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Salle de presseCommuniqué de presse

La grande majorité des personnes qui vivent des situations de violence entre partenaires intimes ne les signalent pas à la police

Montréal, 11 décembre 2025. – Environ trois femmes sur quatre (74 %) et quatre hommes sur cinq (83 %) qui subissent des actes de violence de nature criminelle ou à fort potentiel criminel de la part d’un ou une partenaire ou ex-partenaire intime au Québec ne signalent pas à la police les gestes subis. C’est ce que révèle une nouvelle analyse intitulée Le portrait de la violence entre partenaires intimes au Québec : la complémentarité entre les statistiques policières et les données d’enquête diffusée par l’Institut de la statistique du Québec aujourd’hui.

Cette analyse est tirée de l’Enquête québécoise sur la violence commise par des partenaires intimes, une enquête populationnelle réalisée pour la toute première fois au Québec en 2021-2022 auprès de 13 590 femmes et 10 909 hommes de 18 ans et plus.

Les données policières offrent un portrait partiel de l’ampleur de la violence entre partenaires intimes

Selon les données policières, rendues disponibles annuellement par le ministère de la Sécurité publique, 25 401 infractions contre la personne commises en contexte conjugal ont été déclarées par la police au Québec en 2022, soit environ 70 par jour. Ces données concernent les infractions criminelles qui ont été détectées, signalées et enregistrées par la police au Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC).

Selon les données de l’enquête, environ 40 % des Québécoises de 18 ans et plus qui ont déjà été dans une relation intime ou amoureuse ont vécu au moins un acte de violence entre partenaires intimes au cours de leur vie, ce qui représente environ 1 329 500 femmes. Chez les hommes, la proportion est de 26 %, soit environ 858 400 hommes.

Quant aux personnes ayant subi au moins un acte de violence à caractère criminel de la part d’un ou une partenaire ou ex-partenaire intime au cours de leur vie, c’est pour environ une femme sur quatre (26 %) et pour un homme sur cinq (17 %) que la police a été contactée, par la victime ou par une autre personne. De plus, pour moins d’une personne sur dix (9 % des femmes et 5 % des hommes), une intervention policière a eu lieu en raison des actes de violence criminels subis au cours des 12 mois précédant l’enquête.

Le taux de signalement à la police varie selon le type d’acte de violence subi et l’âge de la victime

La police a été contactée dans une plus forte proportion lorsque la victime a subi au moins un geste de violence physique ou sexuelle que lorsqu’elle a exclusivement subi des gestes de violence psychologique (p. ex. : harcèlement) ou de la coercition sexuelle ou reproductive, et ce, malgré la nature criminelle ou le fort potentiel criminel de ces derniers (respectivement 30 % c. 10 % chez les femmes, et 22 % c. 7 % chez les hommes).

Les résultats montrent également que la police a été contactée dans une proportion moindre lorsque les gestes de violence ont été subis par des personnes de 18 à 29 ans que par celles plus âgées.

Les données recueillies dans l’enquête permettent d’évaluer le concept connu comme le « chiffre noir » de la criminalité en matière de violence entre partenaires intimes au Québec. Ce concept fait référence à l’écart entre les statistiques policières et le nombre total d’infractions criminelles, qu’elles aient été signalées à la police ou pas.

Lire l’analyse complète (PDF)


L’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le responsable de la réalisation de toutes les enquêtes statistiques d’intérêt général. La pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour la prise de décision et une source d’information incontournable pour toutes les personnes qui désirent en connaître davantage sur le Québec

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