Chargement
Retour au document

Les ventes de livres neufs au Québec en 2024

Par Sylvie Marceau, Observatoire de la culture et des communications du Québec
Diffusion : 25 février 2026

En 2024, les ventes finales de livres neufs par les détaillants, les éditeurs et les distributeurs de livres du Québec ont totalisé 705 M$, soit 4,1 % de plus qu’en 2023, et ont atteint leur plus haut niveau des dix dernières années.

L’écosystème du livre au Québec compte plus de 300 librairies et plus de 200 maisons d’édition ainsi qu’une vingtaine d’entreprises de distribution qui font le lien entre les différents points de vente et les maisons d’édition. Complémentaire au réseau de vente de livres neufs, le secteur compte aussi sur la présence de plus de 800 bibliothèques publiques, auxquelles s’ajoutent les bibliothèques scolaires.

Les résultats présentés dans cette page sont tirés de l’Enquête sur les ventes de livres neufs au Québec. Cette enquête est réalisée auprès de l’ensemble des librairies, maisons d’édition et entreprises de distribution de livres au Québec.

Nouveau sommet pour les ventes de livres neufs

Depuis quatre ans, le marché du livre au Québec suit une tendance à la hausse. En effet, après avoir connu un creux au début de la pandémie en 2020, il affiche une croissance des ventes finales de 21 % (+ 123 M$). La pandémie de COVID‑19 semble avoir entraîné des répercussions négatives sur le marché du livre en 2020, mais il est difficile de distinguer ces effets de l’affaiblissement général du marché, observé sur plusieurs années, même avant la pandémie. Cet affaiblissement s’est renversé en 2021 en raison d’une reprise du marché : les ventes ont crû en 2021 et 2022, pour ensuite reculer légèrement de − 0,2 % en 2023 et, finalement, s’établir à leur plus haut niveau depuis 2010 (705 M$ en dollars courants en 2024 c. 740 M$ en 2010).

L’importante inflation générale a pu contribuer aux variations observées dans la valeur des ventes ces dernières années. La hausse de la valeur des ventes est attribuable en partie à la hausse des prix. Au Canada, entre 2020 et 2024, l’indice des prix à la consommation (IPC), un indicateur de l’évolution du coût d’un panier fixe de biens et services, indique une hausse de 8,6 % du niveau général des prix pour la catégorie livres et autres matériels de lecture (excluant les manuels scolaires) et une hausse de 9,8 % pour la catégorie manuels et fournitures scolaires.

Aucune donnée sur le nombre de livres vendus et leurs prix n’est compilée dans le cadre de l’Enquête sur les ventes de livres neufs au Québec ; il est ainsi impossible de démontrer si le nombre de livres vendus a fluctué dans le même sens que la valeur des ventes.

En ce qui concerne la valeur pécuniaire, une comparaison des ventes de livres en dollars constants indique que la croissance des ventes entre 2023 et 2024 est réelle, mais que la valeur nominale élevée de la dernière année est associée à des ventes réelles plus faibles que la moyenne prépandémique (549 M$ en dollars constants en 2024 par rapport à 557 M$ en dollars constants en moyenne de 2015 à 2019).

Indice des prix à la consommation relatif aux livres, Québec et Canada, 2015 à 2024

                        Variations sur 5 ans
  2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024   2015-2019 2020-2024
 
 
  %   %

 
Ensemble des biens et services (Québec) 1,1 0,7 1,0 1,7 2,1 0,8 3,8 6,7 4,5 2,3   5,6 18,4
Manuels et fournitures scolaires (Canada) 3,2 2,2 1,0 1,0 1,0 0,9 1,0 1,9 2,9 3,6   5,3 9,8
Livres et autres matériels de lecture1 (Canada) 5,4 7,8 4,8 3,7 − 1,2 3,3 6,7 − 0,1 4,8 − 2,8   15,7 8,6

Note
1. Excluant les manuels scolaires
Source
Statistique Canada. Tableau 18-10-0005-01 Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé. (Consulté le 2 décembre 2025).

Ventes selon le type de point de vente

Les ventes de livres aux consommateurs et consommatrices ainsi qu’aux collectivités ont eu lieu dans plusieurs points de vente, mais principalement dans des librairies (67 % des ventes). D’autres commerces de détail qui constituent ce qu’on appelle le « marché de la grande diffusion », notamment les grandes surfaces au rabais (6 %) et les grands magasins, les kiosques à journaux, les pharmacies, les quincailleries, etc. (4 %), ont fait 10 % des ventes finales. Les éditeurs (19 % des ventes) et les distributeurs de livres (5 % des ventes) ont aussi été responsables d’une partie des ventes finales, puisqu’il leur arrive de vendre des livres directement aux collectivités (écoles, bibliothèques, etc.) et aux particuliers, sans l’intermédiaire d’un détaillant (comme dans les salons du livre).

Du côté des librairies, un bond des ventes en 2021 a mis fin à la période de stabilité relative des ventes observée depuis 2015. De 2022 à 2024, les ventes se sont maintenues au-dessus des niveaux prépandémiques.

Chez les détaillants de la grande diffusion, malgré les hausses enregistrées en 2020, 2021 et 2022, on observe une tendance générale à la baisse. En effet, la valeur des ventes a diminué de 23 % en 10 ans.

Chez les éditeurs, les ventes finales ont diminué entre 2017 et 2020 et ont ensuite crû chaque année, pour atteindre en 2024 le plus haut sommet depuis 10 ans.

Les ventes finales des distributeurs ont aussi fluctué; après avoir connu un creux en 2019, elles ont augmenté chaque année depuis. Les ventes de 2024 sont les plus élevées des dix dernières années.

Ventes des librairies

Les ventes de l’ensemble des librairies appartenant à une chaîne ont augmenté de 1,5 % en 2024 et de 21,4 % depuis cinq ans. Les ventes de l’ensemble des librairies indépendantes, y compris les coopératives scolaires, ont augmenté de 3,6 % en 2024 et sont 16,9 % plus élevées qu’en 2020.

Les ventes de l’ensemble des librairies agréées ont augmenté de 3,3 % en 2024 et sont 25 % plus élevées qu’il y a cinq ans. Les ventes des librairies non agréées sont demeurées relativement stables entre 2023 et 2024 (+ 0,6 %) et sont seulement 1,7 % plus élevées qu’en 2020.

Graphique

Entre 2023 et 2024, les ventes des librairies aux particuliers sont restées stables (+ 0,4 %), alors que les ventes aux collectivités ont augmenté de 1,2 %. Pour ces dernières, ce sont notamment les ventes de livres généraux (autres que les manuels scolaires et les livres didactiques) qui ont augmenté (+ 11,6 %), passant de 83,3 M$ en 2023 à 93,0 M$ en 2024.

Depuis 2020, les ventes aux particuliers, qui constituent plus de trois quarts des ventes des librairies, ont augmenté de 43,8 M$ (+ 13,7 %) tandis que les ventes aux collectivités ont crû de 30,6 M$ (+ 40,4 %).

Dans l’Enquête sur les ventes de livres neufs au Québec, les livres sont répartis en trois catégories : les manuels scolaires (livres destinés à l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire), les livres didactiques (livres destinés à l’enseignement collégial et universitaire) et les livres généraux (tous les autres livres : romans, livres pratiques, essais, bandes dessinées, etc.). La hausse des ventes de livres par les librairies aux collectivités est attribuable surtout aux livres généraux (+ 28,1 M$, soit + 43,3 % sur cinq ans). La valeur des ventes de manuels scolaires et de livres didactiques a augmenté de 2,5 M$ (+ 23 % en cinq ans). La progression des ventes de livres généraux aux collectivités pourrait s’expliquer par des aides additionnelles du gouvernement du Québec annoncées entre 2020 et 2024 pour bonifier les budgets des bibliothèques publiques et favoriser l’accès aux œuvres culturelles québécoises en milieu scolaire.

Ventes des librairies par région administrative

Entre 2023 et 2024, les ventes des librairies ont augmenté de 2,7 % dans l’ensemble du Québec et dans la plupart des régions de la province. Proportionnellement, les plus grandes augmentations s’observent dans les Laurentides (+ 13,9 %) et en Chaudière‑Appalaches (+ 10,7 %). Les ventes sont demeurées stables ou ont peu reculé dans quatre régions : Montréal (+ 0,7 %), le Saguenay–Lac-Saint-Jean (+ 0,1 %), l’Estrie (− 0,6 %) et le jumelé des régions du Bas‑Saint‑Laurent et de la la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (− 0,1 %).

En 2024, la plus grande part des ventes est observée dans la région de Montréal (173 M$ des 470 M$, 37 %). Viennent ensuite la Montérégie (13 %) et la Capitale‑Nationale (12 %).

Ventes des distributeurs

Les distributeurs de livres agissent à titre d’intermédiaires entre les éditeurs et les détaillants. Environ 90 % des ventes nettes des distributeurs sont destinées au marché de la revente, y compris les librairies et les détaillants de la grande diffusion. Le reste s’effectue directement auprès des consommateurs et consommatrices du Québec et d’acheteurs hors Québec.

Les ventes nettes des distributeurs s’élèvent à 279,8 M$ en 2024, ce qui représente une hausse de 5,3 % par rapport aux ventes de 2023 (265,9 M$). Elles n’ont toutefois pas atteint le sommet de 2021 (282,6 M$).

Les ventes nettes de livres neufs que font les distributeurs du Québec à des détaillants de la province totalisent 248,1 M$ en 2024, soit 4,7 % de plus qu’en 2023. Entre 2023 et 2024, les ventes aux librairies ont augmenté de 14,5 M$ (+ 8 %), alors que celles réalisées auprès des grandes surfaces au rabais et d’autres détaillants ont baissé de 3,2 M$ (− 4,7 %).

Les ventes finales des distributeurs sont de 31,8 M$ en 2024, soit seulement 4,5 % de l’ensemble des ventes finales de livres neufs au Québec. Les ventes finales des distributeurs tendent à progresser depuis 2020, principalement en raison d’une hausse des ventes hors Québec (+ 10 M$ depuis 2020 c. + 2,0 M$ pour les ventes à des consommateurs et consommatrices au Québec).

Ventes des éditeurs

Dans la plupart des cas, les maisons d’édition recourent aux services d’un distributeur pour acheminer leurs ouvrages aux détaillants, mais font aussi des ventes directes aux collectivités, aux particuliers et aux détaillants sans l’intermédiaire d’un distributeur. Après avoir connu un creux en 2020, ces ventes ont remonté chaque année, pour se chiffrer à 212,2 M$ en 2024, ce qui représente une hausse de 8,8 M$ (+ 4,3 %) par rapport à 2023 et 47,1 M$ de plus qu’en 2020.

Lorsqu’on examine les ventes finales des éditeurs par catégorie de livres, on constate que :

  • les ventes finales de livres généraux ont plus que repris le terrain perdu en 2020 (+ 31,6 M$ entre 2020 et 2024) et ont atteint le niveau le plus élevé depuis 10 ans (79,3 M$) ;
  • les ventes finales de manuels scolaires, qui avaient augmenté en 2020, ont continué de progresser chaque année depuis et se sont élevées à 49,9 M$ en 2024 (43,7 M$ en 2023) ;
  • les ventes finales de livres didactiques, dont le montant en 2020 était inférieur à celui de 2019 de près de la moitié, ont augmenté en 2021, mais sont redescendues dans les trois années suivantes et sont historiquement faibles en 2024 (5,9 M$ c. 14,3 M$ en moyenne de 2015 à 2019).

Quant aux ventes directes aux détaillants, elles constituent 36 % des ventes nettes en 2024, comprennent surtout des livres scolaires et didactiques et sont moins élevées en 2024 (− 8 M$ ; − 9,4 %) qu’en 2023.

Notes méthodologiques

À propos de l’enquête

L’Enquête mensuelle sur la vente de livres neufs au Québec est une enquête par recensement effectuée chaque mois auprès des éditeurs, distributeurs de livres et librairies du Québec. La non-réponse est traitée par la méthode de l’imputation.

L’enquête sert à mesurer la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques. Les livres sont répartis en trois catégories : les manuels scolaires (livres destinés à l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire), les livres didactiques (livres destinés à l’enseignement collégial et universitaire) et les livres généraux (tous les autres livres : romans, livres pratiques, essais, bandes dessinées, etc.).

Population visée

Tous les établissements qui vendent des livres neufs au Québec sont inclus dans cette enquête, à l’exception de ceux faisant uniquement de la vente par correspondance à partir d’un siège hors Québec.

Pour plus de renseignements sur les aspects méthodologiques, consultez la méthodologie de l’enquête.

Évaluation de page
L'information sur cette page vous a-t-elle été utile?