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Commerce international de marchandises et balance commerciale. Faits saillants du troisième trimestre de 2025

Par Saïd Allaf
Diffusion : 28 janvier 2026

Les données présentées dans cette analyse sont non désaisonnalisées et en dollars courants.

Les échanges commerciaux de marchandises et la balance commerciale

La valeur des échanges internationaux de marchandises (somme des exportations et des importations) du Québec a atteint 61,9 G$ au troisième trimestre de 2025, une baisse de 3,7 % par rapport au même trimestre de 2024. Cette diminution des échanges provient principalement de la baisse de 11,1 % des exportations. La balance commerciale de marchandises (différence entre les exportations et les importations) du Québec affiche un déficit de 6,1 G$ durant ce trimestre, un niveau largement supérieur à celui observé au troisième trimestre de 2024 (1,6 G$).

Les échanges commerciaux de marchandises du Québec, 3e trimestre 2025


  3e trimestre 2024 3e trimestre 2025 Variation
 
  M$ M$ %

Exportations 31 379,4 27 907,1 − 11,1
Importations 32 946,4 34 032,4 3,3
Échanges 64 325,7 61 939,6 − 3,7

Sources
Statistique Canada, Division du commerce et des comptes internationaux.
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.

La part des échanges avec les États-Unis sous la barre des 50,0 % pour un deuxième trimestre consécutif

Les échanges internationaux de marchandises du Québec se font encore en grande partie avec les États-Unis. Toutefois, leur part, évaluée à 47,2 %, demeure en dessous des 50,0 % pour un deuxième trimestre consécutif. On note toutefois une légère amélioration par rapport au deuxième trimestre. La part était alors à son plus bas niveau (44,8 %) depuis le quatrième trimestre de 2010 (44,5 %).

Parmi les autres principaux partenaires commerciaux du Québec durant le troisième trimestre de 2025 figurent notamment la Chine (part de 7,7 %), le Mexique (4,4 %), l’Allemagne (3,6 %), la France (2,7 %), l’Italie (2,4 %), et le Japon (2,3 %).

Les échanges avec les États-Unis, évalués à 29,2 G$, ont reculé de 4,9 G$ (− 14,3 %) par rapport à leur niveau du troisième trimestre de 2024. Dans une moindre mesure, les échanges avec la Chine (− 152,2 M$; − 3,1 %) et avec le Royaume-Uni (− 91,3 M$; − 7,2 %) ont diminué aussi. En revanche, des hausses sont survenues dans les échanges avec l’Allemagne (+ 271,4 M$; + 13,9 %) et avec le Mexique (+ 260,7 M$; + 10,7 %).

Le Québec n’a enregistré un excédent commercial qu’avec deux de ses principaux partenaires, à savoir les États-Unis (+ 9,3 G$) et les Pays-Bas (+ 168,4 M$). Le surplus avec les États-Unis s’est toutefois érodé de 27,1 % par rapport à celui enregistré au troisième trimestre de 2024 (12,7 G$), mais est en légère augmentation (+ 1,3 %) par rapport au surplus du deuxième trimestre de 2025. La balance commerciale du Québec avec ses autres principaux partenaires est déficitaire, en particulier avec la Chine (− 2,7 G$), le Mexique (− 1,8 G$) et l’Allemagne (− 1,3 G$).

Les dix principaux partenaires commerciaux du Québec, 3e trimestre 2025


Pays Échanges Part Exportations Importations Surplus ou déficit
 
  M$ % M$ M$ M$

États-Unis 29 245,5 47,2 19 257,4 9 988,0 9 269,4
Chine 4 795,9 7,7 1 062,9 3 733,0 -2 670,1
Mexique 2 699,0 4,4 439,8 2 259,2 -1 819,4
Allemagne 2 227,1 3,6 476,7 1 750,3 -1 273,6
France 1 693,7 2,7 557,5 1 136,2 -578,6
Italie 1 490,7 2,4 371,2 1 119,5 -748,3
Japon 1 448,6 2,3 466,7 981,9 -515,3
Corée du Sud 1 180,4 1,9 218,9 961,5 -742,7
Royaume-Uni 1 171,0 1,9 338,9 832,1 -493,3
Pays-Bas 1 033,9 1,7 601,2 432,8 168,4
 
Sous-total 46 985,7 75,9 23 791,1 23 194,5 596,6
Autres pays 14 953,9 24,1 4 116,0 10 837,9 -6 721,9
 
Total 61 939,6 100 27 907,1 34 032,4 -6 125,3
Union européenne1 11 191,6 18,1 3 224,0 7 967,5 -4 743,5

1. Les données sur l’Union européenne sont présentées à titre informatif seulement.
Sources
Statistique Canada, Division du commerce et des comptes internationaux.
Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques économiques.
 

Baisse de 17,7 % des exportations vers les États-Unis

Les exportations internationales de marchandises du Québec ont atteint 27,9 G$ au troisième trimestre de 2025, ce qui représente une baisse de 11,1 % par rapport au troisième trimestre de 2024.

Ces exportations sont majoritairement destinées aux États-Unis, soit dans une proportion de 69,0 % (19,3 G$). Les exportations vers les États-Unis accusent toutefois un recul de 17,7 % par rapport à leur niveau au troisième trimestre de 2024, qui était établi à 23,4 G$.

Les autres importants marchés pour les exportations du Québec sont, entre autres, la Chine (3,8 %; 1,1 G$), les Pays-Bas (2,2 %; 601,2 M$), la France (2,0 %; 557,5 M$), l’Allemagne (1,7 %; 476,7 M$) et le Japon (1,7 %; 466,7 M$). Ensemble, les dix principaux partenaires représentent 85,3 % des exportations internationales de marchandises du Québec.

Les principales variations des exportations à mentionner sont la baisse des exportations vers les États-Unis (− 4,2 G$; − 17,7 %), ainsi que les deux hausses enregistrées dans celles destinées aux Pays-Bas (+ 378,3 M$; + 169,8 %) et à la France (+ 176,8 M$; + 46,4 %).

En dehors de la liste des dix principaux partenaires, on observe des hausses appréciables des exportations du côté de la Pologne (+ 159,7 M$; + 222,1 %) et de Singapour (+ 151,9 M$; + 96,8 %), alors que celles destinées à la Suisse et aux Émirats arabes unis ont respectivement baissé de 220,2 M$ (− 82,3 %) et de 132,4 M$ (− 55,5 %).

Les cinq produits les plus exportés au troisième trimestre de 2025 sont les aéronefs (2,6 G$), l’aluminium et les alliages d’aluminium sous forme brute (1,9 G$), les moteurs d’aéronefs (1,5 G$), les minerais et les concentrés de fer (1,2 G$), ainsi que les pièces pour aéronefs, et autre matériel aérospatial (785,5 M$). Les exportations internationales d’aluminium et d’alliages d’aluminium sous forme brute ont baissé de 27,0 % (− 688,1 M$) par rapport au troisième trimestre de 2024. Cette situation reflète la forte baisse des exportations de ces produits vers les États-Unis, lesquelles ont reculé d’un peu plus d’un milliard de dollars (− 1,0 G$), soit de 43,8 % durant la même période.

Pour l’ensemble des produits, la plus forte baisse est enregistrée dans les exportations d’or, d’argent et des métaux du groupe du platine sous forme brute, toutefois connues pour leur extrême volatilité. Ces dernières ont baissé de 89,1 %, soit de près de 1,2 G$. Encore une fois, cette baisse s’explique principalement par la baisse des exportations vers les États-Unis (− 981,5 M$; − 87,3 %). La troisième plus importante baisse revient aux camions légers, aux fourgonnettes et aux véhicules utilitaires sport, sans moteur électrique, dont les exportations ont chuté de 44,0 % (− 351,4 M$) par rapport au troisième trimestre de 2024.

Quant aux produits dont les exportations internationales ont progressé par rapport au troisième trimestre de 2024, mentionnons les moteurs d’aéronefs (+ 325,2 M$; + 28,6 %), ainsi que le cuivre et les alliages de cuivre sous forme brute (+ 282,9 M$; + 58,8 %).

Les deux premiers marchés pour chacun des cinq produits les plus exportés listés ci-dessus sont :

  • les États-Unis (50,5 %) et la France (5,9 %) pour les aéronefs;
  • les États-Unis (70,8 %) et les Pays-Bas (11,9 %) pour l’aluminium et les alliages d’aluminium sous forme brute;
  • les États-Unis (67,2 %) et la France (4,7 %) pour les moteurs d’aéronefs;
  • la Chine (44,2 %) et le Japon (17,0 %) pour les minerais et les concentrés de fer;
  • les États-Unis (66,1 %) et Singapour (8,8 %) pour les pièces pour aéronefs, et autre matériel aérospatial.

Les dix principaux produits exportés vers les États-Unis représentent 34,0 % des exportations totales vers ce pays. Pour d’autres pays, la part des dix premiers produits qui leur sont destinés atteint ou dépasse souvent les 80,0 %. Pour ce trimestre, c’est notamment le cas de l’Italie (87,3 %), de la Chine (85,1 %), de la Corée du Sud (84,2 %), du Japon (81,6 %) et des Pays-Bas (80,8 %). On peut donc affirmer que la gamme de produits exportés vers les États-Unis est beaucoup plus diversifiée que la gamme de ceux qui sont exportés vers ces cinq derniers pays.

Pour plus de détail, voir le tableau : Produits exportés vers les dix principaux partenaires, Québec, 3e trimestre 2025.

Hausse de 8,1 % des importations en provenance des pays autres que les États-Unis

Les importations internationales de marchandises du Québec ont atteint 34,0 G$ au troisième trimestre de 2025, une hausse de 3,3 % comparativement au même trimestre de 2024. Ces importations proviennent des États-Unis dans une proportion de 29,3 % (10,0 G$). Cette part des États-Unis, tout en étant inférieure à son niveau au troisième trimestre de 2024 (32,5 %), s’est légèrement améliorée par rapport au deuxième trimestre de 2025 (27,2 %).

Les autres principales sources d’approvisionnement du Québec sont la Chine (11,0 %; 3,7 G$), le Mexique (6,6 %; 2,3 G$), l’Allemagne (5,1 %; 1,8 G$), la France (3,3 %; 1,1 G$) et l’Italie (3,3 %; 1,1 G$). Au total, les dix principaux partenaires fournissent 68,2 % des importations internationales de marchandises du Québec.

Les importations à partir des États-Unis ont baissé de 6,7 % (− 711,6 M$) par rapport au troisième trimestre de 2024. Deux autres baisses significatives des importations sont survenues durant ce trimestre, à savoir celles en provenance des Pays-Bas (− 364,0 M$; − 45,7 %) et de la Chine (− 200,9 M$; − 5,1 %). En revanche, nous notons une augmentation appréciable des importations à partir du Mexique (+ 329,2 M$; + 17,1 %) et, dans une moindre mesure, de celles en provenance de l’Allemagne (+ 178,7 M$; + 11,4 %) et de la Corée du Sud (+ 144,1 M$; + 17,6 %).

Le Québec a aussi, durant ce troisième trimestre, augmenté ses approvisionnements à partir de pays ne faisant pas partie de la liste des dix principaux partenaires, comme l’Australie (+ 262,3 M$; + 308,2 %), la Norvège (+ 195,0 M$; + 272,9 %) et l’Irlande (+ 189,9 M$; + 118,1 %). Les importations à partir du Brésil ont quant à elles diminué de 161,8 M$, soit de 16,0 %.

Les cinq produits les plus importés au troisième trimestre de 2025 sont les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules sport, sans moteur électrique (3,1 G$), les pièces pour aéronefs, et autre matériel aérospatial (2,3 G$), les produits pharmaceutiques et médicinaux (1,8 G$), le pétrole brut classique (1,4 G$), ainsi que les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules utilitaires sport, sans moteur électrique (776,1 M$). Durant ce trimestre, les importations de produits pharmaceutiques et médicinaux ont augmenté de 33,7 % (+ 461,5 M$) et celles des pièces pour aéronefs, et autre matériel aérospatial, de 9,3 % (+ 196,6 M$). Parmi les produits dont les importations ont baissé, on compte surtout les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules utilitaires sport, avec moteur électrique (− 203,1 M$; − 20,7 %).

Pour l’ensemble des produits, la hausse la plus remarquée est celle des importations de bijoux, de pierres précieuses taillées, de pièces de bijouterie, de couverts et ustensiles de table et autres articles en métaux précieux (+ 215,7 M$; + 155,1 %). Quant aux produits dont les importations internationales ont régressé par rapport au troisième trimestre de 2024, mentionnons celles de l’essence à moteur, y compris les composants de mélange à essence et le carburant à l’éthanol (− 458,6 M$; − 41,2 %) et des aéronefs (− 219,2 M$; − 74,0 %).

La baisse des approvisionnements en essence à moteur est surtout ressentie dans les importations à partir des Pays-Bas (− 377,4 M$; − 66,4 %) et du Royaume-Uni (− 200,7 M$; − 71,3 %). Un autre fait à souligner est que la Norvège est devenue le premier fournisseur du Québec avec une part de 33,5 % des importations internationales d’essence à moteur, part qui n’était que de 2,7 % au troisième trimestre de 2024. 

Les deux premiers pays d’origine de chacun des cinq produits les plus importés mentionnés ci-dessus sont :

  • les États-Unis (37,4 %) et le Mexique (36,4 %) pour les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules sport, sans moteur électrique; 
  • les États-Unis (38,1 %) et le Royaume-Uni (13,2 %) les pièces pour aéronefs, et autre matériel aérospatial;
  • l’Irlande (15,8 %) et l’Allemagne (12,2 %) pour les produits pharmaceutiques et médicinaux;
  • les États-Unis (100,0 %) pour le pétrole brut classique;
  • la Corée du Sud (33,4 %) et les États-Unis (18,2 %) pour les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules utilitaires sport, avec moteurs électrique et hybride.

Les dix principaux produits importés à partir de la Chine représentent 29,8 % des importations totales en provenance de ce pays. En comparaison, la proportion est de 50,1 % en ce qui concerne les dix principaux produits importés depuis les États-Unis. Cette concentration des importations dépasse toutefois les 80,0 %, comme dans le cas du Mexique (84,3 %), du Japon (83,6 %) ou encore de la Corée du Sud (82,0 %).

Dans le cas de la Corée du Sud et surtout du Mexique, les deux premiers produits représentent déjà plus de la moitié des importations totales depuis chacun de ces pays.

Pour plus de détail, voir le tableau : Produits importés à partir des dix principaux partenaires, Québec, 3e trimestre 2025.

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