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Comptes économiques du Québec, premier trimestre 2025

Par Stéphane Comeau, Jérémy Paiement et Mélissa Rochette
Diffusion : 26 juin 2025

Hausse de 0,5 % du PIB réel du Québec au premier trimestre de 2025

Le produit intérieur brut (PIB) réel du Québec aux prix du marché augmente de 0,5 % au premier trimestre de 2025 après une croissance de 0,3 % au trimestre précédent. En taux annualisé, l’augmentation s’établit à 2,1 %. Au Canada, le PIB réel est en hausse de 0,5 % au premier trimestre de 2025, soit le même taux de croissance qu’au trimestre précédent.

Le PIB réel selon les dépenses

Contributions à la hausse du PIB réel

Les investissements (formation brute de capital fixe) des entreprises sont la composante qui contribue le plus à la hausse du PIB réel avec une contribution de + 0,40 point de pourcentage. L’accroissement des investissements en stocks a un apport de + 0,34 point de pourcentage. Le solde commercial contribue lui aussi positivement à la hausse du PIB réel avec + 0,22 point de pourcentage, en raison de l’apport positif des exportations (+ 1,01 point de pourcentage) qui est plus élevé que l’impact négatif des importations (– 0,79 point de pourcentage). 

Ces apports positifs sont atténués principalement par la baisse des dépenses de consommation finale des ménages (− 0,36 point de pourcentage).

Hausse de 1,8 % des dépenses d’investissement (formation brute de capital fixe)

La hausse de 1,8 % des dépenses d’investissement au premier trimestre de 2025 est principalement attribuable à celle du secteur des entreprises (+ 2,6 %), et plus particulièrement aux investissements en bâtiments résidentiels. Les investissements dans ce domaine d’activités sont en croissance depuis quatre trimestres consécutifs avec des hausses plus marquées au quatrième trimestre de 2024 (+ 10,2 %) et au premier trimestre de 2025 (+ 5,6 %).

Dans une moindre mesure, les dépenses en machines et matériel (+ 2,0 %) et en produits de propriété intellectuelle (+ 1,1 %) contribuent à la hausse des dépenses d’investissement des entreprises. Quant aux dépenses en ouvrages non résidentiels, elles diminuent de 1,9 %.

Les dépenses d’investissement des administrations publiques baissent (− 1,5 %) pour un cinquième trimestre consécutif. La diminution au premier trimestre de 2025 s’explique par le repli de 2,8 % des dépenses en construction.

Accroissement des investissements en stocks

La valeur des stocks augmente de 863 M$ au premier trimestre de 2025, après avoir connu une réduction de 751 M$ au trimestre précédent. Cette accumulation des stocks contribue positivement à la progression du PIB réel, bien qu’il s’agisse d’une accumulation relativement modeste.

Amélioration du solde commercial : hausse des exportations internationales de biens de 4,8 %

Le solde déficitaire des échanges commerciaux québécois s’améliore au premier trimestre de 2025, en raison de la hausse des exportations plus importante que celle des importations.

Les exportations totales de biens et de services augmentent de 2,3 %, après une baisse de 1,6 % au trimestre précédent. La hausse des exportations internationales de biens (+ 4,8 %) explique principalement la hausse des exportations totales. La hausse des exportations interprovinciales (+ 0,3 %) y contribue également. Ces augmentations sont légèrement atténuées par la baisse des exportations internationales de services (− 0,7 %).

De leur côté, les importations totales de biens et de services augmentent de 1,6 % à la suite d’une baisse de 0,6 % au quatrième trimestre de 2024. L’augmentation des importations internationales de biens (+ 3,7 %) explique à elle seule la hausse des importations totales, alors que les importations internationales de services (− 3,2 %) et les importations interprovinciales de biens et de services (− 0,4 %) sont en baisse.

Recul de 0,6 % des dépenses de consommation finale des ménages

Les dépenses de consommation finale des ménages reculent de 0,6 % au premier trimestre de 2025. Il s’agit de la première baisse depuis le deuxième trimestre de 2023. Le recul du premier trimestre s’explique principalement par la diminution des dépenses en biens durables (− 4,8 %), et dans une moindre mesure, par celle des dépenses en services (− 0,2 %). Les dépenses en biens semi-durables (+ 2,0 %) et celles en biens non durables (+ 0,4 %) progressent.

Des diminutions dans 6 des 14 catégories de dépenses sont observées. La plus importante concerne les dépenses consacrées aux transports (− 4,0 %). Il s’agit du recul le plus important à survenir dans cette catégorie de dépenses depuis l’année 2020 (– 5,7 % au quatrième trimestre de 2020). Les services de restauration et d’hébergement (− 2,4 %) ainsi que les dépenses nettes à l’étranger enregistrent des diminutions notables. À l’opposé, ce sont les dépenses consacrées au logement, à l’eau, à l’électricité, au gaz et aux autres combustibles (+ 0,7 %) ainsi qu’à l’assurance et aux services financiers (+ 1,4 %) qui augmentent le plus.

Diminution de 0,1 % des dépenses de consommation finale des administrations publiques

Les dépenses de consommation finale des administrations publiques diminuent de 0,1 % au cours du premier trimestre de 2025, après une hausse de 0,8 % au quatrième trimestre de 2024. Il s’agit de la première diminution depuis le quatrième trimestre de 2023, qui avait été marqué par des grèves au Québec dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

Le PIB selon les revenus

Hausse de 0,9 % de la rémunération des salariés et de 3,0 % de l’excédent d’exploitation des sociétés

Le PIB en dollars courants, présenté selon l’approche des revenus, croît de 1,3 % au premier trimestre de 2025. Deux principaux facteurs expliquent cette croissance, soit la hausse de la rémunération des salariés (+ 0,9 %) et de celle de l’excédent d’exploitation net (profits) des sociétés (+ 3,0 %). Dans une moindre mesure, les impôts moins les subventions sur les produits et les importations (+ 2,6 %) contribuent aussi à la croissance du PIB.

Le revenu disponible des ménages

Progression de 0,1 % du revenu disponible des ménages

Le revenu disponible des ménages progresse de 0,1 % au premier trimestre de 2025. Il s’agit du plus faible accroissement depuis les deux dernières années. Cette progression du revenu disponible s’explique principalement par l’accroissement de la rémunération des salariés (+ 0,9 %), qui est atténué par la hausse des transferts courants payés (+ 1,0 %) et la baisse du revenu net de la propriété (− 2,2 %).

Baisse de 2,8 % de l’épargne nette des ménages

L’épargne nette des ménages baisse de 2,8 % au premier trimestre de 2025, notamment sous l’effet de la hausse plus importante des dépenses de consommation des ménages (+ 0,3 % en dollars courants) que de celle du revenu disponible (+ 0,1 %). Le taux d’épargne, soit l’épargne nette en proportion du revenu disponible des ménages, s’établit à 9,2 % au premier trimestre comparativement à 9,4 % au trimestre précédent.

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