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Les ventes de livres neufs au Québec en 2025

Par Sylvie Marceau, Observatoire de la culture et des communications du Québec
Diffusion : 24 septembre 2026

En 2025, les ventes finales de livres neufs effectuées par les détaillants, les éditeurs et les distributeurs du Québec ont totalisé 728 M$, soit 3,2 % de plus qu’en 2024. Elles poursuivent ainsi leur tendance à la hausse depuis cinq ans.

L’écosystème du livre au Québec compte plus de 300 librairies et plus de 200 maisons d’édition, ainsi qu’une vingtaine d’entreprises de distribution qui assurent le lien entre les éditeurs et les différents points de vente. Complémentaire au réseau de vente de livres neufs, le secteur compte aussi sur la présence de plus de 800 bibliothèques publiques, auxquelles s’ajoutent les bibliothèques scolaires.

Les résultats présentés dans cette page sont tirés de l’Enquête sur les ventes de livres neufs au Québec. Cette enquête est réalisée auprès de l’ensemble des librairies, maisons d’édition et entreprises de distribution de livres au Québec.

Hausse des ventes de livres neufs

Le marché du livre au Québec suit une tendance à la hausse depuis cinq ans. Après avoir connu un creux au début de la pandémie, il affiche une croissance des ventes finales de 25 % (+ 145 M$ depuis 2020).

La pandémie de COVID‑19 semble avoir eu des effets négatifs sur le marché du livre en 2020. Toutefois, il est difficile de distinguer ces impacts sur l’affaiblissement général du marché, observé depuis plusieurs années, et ce, même avant la pandémie. Cette tendance s’est renversée en 2021 grâce à une reprise notable : les ventes ont progressé presque chaque année depuis, atteignant en 2025 leur niveau le plus élevé depuis 2010, soit 728 M$ en dollars courants, comparativement à 740 M$ en 2010.

L’importante inflation, observée au cours des dernières années, a probablement contribué aux variations observées de la valeur des ventes. Une part de la valeur des ventes est attribuable en partie à l’augmentation des prix. Au Canada, entre 2021 et 2025, l’indice des prix à la consommation indique une hausse du niveau général des prix tant pour la catégorie livres et autres matériels de lecture (+ 1,1 %) que pour la catégorie manuels et fournitures scolaires (+ 11 %).

Variations annuelles de l’indice des prix à la consommation relatif aux livres, Québec et Canada, 2016 à 2025

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En ce qui concerne uniquement la valeur monétaire (sans égard au nombre de livres vendus), l’analyse en dollars constants montre que la croissance observée entre 2024 et 2025 est bien réelle. En dollars constants, les ventes de 2025 ont atteint 610 M$ (+ 6 % par rapport à 2024), un niveau supérieur à la moyenne prépandémique, qui s’établissait à 597 M$ pour la période 2015‑2019.

Est-ce que le nombre de livres vendus augmente?

Aucune donnée sur le nombre de livres vendus et leurs prix n’est compilée dans le cadre de l’Enquête sur les ventes de livres neufs au Québec; il est ainsi impossible de démontrer avec les données de cette enquête si le nombre de livres vendus a fluctué dans le même sens que la valeur des ventes.

Les librairies demeurent le principal point de vente

Les ventes de livres destinées aux particuliers et aux collectivités se réalisent majoritairement en librairie, où sont effectuées près de 65 % des ventes finales (470 M$), en léger recul par rapport à 2024 (67 %). Les autres détaillants — regroupés sous l’appellation de « marché de la grande diffusion » —, et comprenant notamment les grandes surfaces au rabais et les grands magasins, les kiosques à journaux, les pharmacies, les quincailleries, etc., représentent près de 10 % des ventes finales (67 M$).

Les éditeurs et distributeurs vendent également des livres directement aux collectivités (écoles, bibliothèques, etc.), ainsi qu’aux particuliers, sans l’intermédiaire d’un détaillant (par exemple, lors de salons du livre, d’événements promotionnels ou de lancements). En 2025, les ventes directes des éditeurs représentent 22 % des ventes finales, soit 159 M$, en hausse de trois points de pourcentage par rapport à 2024 (135 M$). En revanche, les ventes directes des distributeurs de livres stagnent autour de 4,5 % de l’ensemble en 2025 (32 M$).

Du côté des librairies, une hausse de 15 % des ventes en 2021 a mis fin à la période de stabilité observée depuis 2015 (393 M$ en moyenne entre 2015 et 2019). De 2022 à 2025, les ventes sont demeurées supérieures aux niveaux prépandémiques pour culminer à 470 M$ en 2024 et en 2025.

Chez les détaillants de la grande diffusion, en dépit des hausses ponctuelles observées entre 2020 et 2022, la tendance générale est à la baisse. Sur 10 ans, la valeur de leurs ventes a diminué de 19 % et se situe à 67 M$ en 2025, soit le plus bas niveau constaté depuis 2016 (83 M$).

Après une baisse observée entre 2017 et 2020, les ventes finales des éditeurs augmentent chaque année depuis 2021. En 2025, elles atteignent leur plus haut niveau en 10 ans (159 M$), en hausse de 18 % par rapport à 2024 (135 M$).

Les ventes finales des distributeurs de livres ont aussi fluctué : après un creux observé en 2019 (18 M$), elles ont augmenté chaque année jusqu’en 2024 pour se stabiliser en 2025 (32 M$).

Les ventes des librairies demeurent supérieures à celles de la période prépandémique

Entre 2024 et 2025, les ventes des librairies appartenant à une chaîne sont demeurées relativement stables (+ 0,9 %), mais sont 3,8 % plus élevées qu’en 2021. Du côté des librairies indépendantes, les ventes sont également stables (− 0,9 %), mais sont 3,3 % plus élevées qu’en 2021.

Bien que les ventes de l’ensemble des librairies agréées aient légèrement diminué en 2025 par rapport à 2024 (− 2,9 %), elles sont 3,6 % plus élevées qu’il y a cinq ans. À l’inverse, les ventes des librairies non agréées ont augmenté de 10 % et sont 3,1 % plus élevées qu’en 2021).

Graphique

Dans l’Enquête sur les ventes de livres neufs au Québec, les livres sont répartis en trois catégories : les manuels scolaires (livres destinés à l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire), les livres didactiques (livres destinés à l’enseignement collégial et universitaire) et les livres généraux qui regroupent tous les autres types de livres (romans, livres pratiques, essais, bandes dessinées, etc.).

Entre 2024 et 2025, les ventes des librairies aux particuliers sont demeurées stables, passant de 364 M$ à 367 M$ (+ 0,8 %). Depuis 2021, elles représentent plus de trois quarts des ventes totales des librairies.

À l’inverse, les ventes aux collectivités par les librairies ont diminué de 3,3 %, entre 2024 (107 M$) et 2025 (103 M$). Malgré ce recul, elles affichent une progression sur une plus longue période : entre 2021 et 2025, elles ont augmenté de 14 %, passant de 90 M$ à 103 M$. Cette croissance est principalement attribuable aux ventes de livres généraux (+ 15 %), auxquelles s’ajoutent celles des ventes de manuels scolaires et de livres didactiques (+ 9 %). La hausse des ventes de livres généraux aux collectivités pourrait s’expliquer par des aides additionnelles du gouvernement du Québec, annoncées entre 2020 et 2024, pour bonifier les budgets des bibliothèques publiques et favoriser l’accès aux œuvres culturelles québécoises en milieu scolaire.

Hausse des ventes des librairies dans la plupart des régions

Entre 2024 et 2025, les ventes des librairies ont augmenté dans 12 régions administratives. Les hausses les plus marquées sont observées à Laval (+ 12 %), en Chaudière-Appalaches (+ 10 %) et en Estrie (+ 9 %). En revanche, cinq régions ont enregistré une diminution des ventes : la Capitale-Nationale (− 11 %), le regroupement du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (− 9,3 %), l’Abitibi-Témiscamingue (− 5,3 %) et Montréal (− 2,1 %).

En 2025, la région de Montréal demeure le principal marché, représentant 36 % de ventes des librairies. La Montérégie suit avec 13 %, puis la Capitale-Nationale avec 11 %.

Ventes des distributeurs stables

Les distributeurs de livres agissent à titre d’intermédiaires entre les éditeurs et les détaillants. Environ 90 % de leurs ventes nettes sont destinées au marché de la revente, qui regroupe notamment les librairies et les détaillants de la grande diffusion. Le reste correspond aux ventes finales réalisées directement auprès des particuliers, au Québec et hors Québec.

En 2025, les ventes nettes des distributeurs ont atteint 281 M$, en légère hausse par rapport à 2024 (+ 0,3 %). Les ventes nettes de livres neufs destinés aux détaillants québécois totalisent 249 M$ en 2025 (+ 0,3 % par rapport à 2024). On observe toutefois une baisse pour une troisième année consécutive des ventes destinées à la revente dans les points autres que les librairies et les grandes surfaces au rabais (− 7 %).

Les ventes finales des distributeurs s’élèvent à 32 M$ en 2025, un niveau identique à celui de 2024. Elles représentent 4,5 % de l’ensemble des ventes finales de livres neufs au Québec. Elles affichent une progression soutenue depuis 2019, principalement grâce à la hausse des ventes finales hors Québec (+ 11 M$).

La hausse des ventes des éditeurs se poursuit

Dans la plupart des cas, les maisons d’édition recourent aux services d’un distributeur pour acheminer leurs ouvrages aux détaillants, mais réalisent aussi des ventes directes aux collectivités, aux particuliers et aux détaillants.

Après un creux en 2020, les ventes nettes des éditeurs ont progressé chaque année pour atteindre 246 M$ en 2025, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024 (212 M$). L’examen des ventes par catégorie de livres révèle que :

  • les ventes finales de livres généraux continuent leur progression (+ 36 % entre 2021 et 2025) et ont atteint un sommet en 2025 (+ 14 % par rapport à 2024);
  • les ventes finales de manuels scolaires ont continué de progresser chaque année depuis 2019 et se sont élevées à 61 M$ en 2025 (+ 22 % par rapport à 2024);
  • les ventes finales de livres didactiques, qui avaient diminué de près de la moitié entre 2019 et 2020, ont augmenté en 2025 (+ 38 % par rapport à 2024), sans toutefois retrouver leur niveau prépandémique.

Les ventes directes aux détaillants représentent 32 % des ventes nettes en 2025. Elles sont principalement constituées de livres scolaires et didactiques et ont atteint leur plus haut niveau des dix dernières années, soit 79 M$. Ce résultat dépasse légèrement le précédent sommet de 78 M$ enregistré en 2023).

Notes méthodologiques

À propos de l’enquête

L’Enquête sur la vente de livres neufs au Québec est une enquête par recensement effectuée chaque mois auprès des éditeurs, des distributeurs de livres et des librairies du Québec. La non-réponse est traitée par la méthode de l’imputation.

L’enquête sert à mesurer la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques. Les livres sont répartis en trois catégories : les manuels scolaires (livres destinés à l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire), les livres didactiques (livres destinés à l’enseignement collégial et universitaire) et les livres généraux (tous les autres livres : romans, livres pratiques, essais, bandes dessinées, etc.).

Population visée

Tous les établissements qui vendent des livres neufs au Québec sont inclus dans cette enquête, à l’exception de ceux faisant uniquement de la vente par correspondance à partir d’un siège hors Québec.

Pour plus de renseignements sur les aspects méthodologiques, consultez la méthodologie de l’enquête.

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