Québec, le 9 octobre 2024. – L’Institut de la statistique du Québec diffuse aujourd’hui de nouveaux résultats et indicateurs sur les Comptes des terres du Québec méridional. Ces résultats, principalement issus de photographies aériennes, permettent d’étudier très finement des phénomènes comme l’artificialisation des terres et l’évolution des terres agricoles et des milieux naturels sur le territoire québécois.
Les résultats sont diffusés par décennies au fur et à mesure que les données sont disponibles. Aujourd’hui, nous diffusons donc les résultats des changements entre les décennies 2000 et 2010 pour les régions de l’Estrie, de Montréal, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie. Voici les faits saillants pour ces régions :
- L’Estrie fait partie des régions qui ont comptabilisé le plus de perte de terres agricoles : 87 km2 net de terres agricoles ont été perdus entre les décennies 2000 et 2010. De ces terres agricoles perdues, 16 % (14 km2) ont été artificialisées, tandis que le reste est redevenu à l’état de forêt.
- Montréal et Laval ont subi très peu de changements (respectivement + 1 km2 et + 3 km2 de surfaces artificielles entre les décennies 2000 et 2010), les surfaces artificielles y étant déjà très étendues. Les surfaces artificielles couvrent 72 % de la région de Montréal et 57 % de la région de Laval. Entre les décennies 1990 et 2000, c’est toutefois à Laval que le plus haut taux d’artificialisation (+ 18%) a été observé parmi toutes les régions du Québec.
- Lanaudière enregistre une artificialisation de + 22 km2 (+ 5 %), soit environ l’équivalent de la municipalité de Joliette. Dans cette région, 26km2 net de terres agricoles ont été perdus (– 2 %) entre les décennies 2000 et 2010.
- Les régions des Laurentides et de la Montérégie sont celles qui ont connu les plus grandes croissances de surfaces artificielles en une décennie, soit respectivement + 50 km2 et + 46 km2 (à titre comparatif, la municipalité de Mont-Saint-Hilaire couvre 45 km2). C’est aussi dans ces régions où le plus de terres agricoles ont été artificialisées : les Laurentides ont perdu 36 km2 net de terres agricoles, dont 17 km2 ont été artificialisés; la Montérégie a perdu 75 km2 net de terres agricoles, dont 33 km2 ont été artificialisés.
Ces résultats s’ajoutent aux résultats des six autres régions diffusés l’an dernier. Voici un résumé des résultats pour ces régions :
- La Capitale-Nationale se positionne parmi les régions ayant les plus fortes augmentations de surfaces artificielles (+ 41 km2) des années 2000 aux années 2010, un niveau comparable à celui des Laurentides.
- Les diminutions nettes de terres agricoles parmi les plus importantes sont en Chaudière-Appalaches (– 107 km2) et dans le Bas-Saint-Laurent (– 105 km2), principalement en raison de l’enfrichement.
- La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine enregistre peu de changements par rapport aux autres régions. L’artificialisation (11 km2) est particulièrement concentrée dans les secteurs de Gaspé, de la Baie-des-Chaleurs et de Murdochville. En revanche, 26 km2 net de terres agricoles ont été perdus dans la région.
- L’Abitibi-Témiscamingue enregistre une croissance de 23 km2 (+ 7,3 %) de surfaces artificielles entre les décennies 2000 et 2010, particulièrement dans la municipalité de Malartic. Les pertes nettes de terres agricoles (– 80 km2) sont presque toutes attribuables au phénomène d’enfrichement.
- Une artificialisation de 32 km2 a été constatée en Outaouais. L’artificialisation est bien présente dans toutes les MRC, mais les taux de croissance les plus élevés de la région sont en périphérie de Gatineau. Une perte nette de 82 km2 de terres agricoles a été observée.
Évolution générale dans les 12 régions entre les décennies 2000 et 2010
Pour l’ensemble des régions, la principale raison qui explique la diminution des terres agricoles est l’enfrichement, c’est-à-dire une forêt qui pousse sur une terre agricole qui n’est plus cultivée. Toutefois, en périphérie des centres urbains, les pertes de terres agricoles sont souvent attribuables à la croissance des surfaces artificielles.
Les régions où l’on observe les plus fortes augmentations de surfaces artificielles sont particulièrement concentrées en périphérie de Montréal et de la Capitale-Nationale. Toutefois, les municipalités où les plus fortes augmentations dans la dernière décennie ont été enregistrées sont Mirabel (+ 12,4 km2), Gatineau (+ 11,0 km2), Québec (+ 10,6 km2), Sherbrooke (+ 7,9 km2) et Lévis (+ 7,2 km2).
L’artificialisation annuelle a ralenti entre les deux périodes d’étude (des années 1990 aux années 2000 et des années 2000 aux années 2010) pour les régions de l’Estrie, de Montréal, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie, alors qu’elle s’est accélérée dans le Bas-Saint-Laurent, dans la Capitale-Nationale, en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et dans Chaudière-Appalaches.
De façon générale, les surfaces artificielles ont majoritairement augmenté au détriment des forêts, alors que les terres agricoles ont diminué en raison de l’enfrichement. Au total, ces changements combinés font que les superficies des forêts semblent demeurer stables ou augmenter.
Au cours des prochaines années, les données des cinq régions restantes seront disponibles. Abonnez-vous aux alertes courriel de l’Institut pour recevoir nos mises à jour.
Consulter :
- Le rapport par région (PDF, 18,47 Mo);
- La carte pour visualiser les changements d’un territoire;
- Les tableaux comptabilisant les surfaces artificielles par habitant dans les municipalités et les MRC du Québec.
Les comptes des terres du Québec méridional comptabilisent les superficies de couverture terrestre du Québec au sud du 52e parallèle selon leur classification : surface artificielle, terre agricole, milieu humide, forêt, ou plan ou cours d’eau intérieure. Ces comptes permettent de quantifier l’évolution de ces surfaces entre les années 1990, 2000 et 2010, en km2.
Plusieurs années sont nécessaires pour collecter et compiler les données sous-tendant les comptes des terres, soit les inventaires écoforestiers du ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Les superficies à photographier et interpréter sont immenses et les photos d’une région ne sont pas toujours toutes prises la même année, les résultats sont donc plus faciles à interpréter par décennie.
Les changements de couverture terrestre sont mesurés de la façon la plus fiable possible, selon les normes internationales de comptabilité environnementale et à l’aide de données existantes au Québec. Les résultats sont principalement issus de l’analyse de photographies aériennes et sont indépendants du zonage mis en place par les différents organismes. En d’autres mots, il s’agit de la couverture terrestre effective et non d’une affectation réglementaire.
Depuis 25 ans, l’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le responsable de la réalisation de toutes les enquêtes statistiques d’intérêt général. La pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour la prise de décision et une source d’information incontournable pour toutes les personnes qui désirent en connaître davantage sur le Québec.