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Portrait sociodémographique de la diversité sexuelle et de genre (in French only)

Faits saillants


Par Maria Daniela Aranibar Zeballos et Frédérique Lagacé
Diffusion : 
30 avril 2025

Les résultats présentés dans cette page sont tirés du Recueil statistique sur la diversité sexuelle et de genre, une compilation de statistiques provenant de diverses sources de données. Selon les sources, des informations sont parfois disponibles pour les minorités sexuelles seulement, pour les minorités de genre seulement, pour les deux groupes séparément ou pour les deux groupes ensemble.

Ce recueil est accompagné d’un document faisant état des concepts relatifs à la diversité sexuelle et de genre et de leur mesure dans les enquêtes populationnelles : Production statistique sur les personnes de minorités sexuelles ou de genre : concepts et mesures (PDF, 699 ko).

Qu’est-ce que la diversité sexuelle et de genre?

La diversité sexuelle et de genre réfère à l’ensemble des groupes caractérisés par leur orientation sexuelle, leur identité de genre et leur modalité de genre. Elle englobe ainsi les personnes de minorités sexuelles et de genre, ainsi que les personnes hétérosexuelles et cisgenres.

Les personnes de minorités sexuelles sont celles ayant déclaré une orientation sexuelle autre qu’hétérosexuelle, notamment celles ayant déclaré une orientation sexuelle lesbienne, gaie, bisexuelle, pansexuelle, queer ou bispirituelle. Les personnes hétérosexuelles sont les personnes ayant déclaré une orientation sexuelle hétérosexuelle.

Les personnes de minorités de genre réfèrent aux personnes transgenres, c’est-à-dire les personnes dont le genre (binaire) ne correspond pas au sexe qui a leur a été assigné à la naissance, ainsi qu’aux personnes non binaires, c’est-à-dire aux personnes dont le genre se situe en dehors du modèle binaire homme-femme. Les personnes cisgenres sont celles dont le genre correspond au sexe qui leur a été assigné à la naissance.

Démographie

La représentation au sein de la population québécoise

En 2019-2021, près de 261 600 personnes faisaient partie des minorités sexuelles au Québec, soit environ 3,9 % de la population de 15 ans et plus. Elles sont, en proportion, plus nombreuses chez les 15-29 ans que chez les 30 ans et plus (8 % c. 2,9 %).

En 2021, environ 17 190 personnes faisaient partie des minorités de genre, soit environ 1 personne sur 400 au sein des 15 ans et plus (0,25 %). Elles sont proportionnellement plus nombreuses chez les 15-34 ans (0,55 %) que chez les 35 ans et plus (0,13 %).

La représentation au sein de la population québécoise

Note
Télécharger le tableau (XLSX, 13 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.

Source
Statistique Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2019 à 2021, fichiers de partage. Adaptation par l'Institut de la statistique du Québec.

Source
Statistique Canada, Recensement de la population 2021, compilation spéciale, CO-2612. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

La surreprésentation des jeunes chez les personnes de minorités sexuelles et de minorités de genre pourrait avoir un effet sur certaines statistiques présentées dans cette page. Celles-ci se limitent aux relations entre deux variables et ne tiennent pas compte de l’interaction d’autres facteurs, dont l’âge.

Les personnes vivant seules

En 2019-2021, 27 % des personnes de minorités sexuelles vivaient seules, une proportion plus élevée que celle notée chez les personnes hétérosexuelles (19 %).

En 2021, 21 % des personnes de minorités de genre vivaient seules. Cette proportion est plus élevée que celle observée parmi les personnes cisgenres (19 %). C’était notamment le cas pour les personnes non binaires (32 %).

Les personnes transgenres étaient toutefois moins nombreuses que les personnes cisgenres, en proportion, à vivre seules (16 % c. 19 %).

Chart

Proportion de personnes vivant seules selon le groupe de la diversité sexuelle auquel elles appartiennent, personnes de 15 ans et plus, Québec, 2019 à 2021

Graphique présentant la proportion de personnes vivant seules selon le groupe de la diversité sexuelle auquel elles appartiennent

Note
Télécharger le tableau pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Statistique Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2019 à 2021, fichiers de partage. Adaptation par l'Institut de la statistique du Québec.

Éducation

Le niveau de scolarité

En 2019-2021, environ 40 % des personnes de minorités sexuelles âgées de 25 ans et plus avaient obtenu un grade universitaire du niveau baccalauréat ou supérieur. Elles étaient proportionnellement plus nombreuses à avoir atteint ce niveau de scolarité que les personnes hétérosexuelles (31 %).

Environ 7 % des personnes de minorités sexuelles avaient atteint un niveau d’étude inférieur à un diplôme d’études secondaires comparativement à 12 % des personnes hétérosexuelles. 

En 2021, les personnes transgenres de 15 ans et plus étaient proportionnellement moins nombreuses que les personnes cisgenres à détenir un baccalauréat ou un grade supérieur (17 % c. 24 %). À l’inverse, elles étaient proportionnellement plus nombreuses à n’avoir obtenu aucun certificat, diplôme ou grade (25 % c. 18 %).

Les personnes non binaires étaient quant à elles plus susceptibles que les personnes cisgenres de détenir un baccalauréat ou un grade supérieur (36 % c. 24 %). En contrepartie, elles étaient proportionnellement moins nombreuses que les personnes cisgenres à n’avoir obtenu aucun certificat, diplôme ou grade (12 % c. 18 %).

Chart

Le principal domaine d’études

En 2021, les personnes de minorités de genre étaient plus susceptibles que les personnes cisgenres d’avoir obtenu leur plus haute qualification dans les domaines d’études suivants :

  • Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications (7 % c. 2,4 %);
  • Sciences humaines (6 % c. 3,3 %);
  • Sciences sociales et de comportements, et droit (8 % c. 6 %);
  • Mathématiques, informatique et sciences de l’information (3,2 % c. 2,6 %).

Télécharger le tableau (XLSX, 17 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations, sur les différences significatives sur le plan statistique et sur d’autres domaines d’études.

Emploi

Le taux de chômage

En 2021, le taux de chômage des personnes de minorités de genre de 15 ans et plus était de 14 %, un taux plus élevé que celui des personnes cisgenres (8 %).

C’était le cas chez les personnes transgenres (12 %), tout comme chez les personnes non binaires (16 %).

Taux de chômage selon le groupe de la diversité de genre auquel la personne appartient, population active de 15 ans et plus dans les ménages privés, Québec, 2021

Graphique présentant le taux de chômage selon le groupe de la diversité de genre auquel la personne appartient

Note
Télécharger le tableau (XLSX, 12 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Statistique Canada, Recensement de la population de 2021, compilation spéciale, CO-2612. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Conditions de vie matérielles

Le revenu moyen

En moyenne, le revenu après impôt des personnes de minorités de genre était moins élevé que celui des personnes cisgenres en 2019 (29 200 $ c. 39 600 $) et en 2020 (32 700 $ c. 41 900 $).

C’était le cas chez les personnes transgenres (31 200 $ en 2019 et 34 600 $ en 2020), tout comme chez les personnes non binaires (25 500 $ en 2019 et 29 200 $ en 2020).

Revenu moyen après impôt selon le groupe de la diversité de genre auquel la personne appartient, personnes de 15 ans et plus dans les ménages privés, Québec, 2019 et 2020

Graphique présentant le revenu moyen après impôt selon le groupe de la diversité de genre auquel la personne appartient

Note
1. Dollars constants de 2020.
Télécharger le tableau (XLSX, 12 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Statistique Canada, Recensement de la population de 2021, compilation spéciale, CO-2612. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Le faible revenu   

En 2020, selon la mesure du faible revenu (MFR), environ 14 % des personnes de minorités de genre étaient en situation de faible revenu, une proportion plus élevée que celle observée chez les personnes cisgenres (10 %).     

C’était le cas pour les femmes transgenres (13 %) et les personnes non binaires (19 %). Quant au taux de faible revenu chez les hommes transgenres, il ne différait pas significativement de celui des personnes cisgenres.

Taux de faible revenu selon la Mesure du faible revenu (MFR) après impôt, personnes de 15 ans et plus dans les ménages privés, Québec, 2020

Graphique présentant le taux de faible revenu selon la Mesure du faible revenu (MFR) après impôt

Note
Télécharger le tableau (XLSX, 12 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Statistique Canada, Recensement de la population de 2021, compilation spéciale, CO-2612. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Vivre dans un logement acceptable

En 2021, près du tiers des personnes de minorités de genre vivaient dans un logement non acceptable, une proportion plus élevée que celle notée parmi les personnes cisgenres (34 % c. 22 %).

C’était également le cas chez les personnes transgenres (28 %), tout comme chez les personnes non binaires (44 %).

Proportion de personnes vivant dans un logement non acceptable selon le groupe de la diversité de genre auquel la personne appartient, personnes de 15 ans et plus dans les ménages privés, Québec, 2021

Graphique présentant le taux de faible revenu selon la Mesure du faible revenu (MFR) après impôt

Note
Télécharger le tableau (XLSX, 12 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Statistique Canada, Recensement de la population de 2021, compilation spéciale, CO-2612. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Santé et bien-être

Le niveau de soutien social élevé dans la famille         

En 2022-2023, parmi les élèves au secondaire, les élèves non binaires étaient moins susceptibles de ressentir un niveau de soutien élevé dans leur famille que les filles et les garçons (52 % c. 74 %)

Niveau de soutien selon le genre

Télécharger le tableau (XLSX, 11 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.

En ce qui a trait à l’attirance sexuelle, la proportion d’élèves qui ressentaient un niveau de soutien élevé dans leur famille était plus élevée parmi les garçons attirés envers les filles, ainsi que parmi les filles attirées envers les garçons, que parmi les autres garçons et les autres filles.

Chart

Proportion de garçons dont le niveau de soutien social dans la famille est élevé selon l’attirance sexuelle, élèves du secondaire de 14 ans et plus, Québec, 2022-2023

Graphique présentant la proportion de garçons dont le niveau de soutien social dans la famille est élevé selon l'attirance sexuelle de la personne

Note
1. Les catégories Garçons+ et Filles+ signifient que les personnes non binaires, soit celles dont le genre se situe en dehors du modèle binaire masculin-féminin, ont été réparties entre les garçons et les filles pour des raisons de confidentialité et de qualité.
Télécharger le tableau pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, 2022-2023.

Avoir quelqu’un sur qui compter

En 2021-2022, les personnes de minorités sexuelles étaient proportionnellement moins nombreuses à estimer qu’elles avaient souvent ou toujours quelqu’un sur qui compter en cas de besoin que les personnes hétérosexuelles.

Avoir quelqu’un sur qui compter

Télécharger le tableau (XLSX, 11 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.

La confiance envers les institutions           

En 2020, les personnes de minorités sexuelles ou de genre étaient moins susceptibles que les personnes hétérosexuelles et cisgenres d’avoir un niveau de confiance élevé dans certaines institutions, notamment :

  • les services de police (53 % c. 76 %);
  • le système scolaire (50 % c. 65 %);
  • les banques (32 % c. 52 %).

Proportion de personnes ayant un niveau de confiance élevé dans les institutions selon le type d’institution et le groupe de la diversité sexuelle et de genre auquel elles appartiennent, personnes de 15 ans et plus, Québec, 2020

Graphique présentant la proportion de personnes ayant un niveau de confiance élevé dans les institutions selon le type d’institution et le groupe de la diversité sexuelle et de genre auquel elles appartiennent

 

Note
Télécharger le tableau (XLSX, 12 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.
Source
Statistique Canada, Enquête sociale générale – Identité sociale 2020. Compilation de Statistique Canada. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Les idées suicidaires sérieuses

En 2019-2020, les personnes de minorités sexuelles étaient plus susceptibles d’avoir déjà songé sérieusement au suicide que les personnes hétérosexuelles.

  • Environ 27 % avaient déjà songé sérieusement au suicide au cours de leur vie;
  • Près de 5 % avaient déjà songé sérieusement au suicide au cours des 12 mois précédant l’enquête.

La discrimination et le traitement injuste

En 2021-2022, une part notable de personnes de minorité sexuelles et de minorités de genre estimaient avoir vécu des expériences de discrimination ou de traitement injuste dans les cinq dernières années en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité ou expression de genre.

La discrimination et le traitement injuste

Télécharger le tableau (XLSX, 13 Ko) pour des renseignements sur la précision des estimations et sur les différences significatives sur le plan statistique.

Télécharger le recueil (XLSX, 729,24 Ko)

Sources de données et indicateurs

Recensement de la population 2021

Les données démographiques, ainsi que celles sur l’éducation, l’emploi et les conditions de vie matérielles, concernant les minorités de genre sont tirées du Recensement de la population 2021, dans lequel ont été colligés des renseignements sur le sexe à la naissance et le genre auprès de l’ensemble de la population canadienne. Cela a permis de dénombrer les personnes transgenres et les personnes non binaires.

Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes

Les données portant sur l’état matrimonial et le niveau de scolarité proviennent des fichiers de partage de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes menée par Statistique Canada. Afin d’améliorer la précision des estimations, les fichiers de partage des éditions 2019, 2020 et 2021 de l’enquête ont été combinés.

Les données portant sur l’indicateur « idées suicidaires sérieuses » proviennent des fichiers de partage des éditions de 2019 et 2020 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes.

Enquête sociale canadienne

Les estimations concernant l’Enquête sociale canadienne mené par Statistique Canada sont tirées des éditions trimestrielles réalisées à partir d’avril 2021.

Les données portant sur l’indicateur « avoir quelqu’un sur qui compter » ont été colligées au moyen de deux éditions de l’enquête en 2021 (soit les éditions Bien-être, activités et perception du temps et Bien-être, travail non rémunéré et temps passé en famille) et de trois éditions en 2022 (Bien-être et relations familiales, Bien-être, valeurs partagées et confiance et Bien-être et soins donnés).

Les données portant sur l’indicateur « Discrimination et traitement injuste » ont été colligées au moyen de deux éditions de l’enquête en 2021 (soit les éditions Bien-être, activités et perception du temps et Bien-être, travail non rémunéré et temps passé en famille) et de trois éditions en 2022 (Bien-être et relations familiales, Bien-être, valeurs partagées et confiance et La qualité de vie et coût de la vie).

Enquête sociale générale – Identité sociale

Les données portant sur la confiance dans les institutions sont tirées de l’Enquête sociale générale – Identité sociale de 2020 menée par Statistique Canada.

Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire

Les données portant sur le niveau de soutien élevé dans la famille proviennent de l’Enquête sur la santé des jeunes au secondaire (EQSJS) de 2022-2023. L’ESQSJS ne permet pas d’identifier les personnes transgenres. Ainsi, l’indicateur portant sur la diversité de genre présente uniquement des données sur les personnes non binaires, et sur les filles et les garçons (cisgenres ou transgenres). De plus, l’ESQJS ne permettant pas de mesurer l’orientation sexuelle (identité sexuelle), le concept d’attirance sexuelle a été retenu afin de présenter des données sur la diversité sexuelle.

Pour obtenir des informations méthodologiques plus détaillées sur les sources de données et les indicateurs présentés dans cette page, veuillez consulter le Recueil statistique sur la diversité sexuelle et de genre.

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