Mise à jour : 9 octobre 2024
Plusieurs années sont nécessaires pour collecter et compiler les données sous-tendant les comptes des terres, soit les inventaires écoforestiers du ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Les données des années 2010 couvrent, pour l’instant, 12 des 17 régions administratives.
Les résultats du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Mauricie, de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Centre-du-Québec seront ajoutés progressivement, selon l’avancement du cinquième inventaire écoforestier.
Le Québec septentrional, soit la partie au nord du 52e parallèle, est exclu du territoire d’étude.
La mise à jour des résultats entraîne la révision et l’amélioration de certaines informations diffusées dans l’édition 2023. Il est ainsi toujours préférable de se fier aux résultats les plus à jour en téléchargeant le fichier PDF de la plus récente publication Comptes des terres du Québec méridional.
Dans cette page :
Superficie des différentes couvertures terrestres – Évolution et Faits saillants
Évolution des surfaces artificielles en fonction des superficies initiales
Évolution des surfaces artificielles et des terres agricoles
Superficie des différentes couvertures terrestres
Répartition et superficie des différentes couvertures terrestres du Québec méridional, pour les années 2010

Notes
Les changements sont déterminés sur une période d’environ 10 ans, selon les années de captations des images aériennes permettant la production des 3e, 4e et 5e inventaires écoforestiers. Les résultats de la décennie 2010 sont disponibles pour 12 des 17 régions administratives à l’heure actuelle. Les résultats pour les régions manquantes au sud du 52e parallèle seront diffusés lorsqu’ils seront disponibles.
Les résultats des années 2010 font état des changements observés pour la plupart de 2010 à 2019.
Sources
Institut de la statistique du Québec, exploitation des cartes et des données écoforestières du ministère des Ressources naturelles et des Forêts [MRNF], juillet 2023. MRNF, Système sur les découpages administratifs (SDA), janvier 2022.
Faits saillants
Des années 1990 aux années 2000, pour tout le Québec méridional
Toutes les régions du Québec ont connu une croissance des surfaces artificielles, soit une augmentation d’environ 43 km2 par année, pour un total de 571 km2 nets durant la période d’étude.
La majorité de cette artificialisation a eu lieu sur des milieux naturels (72 %) et sur des terres agricoles (environ 29 %).
Les régions où l’on observe le plus de surfaces nouvellement artificialisées sont la Montérégie, les Laurentides, l’Estrie et Lanaudière. Proportionnellement à la taille de son territoire, c’est toutefois dans la région de Laval que le taux de croissance des surfaces artificielles est le plus élevé.
Les terres agricoles ont diminué de 1 032 km2 durant la période d’étude, principalement au profit des surfaces forestières, ce qui correspond à environ 84 km2 par année. Cette mesure est indépendante du zonage.
L’enfrichement des terres agricoles combiné à l’artificialisation des milieux naturels fait que la superficie des forêts demeure relativement stable, finalement.
Plusieurs secteurs ont été ennoyés ou asséchés. Au net, on remarque une progression de 110 km2 de plans et cours d’eau intérieure, notamment en raison de la construction d’un barrage sur la Côte-Nord.
Des années 2000 aux années 2010, pour les 12 régions disponibles
Les résultats sont disponibles pour douze régions administratives et évolueront lorsque les données des autres régions seront disponibles. Ces régions sont :
- Le Bas-Saint-Laurent
- La Capitale-Nationale
- L’Estrie
- Montréal
- L’Outaouais
- L’Abitibi-Témiscamingue
- La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
- La Chaudière-Appalaches
- Laval
- Lanaudière
- Laurentides
- La Montérégie
L’artificialisation annuelle s’est établie à 30 km2 des années 2000 aux années 2010 pour les 12 régions; elle était de 34 km2 par année à la période précédente, soit des années 1990 aux années 2000. L’artificialisation annuelle a ralenti pour six régions, alors qu’elle s’est accélérée au Bas-Saint-Laurent, dans la Capitale-Nationale, en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, en Gaspésie et dans Chaudière-Appalaches.
Au total, 315 km2 de surface artificielle (terrains habités, zones industrielles et commerciales, stationnements, etc.) ont été créés des années 2000 aux années 2010, principalement au détriment des milieux naturels de ces douze régions administratives.
Une perte des terres agricoles totalisant 674 km2 a été observée, et ce, majoritairement en raison d’un phénomène d’enfrichement (forêt qui s’étend).
L’enfrichement des terres agricoles (augmentation des superficies forestières) combiné à l’artificialisation des milieux naturels (diminution des superficies forestières) fait qu’au final, la superficie des forêts demeure relativement stable.
Les résultats des années 2000 aux années 2010 seront amenés à évoluer à mesure que seront disponibles les résultats des inventaires écoforestiers.
Évolution des surfaces artificielles en fonction des superficies initiales (%)
Évolution des surfaces artificielles et des terres agricoles du Québec méridional observée entre les décennies 1990, 2000 et 2010
Évolution au détriment ou au profit des autres couvertures terrestres, par rapport à la superficie initiale de surfaces artificielles ou de terres agricoles, en pourcentage (%), par région administrative, et superficies concernées par ces changements en km2 (information fournie ci-dessous).
Les changements entre les décennies sont ajustés pour une période de 10 ans afin de faciliter la comparaison entre les régions administratives.
1990
Entre les décennies 1990 et 2000, la variation nette des surfaces artificielles des 12 régions disponibles totalise une augmentation de 7,0 % (+ 336,3 km²), dont :
- + 2,2 % au détriment des terres agricoles (+ 106,9 km²),
- + 0,5 % au détriment des milieux humides (+ 25,1 km²),
- – 0,1 % au profit des plans et cours d’eau intérieure (– 2,7 km²),
- + 4,3 % au détriment des forêts (+ 207,1 km²).
Pour la même période, la variation nette des terres agricoles des 12 régions disponibles totalise une diminution de 3,8 % (– 773,2 km²), dont :
- – 0,5 % au profit des surfaces artificielles (– 106,9 km²),
- + 0,0 % au détriment des milieux humides (+ 6,2 km²),
- – 0,0 % au profit des plans et cours d’eau intérieure (– 0,9 km²),
- – 3,3 % au profit des forêts (– 671,7 km²).
2000
Entre les décennies 2000 et 2010, la variation nette des surfaces artificielles des 12 régions disponibles totalise une augmentation de 5,6 % (+ 299,6 km²), dont :
- + 2,1 % au détriment des terres agricoles (+ 115,4 km²),
- + 0,2 % au détriment des milieux humides (+ 12,1 km²),
- – 0,1 % au profit des plans et cours d’eau intérieure (– 2,9 km²),
- + 3,3 % au détriment des forêts (+ 175,1 km²).
Pour la même période, la variation nette des terres agricoles des 12 régions disponibles totalise une diminution de 3,3 % (– 639,3 km²), dont :
- – 0,6 % au profit des surfaces artificielles (– 115,4 km²),
- – 0,0 % au profit des milieux humides (– 8,4 km²),
- – 0,0 % au profit des plans et cours d’eau intérieure (– 0,6 km²),
- – 2,7 % au profit des forêts (– 514,9 km²).
Part des milieux naturels, par région administrative, années 1990, 2000 et 2010
Notes méthodologiques
Les comptes des terres du Québec méridional ont été construits à partir d’une méthodologie originale, élaborée avec l’appui d’un groupe de travail interministériel. Ils sont basés essentiellement sur les inventaires écoforestiers du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF).
Tout d’abord, les couvertures terrestres sont attribuées aux données d’un inventaire écoforestier et aux données de l’inventaire de la période suivante. Ainsi, des cartes de couverture terrestre ont été générées pour les 3e, 4e et 5e inventaires écoforestiers. Deux cartes d’inventaires successifs sont ensuite croisées pour déterminer les changements de couverture terrestre. Puis, plusieurs méthodes de validation sont effectuées pour déterminer si les changements observés sont réels, et des sources de données complémentaires sont exploitées pour cet exercice de validation. Pour obtenir davantage de détails, consultez la méthodologie complète (PDF, 7,5 Mo).
Période, décennie ou années?
Les périodes d’analyse des données sont d’environ 10 ans. Elles suivent la collecte des photographies aériennes du MRNF. En effet, le territoire à couvrir est immense. L’acquisition des photographies se réalise uniquement lorsque la végétation est dense, ce qui limite les mois où cette activité est possible. L’année d’acquisition des photographies aériennes est à la base de notre analyse régionale.
Certaines régions administratives sont divisées en secteurs qui ne sont pas nécessairement photographiés la même année.
Par exemple, dans les années 1990, les photographies relatives à la région administrative de Montréal ont été acquises en 1994. Toutefois, celles de l’Abitibi-Témiscamingue ont été collectées, selon les secteurs, de 1991 à 1995. Dans les années 2000, les photographies de Montréal ont été acquises en 2007 (soit 13 ans après 1994), et celles de l’Abitibi-Témiscamingue, de 2003 à 2007 (soit de 12 à 14 ans plus tard).
À des fins de simplification, l’Institut de la statistique du Québec emploie l’expression « années 1990 » pour désigner la première année d’acquisition des photographies aériennes, pour chacune des régions. Il s’agit des données acquises durant le 3e inventaire écoforestier. Ces données ont été collectées de 1900 à 1999, selon les secteurs.
L’expression « années 2000 » réfère aux photographies aériennes prises durant le 4e inventaire écoforestier, bien que certains secteurs plus au nord de la province aient été observés dans le début des années 2010. La majorité des données des régions administratives sont collectées de 2000 à 2009, selon les secteurs.
L’expression « années 2010 » réfère aux photographies aériennes prises durant le 5e inventaire écoforestier, bien que certains secteurs plus au nord de la province aient été observés dans le début des années 2020. La majorité des données des régions administratives sont collectées de 2010 à 2019, selon les secteurs. Pour ne pas alourdir le texte, ces années ne sont pas précisées, mais sont disponibles dans la méthodologie complète.
L’expression « décennie 1990 » (ou période 1) désigne les changements observés entre les années 1990 et les années 2000. Suivant la même logique, « décennie 2000 » désigne les changements observés entre les années 2000 et 2010. Ces résultats sont ajustés au prorata des années sur 10 ans pour faciliter l’interprétation des statistiques. La ligne du temps ci-dessous résume certaines dates clés d’acquisition de données pour les inventaires écoforestiers.
Début décennie 1990 : Début du 3e inventaire écoforestier (1990).
Fin décennie 1990 : Fin du 3e inventaire écoforestier (1999).
Début décennie 2000 : Début du 4e inventaire écoforestier pour la plupart des régions (2000).
2011-2015 : 4e inventaire écoforestier pour certaines portions du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec.
2011 : Début du 5e inventaire écoforestier pour la plupart des régions.
2021 : 5e inventaire pour le nord du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
2023-2024 : 5e inventaire pour le Nord-du Québec et la Côte-Nord.
De plus, un exercice d’attribution d’année principale par région administrative est effectué pour faciliter l’interprétation des résultats. Cette année représente celle où les photographies aériennes des portions plus importantes des régions sont acquises. Ces années sont notamment utilisées dans les tableaux des comptes des terres et des matrices de changement.
Formules employées
L’évolution des surfaces artificielles (ou des terres agricoles) désigne le taux de variation de ces surfaces perdues ou gagnées au profit ou au détriment d'autres classes de couvertures terrestres, entre deux décennies. Selon les régions, de 9 à 15 années séparent les captations des photographies aériennes entre les différents inventaires écoforestiers. L’évolution est donc adaptée sur 10 ans au prorata des années. Ces évolutions sont obtenues par les formules suivantes :
Où :
- Le changement net désigne le changement de couverture terrestre vers une autre (surface artificielle, terre agricole, milieu humide, plan et cours d’eau intérieure ou forêt);
- La superficie en début de période représente le stock de surface artificielle ou de terre agricole en début de période;
- AnnéeT1 désigne l’année où la prise des photographies aériennes s’est terminée;
- AnnéeT0 désigne l’année où la prise des photographies aériennes a débuté.
La part des milieux naturels sur la surface terrestre, quant à elle, est mesurée de la façon suivante :
Où les différents types de surfaces sont mesurés en km2.
Définitions des types de couverture terrestre
Milieux anthropiques
Les surfaces artificielles sont des milieux fortement influencés par l’activité humaine en raison des aménagements. Celles-ci comprennent notamment :
- les terrains habités « et les espaces verts associés »;
- les zones industrielles et commerciales;
- les infrastructures de transport et les stationnements;
- les mines (y compris les tourbières exploitées);
- les lieux d’enfouissement technique;
- les établissements de production agricole intérieure (comme les fermes porcines ou les serres);
- les centres de villégiature et de loisir (comme les centres de ski et les golfs).
Ainsi, bien qu’il s’agisse souvent de surfaces où les sols sont artificialisés, ces surfaces peuvent toutefois être partiellement végétalisées. Par exemple, les surfaces gazonnées d’un parc urbain, les verts d’un golf ou les pistes de ski alpin sont considérés comme des surfaces artificielles. Toutefois, les zones boisées des parcs, des golfs et des centres de ski (comme les sous-bois) sont considérées séparément comme des surfaces naturelles.
Les transitions de surfaces artificielles vers des milieux naturels ou des terres agricoles sont rares, mais demeurent possibles. Par exemple, un camping abandonné peut redevenir un milieu naturel, et on peut renaturaliser d’anciens secteurs industriels.
Exemples de surfaces artificielles, vue satellitaire




Google Earth Pro, Québec méridional. Landsat et Copernicus. Octobre 2022.
Les terres agricoles sont des terrains utilisés pour des cultures végétales. Elles regroupent les terrains servant à la culture, au pâturage, à la jachère, les boisés, les marécages et les marais utiles à la production agricole. Sont exclus les bâtiments et les productions intérieures, comme les fermes porcines et les élevages de volaille. Si une production agricole regroupe à la fois des bâtiments et des pâturages, soit des espaces extérieurs et des bâtiments, leurs superficies respectives seront catégorisées séparément. Par exemple, une ferme laitière où il y a un espace consacré à la culture du foin et des granges comprendra une superficie de terre agricole et une superficie de surface artificielle.
Exemple de terres agricoles, vue satellitaire


Source
Google Earth Pro, Québec méridional. Landsat et Copernicus. Octobre 2022.
Milieux naturels
Selon le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), « les milieux humides constituent l’ensemble des sites saturés d’eau ou inondés pendant une période suffisamment longue pour influencer la nature du sol ou la composition de la végétation ». En font partie, entre autres, « les marais, les marécages, les tourbières et les étangs ». Les milieux humides remplissent plusieurs fonctions écologiques, comme la filtration et la rétention de l’eau, en plus d’abriter plusieurs espèces animales et végétales.
Ces milieux sont identifiés à l’aide de la capacité du drainage du sol. Pour cette raison, les milieux humides identifiés dans les comptes des terres peuvent ne pas correspondre intégralement à l’identification de milieux humides potentiels réalisée par le MELCCFP. Les comptes des terres distinguent deux catégories de milieux humides : « forestier » et « herbacé ou arbustif ».
- Milieux humides forestiers : les milieux humides forestiers sont des milieux humides densément boisés. Plus précisément, ils correspondent aux milieux humides considérés comme ayant « un potentiel d’exploitation forestière de produire 30 m3 ou plus de matière ligneuse à l’hectare en moins de 120 ans », selon le MRNF.
- Milieux humides herbacés ou arbustifs : ces milieux humides n’offrent pas de potentiel d’exploitation forestière.
Exemples de photographies de milieux humides
Source
Claude Matteau, Flickr.
Source
Robert Warren, Flickr.
Source
Denis Chabot, Le monde en images, CCDMD.
Note
Les milieux humides ne peuvent pas être distingués des forêts par vue aérienne.
Les plans et cours d’eau intérieure comprennent les lacs, les rivières, le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Saint-Laurent. Les transitions entre l’eau et les autres couvertures terrestres sont rares. Elles peuvent toutefois survenir, par exemple, dans le cas de barrages anthropiques ou de castors, ou bien de création de lacs artificiels. Les zones inondées de façon temporaire sont exclues de cette catégorie.
Les forêts sont les « écosystèmes où prédominent des arbres ». Les forêts peuvent être réparties en quatre catégories, selon leur couvert et l’essence prédominante :
- Forêt de conifères à couvert fermé;
- Forêt de feuillus à couvert fermé;
- Forêt mixte (conifères et feuillus) à couvert fermé;
- Forêt à couvert ouvert, sans distinction des essences.
Le couvert forestier fait référence à la vue qu’offrent les forêts à partir des airs, c’est-à-dire « l’écran plus ou moins continu de branches et de feuillage formé par l’ensemble des cimes des arbres d’un peuplement ».
Exemple de forêts, vue satellitaire



La troisième photographie présente une ligne de transport d'énergie.
Source
Google Earth Pro, Québec méridional. Landsat et Copernicus. Octobre 2022.
Produits connexes
Carte interactive des comptes des terres du Québec méridional
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