Diffusion : 13 mai 2026
En 2025, le solde migratoire total du Québec, qui tient compte des migrations internationales et interprovinciales, est estimé à – 7 150 personnes selon les données provisoires. Ce solde négatif signifie que pour une rare fois, les départs vers l’extérieur du Québec auraient surpassé les arrivées.
Le contraste est marqué avec les forts gains migratoires des années 2022-2024 (entre 127 000 et 166 000 personnes annuellement). Ces gains des années postpandémiques ont découlé d’une hausse majeure des migrations internationales, et plus spécifiquement de l’immigration temporaire.
Migrations internationales et interprovinciales, Québec, 2000-2025
Note
Données détaillées disponibles dans le tableau Migrations internationales et interprovinciales.
Source
Statistique Canada, Estimations démographiques (mars 2026). Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.
Une année marquée par la baisse de l’immigration temporaire
Le nombre de résidents non permanents (RNP) présents au Québec aurait diminué en 2025 (– 51 400 personnes), d’où la chute du solde migratoire. Les RNP sont principalement des travailleurs étrangers temporaires, des étudiants internationaux et des demandeurs d’asile.
La réduction de leur nombre en 2025 concerne plus spécifiquement les titulaires de permis de travail et d’études, puisque le nombre de demandeurs d’asile a continué d’augmenter. Au 1er janvier 2026, le nombre total de RNP est estimé à 514 000 personnes, soit un peu moins de 6 % de la population.
Effectifs de résidents non permanents selon le type, Québec, 1er juillet 2021 au 1er janvier 2026
Notes
La catégorie des demandeurs d’asile comprend également les personnes protégées et les groupes apparentés. Les personnes dans cette catégorie peuvent également être titulaires d’un permis de travail ou d’études. La catégorie « Autres » comprend principalement les membres de la famille qui accompagnent les titulaires de permis. Elle comprend aussi les titulaires de permis de séjour temporaire non compris ailleurs.
Données détaillées disponibles dans le tableau Résidents non permanents selon le type, par trimestre, Québec et Canada.
Source
Statistique Canada, Estimations démographiques (mars 2026). Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.
Contrairement à l’immigration temporaire, l’immigration permanente n’a pas connu de baisse en 2025. En effet, environ 60 150 immigrants ont été admis à titre de résidents permanents, soit un peu plus qu’en 2024 (59 450). Les admissions de la dernière année surpassent aussi celles de toute autre année, à l’exception de 2022 (68 700).
En 2025, 59 % des nouveaux immigrants permanents admis au Québec ont déjà eu le statut de RNP. Cette part a augmenté au cours des dernières années avec la hausse de l’immigration temporaire; elle tournait autour de 20 % au début de la décennie 2010.
Une tendance particulièrement marquée dans le reste du Canada
Dans le reste du Canada, le solde des migrations internationales serait devenu négatif en 2025, après avoir atteint des sommets encore plus élevés qu’au Québec au cours des années précédentes. Cette rupture s’explique là aussi principalement par un recul marqué de l’immigration temporaire.
Les demandeurs d’asile sont davantage représentés au Québec qu’au Canada
Les travailleurs temporaires ont diminué dans toutes les provinces en 2025, mais continuent de représenter plus de la moitié des RNP partout, sauf au Québec. Les étudiants internationaux sont également moins représentés au Québec qu’ailleurs au Canada, contrairement aux demandeurs d’asile, qui le sont davantage.
Il en résulte que selon l’estimation au 1er janvier 2026, le Québec compterait 37 % des demandeurs d’asile présents au Canada, 14 % des travailleurs temporaires et 14 % des étudiants internationaux.
L’immigration économique
Parmi les immigrants permanents admis en 2025, l’immigration économique forme le groupe le plus important et comprend 70 % d’entre eux. La catégorie « regroupement familial » représente 17 % des admissions, et celle des « réfugiés et personnes en situation semblable » en regroupe 11 %.
Le Cameroun se maintient en tête des pays d’origine des immigrants permanents
Le Cameroun (16 %) arrive pour une deuxième année consécutive en tête des pays d’origine des immigrants permanents en 2025. La France suit de près (15 %), puis viennent l’Algérie (7 %), la Tunisie (7 %) et le Maroc (6 %).
Les pertes migratoires interprovinciales demeurent modérées
Les échanges migratoires avec les autres provinces sont demeurés une source de perte pour le Québec en 2025. Le déficit est estimé à – 7 600 personnes, alors qu’il était de – 3 400 personnes en 2024. Bien qu’elles se soient accrues dans la dernière année, les pertes demeurent modérées en regard des niveaux passés. Elles sont notamment moindres qu’au milieu des années 2010, où elles atteignaient environ – 14 000 personnes.
Le Québec demeure surtout déficitaire dans ses échanges migratoires avec l’Ontario et, dans une moindre mesure, avec l’Alberta (soldes respectifs de – 4 900 et de – 1 400 personnes en 2025). Les échanges avec la plupart des autres provinces ont aussi engendré des pertes, mais de moindre ampleur. Le Nouveau‑Brunswick est la seule province par rapport à laquelle des gains non négligeables ont été faits (900 personnes).
Solde migratoire entre le Québec et les autres provinces et les territoires du Canada, 1986-2025
Note
Données détaillées disponibles dans le tableau Migrations entre le Québec et les autres provinces canadiennes.
Source
Statistique Canada, Estimations démographiques (mars 2026). Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.
Depuis quelques années, un renversement de tendance s'observe dans la migration interprovinciale des immigrants admis récemment à titre de résidents permanents. Les pertes nettes du passé ont fait place à des gains depuis la cohorte admise en 2020, et les gains semblent s'accentuer depuis.
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