Par Stéphane Comeau, Jérémy Paiement et Mélissa Rochette
Diffusion : 26 mars 2025
Dans cette page :
Hausse de 0,4 % du PIB réel du Québec
Le PIB réel selon les dépenses
Hausse de 0,4 % du PIB réel du Québec au quatrième trimestre de 2024
La croissance trimestrielle du produit intérieur brut (PIB) réel du Québec aux prix du marché s’établit à 0,4 % au quatrième trimestre de 2024, après une hausse semblable à celle observée au troisième trimestre (+ 0,4 %). Au Canada, le PIB réel est en hausse de 0,6 % au quatrième trimestre.
Variation du PIB réel, Québec et Canada, 1er trimestre 2023 au 4e trimestre 2024
Sources
Statistique Canada, Direction des comptes macroéconomiques.
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.
Regain de la croissance du PIB réel du Québec en 2024
Pour l’ensemble de l’année 2024, le PIB réel du Québec aux prix du marché croît de 1,4 %. Cette progression est plus rapide que la croissance de 0,6 % observée pour l’année 2023, mais demeure toutefois plus faible que les croissances annuelles enregistrées au cours de 2022 (+ 3,4 %) et de 2021 (+ 7,3 %). Au Canada, la croissance du PIB réel aux prix du marché atteint 1,5 % pour l’année 2024.
Le PIB réel selon les dépenses
Contributions à la croissance de 1,4 % du PIB réel pour l’année 2024
La hausse du PIB réel du Québec en 2024 résulte principalement de la croissance des dépenses de consommation finale des ménages, dont l’apport est de 1,81 point de pourcentage. Dans une moindre mesure, celle des dépenses des administrations publiques y contribue également (+ 0,77 point de pourcentage). En revanche, la détérioration du solde commercial réduit la croissance du PIB (− 0,61 point de pourcentage). Le ralentissement des investissements en stocks contribue également à l’amenuisement de la croissance du PIB réel (− 0,49 point de pourcentage).
Contribution à la variation en pourcentage1 du PIB réel, Québec, année 2024
Notes
- Approximation
- Institutions sans but lucratif au service des ménages et divergence statistique.
Source
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.
Augmentation de 3,1 % des dépenses de consommation finale des ménages en 2024
Les dépenses de consommation finale des ménages augmentent de 3,1 % pour l’ensemble de l’année 2024. Cette progression s’explique principalement par les variations des dépenses en services (+ 2,8 %) et en biens durables (+ 8,2 %). Dans une moindre mesure, les sommes consacrées à l’acquisition de biens non durables (+ 1,2 %) et de biens semi-durables (+ 2,4 %) contribuent aussi à l’augmentation des dépenses de consommation finale des ménages.
En 2024, des hausses pour 13 des 14 catégories de dépenses sont observées. Les dépenses en transports (+ 7,7 %), en assurance et services financiers (+ 5,3 %) ainsi que celles pour le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles (+ 1,6 %) enregistrent les contributions les plus fortes à l’augmentation des dépenses des ménages. La seule catégorie de dépenses qui affiche un recul est celle des boissons alcoolisées, du tabac et du cannabis (– 3,6 %).
Au quatrième trimestre de 2024, les dépenses de consommation finale des ménages augmentent de 1,7 % par rapport au trimestre précédent (+ 1,5 %). Cette hausse s’explique par l’accroissement des dépenses en biens durables (+ 4,8 %) et en services (+ 1,2 %).
Variation des dépenses de consommation finale des ménages, Québec et Canada, 1er trimestre 2023 au 4e trimestre 2024
Sources
Statistique Canada, Direction des comptes macroéconomiques.
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.
Rebond de 3,2 % des dépenses de consommation finale des administrations publiques en 2024
Les dépenses de consommation finale des administrations publiques rebondissent en 2024 avec une croissance de 3,2 %, qui survient après le recul de 1,7 % enregistré en 2023. Rappelons que la fin de l’année 2023 avait été marquée par des grèves dans les secteurs de l’éducation et de la santé, lesquels relèvent de l’administration publique provinciale.
Au quatrième trimestre de 2024, les dépenses de consommation finale des administrations publiques n’ont progressé que de 0,5 % comparativement au trimestre précédent (+ 1,8 %). Il s’agit d’un ralentissement de la croissance en comparaison des hausses d’au moins 1,0 % enregistrées au cours des trois trimestres précédents.
Repli de 0,3 % des dépenses d’investissement en 2024
Pour l’année 2024, les dépenses d’investissements diminuent de 0,3 %, principalement en raison de la baisse des investissements des administrations publiques en construction (− 3,9 %) et de la diminution de ceux en produits de propriété intellectuelle (− 2,5 %). En revanche, les investissements des administrations publiques en machines et matériel progressent de 0,6 %.
Du côté du secteur des entreprises, les dépenses d’investissement augmentent de 0,4 %. Les hausses des investissements en bâtiments résidentiels (+ 2,9 %) et en produits de propriété intellectuelle (+ 0,2 %) sont plus fortes que les baisses des investissements en machines et en matériel (− 2,0 %) et en ouvrages non résidentiels (− 0,7 %).
Au quatrième trimestre de 2024, la formation brute de capital fixe augmente de 2,7 %, principalement en raison de la croissance des investissements des entreprises (+ 3,9 %), notamment ceux en bâtiments résidentiels (+ 9,2 %). Les investissements des administrations publiques sont quant à eux en baisse (− 1,7 %).
Variation de la formation brute de capital fixe, Québec et Canada, 1er trimestre 2023 au 4e trimestre 2024
Sources
Statistique Canada, Direction des comptes macroéconomiques.
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.
Détérioration du solde commercial en 2024
Le solde des échanges commerciaux se détériore en 2024, la hausse des importations étant plus forte que celle des exportations. Il s’agit de la plus importante contribution négative au PIB réel du Québec pour 2024.
Les importations totales de biens et de services croissent de 2,0 % en 2024. Cet accroissement est attribuable à l’augmentation des importations internationales de biens et de services (+ 2,6 %) et aux importations interprovinciales de services (+ 4,3 %). La diminution des importations internationales de biens (− 4,4 %) atténue l’effet de ces croissances.
Les exportations totales de biens et de services augmentent pour leur part de 0,9 % en 2024. Les exportations internationales de biens (+ 1,5 %) et interprovinciales de services (+ 2,3 %) sont en hausse, alors que les exportations internationales de services (− 1,2 %) et les exportations interprovinciales de biens (− 0,5 %) sont en baisse.
Au quatrième trimestre de 2024, le solde commercial se détériore, car le volume des exportations (− 1,7 %) diminue davantage que celui des importations (− 1,0 %).
Ralentissement de 2,3 G$ des investissements en stocks en 2024
Les entreprises continuent d’investir dans leurs stocks en 2024 (+ 3,4 G$), mais à un rythme plus lent qu’en 2023 (+ 5,7 G$). Ce ralentissement de l’accumulation des stocks représente une contribution négative à la progression annuelle du PIB réel.
Pour la première fois depuis le troisième trimestre de 2021, une réduction des stocks a lieu au quatrième trimestre de 2024. L’ampleur de ce déstockage est toutefois relativement faible (− 195 M$). Cette réduction est la plus importante contribution négative au PIB réel pour le quatrième trimestre.
Le PIB selon les revenus
Hausse de 5,6 % de la rémunération des salariés en 2024
Le PIB en dollars courants, présenté selon l’approche des revenus, croît de 5,6 % pour l’année 2024. Toutes les composantes présentées dans le calcul du PIB selon les revenus sont en hausse en 2024. Toutefois, le principal facteur expliquant cette croissance est la hausse de la rémunération des personnes salariées (+ 5,6 %). La hausse du revenu mixte net (+ 12,2 %) et celle de la consommation de capital fixe des sociétés (+ 5,5 %) sont les autres composantes qui ont une contribution relativement importante à la croissance du PIB.
Au quatrième trimestre de 2024, le PIB en dollars courants enregistre une hausse de 1,4 %. La croissance des salaires et traitements (+ 1,4 %) est le principal facteur explicatif de l’accroissement du PIB. Le revenu mixte net (+ 2,6 %) ainsi que l’excédent d’exploitation net des sociétés (+ 1,6 %) contribuent également à la progression du PIB.
Le revenu disponible des ménages
Progression de 7,1 % du revenu disponible des ménages en 2024
Le revenu disponible des ménages progresse de 7,1 % en 2024, après une hausse de 4,0 % en 2023. Cette progression est principalement attribuable à la croissance de la rémunération des salariés (+ 5,6 %). Dans une moindre mesure, les hausses des transferts courants reçus (+ 6,0 %), du revenu mixte net (+ 12,2 %) et du revenu net de la propriété (+ 10,3 %) contribuent également à la croissance. En revanche, l’augmentation des transferts courants payés par les ménages (+ 5,6 %) vient limiter la progression du revenu disponible.
Au quatrième trimestre de 2024, le revenu disponible des ménages progresse de 2,1 %, après une hausse de 2,7 % au troisième trimestre.
Variation du revenu disponible des ménages, Québec et Canada, 1er trimestre 2023 au 4e trimestre 2024
Sources
Statistique Canada, Direction des comptes macroéconomiques.
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.
Le taux d’épargne des ménages s’établit à 9,1 % en 2024
En 2024, l’épargne nette des ménages croît de 24,4 %, car la somme de la hausse du revenu disponible (+ 7,1 %) et de la variation des droits à pension (+ 8,0 %) est plus importante que l’augmentation des dépenses de consommation finale des ménages (+ 5,8 %). Le taux d’épargne, soit l’épargne nette des ménages en proportion du revenu disponible des ménages, se situe à 9,1 %, une hausse par rapport au taux d’épargne de 2023 (7,8 %).
Notons qu’au quatrième trimestre de 2024, l’épargne nette est en baisse (− 6,7 %), en raison d’une hausse plus importante des dépenses de consommation finale des ménages (+ 2,5 %) que du revenu disponible (+ 2,1 %). La variation des droits à pension plus faible au quatrième trimestre (− 3,6 %) qu’au trimestre précédent contribue elle aussi à la baisse de l’épargne nette.
Tableaux détaillés
Ensemble des tableaux sur les comptes économiques trimestriels, 1981-2024 (XLSX, 371,62 Ko)
Produit intérieur brut selon les revenus, Québec
Produit intérieur brut selon les dépenses, Québec
Compte courant des ménages, Québec
Dépenses de consommation finale des ménages détaillées, Québec
