. : jeûne total; vomissements; pilules amaigrissantes; produits diurétiques, laxatifs ou anabolisants).
Gestes de violence psychologique de la part d’un pair
Un(e) athlète ou un groupe d’athlètes :
- a tenté d’exclure le jeune sportif ou la jeune sportive du groupe (p. ex. : en l’ignorant, en ne l’invitant pas aux fêtes ou aux activités de l’équipe ou du club);
- a tenté de porter atteinte à sa réputation (p. ex. : en répandant des rumeurs ou en disant des commentaires blessants à son sujet);
- a volé ou brisé des objets lui appartenant;
- l’a insulté(e), menacé(e) ou humilié(e) (p. ex. : en lui donnant des surnoms qu’il ou elle n’appréciait pas ou en dévalorisant ses performances sportives).
Gestes de violence physique de la part d’un pair
Un(e) athlète ou un groupe d’athlètes a frappé le jeune sportif ou la jeune sportive, l’a poussée(e), l’a secoué(e), l’a frappé(e) avec de l’équipement sportif ou lui a donné un coup de poing ou de pied :
- durant une compétition sportive ou une partie, en dehors de ce qui est permis au jeu;
- durant un moment autre qu’une compétition sportive ou une partie (p. ex. : lors de l’entraînement ou dans les vestiaires).
Gestes de violence sexuelle de la part d’un pair
Un(e) athlète ou un groupe d’athlètes :
- a fait au jeune sportif ou à la jeune sportive des remarques sexuelles grossières ou blessantes (p. ex : sur son corps ou sur sa vie sexuelle);
- a eu des comportements de nature sexuelle qui l’ont rendu(e) mal à l’aise (p. ex. : imitation d’une fellation, regard concupiscent, sifflement);
- l’a forcé(e) à avoir des contacts sexuels (p. ex : baisers, relation sexuelle avec ou sans pénétration).
