Chargement

Espèces exotiques envahissantes

L’indice d’introduction de nouvelles espèces exotiques envahissantes (EEE) permet de suivre l’évolution du taux d’introduction et l’établissement des EEE au Québec. L’indice d’introduction dénote un état global mauvais (0,48) en 2023, une tendance qui perdure depuis 2016, première année du calcul de l’indicateur. Bien qu’une légère amélioration de l’indice soit observée en 2021, la diminution du nombre de nouvelles espèces introduites n’a pas été suffisamment marquée pour entraîner une amélioration de l’état de l’indicateur.

Au total, il y a eu 16 nouvelles EEE introduites au Québec entre 2006 et 2023, une progression relativement régulière depuis 2006, à raison de près d’une nouvelle introduction par année.

Analyses par type d’EEE

EEE fauniques aquatiques

Au cours des dernières années, plusieurs EEE fauniques aquatiques, comme le crapet vert (Lepomis cyanellus), la crevette rouge sang (Hemimysis anomala), la petite corbeille d’Asie (Corbicula fluminea), le cladocère épineux (Bythotrephes longimanus), la puce d’eau en hameçon (Cercopagis pengoi) et le gobie à nez tubulaire (Proterorhinus semilunaris) ont été introduites au Québec. Certaines étaient établies dans les Grands Lacs et ont pu se propager vers le Québec via le fleuve Saint-Laurent. Le gobie à nez tubulaire (Proterorhinus semilunaris), par exemple, est présent dans les Grands Lacs depuis les années 1990 et a été observé pour la première fois en 2022 dans le lac Saint-François et en 2024 dans le lac Saint-Louis.

EEE floristiques

Depuis 2006, 4 nouvelles EEE floristiques ont été ajoutées à la liste des espèces établies au Québec. Il s’agit du grand pétasite (Petasites hybridus), du lamier jaune (Lamium galeobdolon), du pétasite du Japon (Petasites japonicus) et du stratiote faux-aloès (Stratiotes aloides). Ce dernier est une plante aquatique vivace dont les seules colonies observées en milieu naturel au Québec se trouvent dans la rivière des Outaouais (baie de Carillon). Les trois autres espèces se trouvent occasionnellement sur le territoire et colonisent les milieux terrestres ou riverains.

EEE fauniques terrestres

Aucune nouvelle EEE faunique terrestre, ce qui comprend les mammifères, les oiseaux et les reptiles, n’a été ajoutée à la liste des espèces établies depuis 2006. Bien que certaines EEE fauniques terrestres soient observées en milieu naturel, aucune preuve de reproduction n’a été constatée à ce jour.

Au Québec, comme ailleurs dans le monde, les EEE comptent parmi les plus importantes menaces pour la biodiversité. Qui plus est, il est probable que les changements climatiques confèrent aux EEE certains avantages adaptatifs par rapport aux espèces indigènes et qu’ils favorisent la propagation et la virulence de certaines maladies de la faune ou de la flore. Il est toutefois difficile d’évaluer les effets des changements climatiques sur la dispersion de chaque EEE et sur leurs éventuels effets écologiques.

Indice d’introduction de nouvelles espèces exotiques envahissantes, Québec, 2016 à 2023

Indice d’introduction de nouvelles espèces exotiques envahissantes, Québec, 2016 à 2023

Note
Comme la compilation de l’indice d’introduction de nouvelles espèces exotiques envahissantes repose sur un historique de 10 ans et que les données disponibles couvrent la période de 2006 à 2023, cet indicateur n’est disponible qu’à partir de 2016.

Sources
Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Ministère des Ressources naturelles et des Forêts.

Compilation
Institut de la statistique du Québec.

Graphique

Définitions et concepts

L’indice d’introduction de nouvelles espèces exotiques envahissantes (EEE) a été construit dans le but de montrer une augmentation ou une diminution du taux d’introduction des EEE sur le territoire québécois. Cet indice suit l’évolution du taux d’introduction et l’établissement des nouvelles EEE au Québec à partir de 2016. Il mesure l’accroissement quinquennal du nombre de nouvelles EEE considérées comme établies au Québec et tient compte de l’évolution de ce nombre d’une décennie à l’autre.

Espèce exotique : espèce non endémique, exogène, allochtone ou non indigène d’une région biogéographique donnée, historiquement réputée comme initialement absente ou non originaire de cette région.

Espèce envahissante : espèce dont la propagation constitue une menace réelle ou potentielle pour l’environnement, l’économie ou la société.

Espèce établie (au Québec) : espèce observée au Québec de manière récurrente, dont les observations sont confirmées ou crédibles et pour laquelle il y a des preuves ou de bonnes raisons de croire que les individus survivent et se reproduisent de manière autonome de sorte à former une population.

Espèce prise en compte : espèce faunique ou floristique, à l’exclusion des espèces marines et des espèces dont la nuisance touche essentiellement l’agriculture. Les bactéries, les champignons, les maladies et les virus sont également exclus.

L’année correspond à la première année où l’espèce est considérée comme établie au Québec.

Collecte des données et surveillance

Espèces floristiques

La surveillance des plantes envahissantes est assurée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), en collaboration avec divers organismes régionaux (municipalités, organismes environnementaux) et citoyens pour observer ces espèces dans les milieux naturels.

Espèces fauniques aquatiques et terrestres

Les nouvelles observations proviennent d’échantillonnages scientifiques effectués par le gouvernement, de la littérature scientifique, d’organismes environnementaux et d’autres partenaires. Elles proviennent aussi des permis pour la capture d’animaux sauvages à des fins scientifiques, éducatives ou de gestion de la faune (SEG) et de mentions du public. Les données recueillies sont vérifiées par les secteurs responsables, qui confirment les identifications et assurent la crédibilité des mentions.

Insectes

La détection des insectes est réalisée au moyen de réseaux d’observation et de piégeage partagés entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral.

Calcul

Le calcul de l’indice est effectué à chaque pas de temps (5 ans) et suit l’évolution du nombre d’EEE sur 10 ans. Ce suivi à long terme est essentiel, car l’établissement d’une population (faunique ou floristique) prend du temps et a souvent des effets en cascade importants qui peuvent mettre des années à se manifester.

L’indice permet ainsi de suivre l’évolution du rythme auquel de nouvelles EEE sont introduites au Québec, en tenant compte de l’échelle temporelle sur laquelle ces événements se produisent.

Le total d’EEE nouvellement présentes (P) est calculé pour chaque année. À partir du nombre d’EEE présentes à chaque quinquennat (PQ), il est alors possible d’obtenir un facteur d’invasion (u) d’un quinquennat (PQt-5) à l’autre (PQt) avec la formule : U = log 10((PQt – PQt-5)+1).

L’utilisation du logarithme permet d’exprimer l’indicateur en pourcentage relatif, ce qui facilite les comparaisons.

Finalement, l’indice d’introduction est calculé en divisant par deux la somme de Ut et de  (Ut–5)/2 , afin d’imposer une codépendance entre l’état actuel et l’état passé, puisque les effets cumulés de nouvelles introductions peuvent se prolonger minimalement sur une décennie.

Interprétation de l’indice

L’indice varie entre 0 et 1, avec quatre seuils arbitraires établis (0,15; 0,30; 0,45; 0,60) permettant de classer la situation en cinq catégories : bon, intermédiaire-bon, intermédiaire, intermédiaire-mauvais, et mauvais. Ces seuils facilitent la compréhension de l’état de la situation et pourront aider à évaluer les résultats des efforts de gestion.

Échelle d’interprétation des seuils

Seuil Interprétation
0 Bon
0,001- 0,150 Intermédiaire-bon
0,151- 0,300 Intermédiaire
0,301- 0,45 Intermédiaire-mauvais
0,451- 0,600 Mauvais
Source
Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

Précautions 

L’indice complète la présentation du nombre d’EEE qui s’ajoutent chaque année. En effet, le nombre d’EEE peut être très volatil et ne tient pas compte du taux d’introduction des années précédentes. La découverte des EEE est influencée par la quantité et le type d’efforts de détection mis en œuvre par les ministères et autres organismes faisant de la surveillance. Elle est aussi influencée par la vigilance du public, conditionnée par les campagnes d’information et de sensibilisation.

L’établissement de certaines EEE n’est parfois constaté que plusieurs années après leur introduction réelle (p. ex. insectes) et sa confirmation peut prendre encore un certain temps. Par conséquent, l’inclusion de nouvelles EEE dans le calcul de l’indice peut être faite rétroactivement, à partir de l’année d’établissement confirmé ou hypothétique la plus probable de l’espèce. Par ailleurs, une espèce qui n’était pas une menace réelle ou potentielle à un moment donné pourrait le devenir (notamment en raison des changements climatiques) et ainsi être comptabilisée dans l’indice rétroactivement.

Dans le cas des insectes, il est fort probable que l’année réelle d’introduction demeure inconnue. Dans une telle situation, c’est l’année de la première découverte qui est inscrite (la découverte suppose en effet que l’insecte est déjà bien établi). Les espèces floristiques sont, quant à elles, considérées comme établies dès l’année de la première mention documentée de leur présence dans la nature.

En conclusion, l’identification des EEE est teintée d’un certain degré d’incertitude, car les connaissances à leur égard ne sont pas toujours disponibles (établissement réel ou non, date d’introduction, etc.). Les résultats de l’indice doivent donc être interprétés avec prudence.

Indicateur
Indice d’introduction des espèces exotiques envahissantes

Aspects de la Stratégie gouvernementale de développement durable 2023‑2028 auxquels se rapporte l'indicateur :

Illustration représentant une feuill dans un coeur. Orientation 2 – Agir en faveur de la nature et pour la santé

Objectif 2.1 – Conserver la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes

Sous-objectif 2.1.2 – Améliorer l'état de situation des espèces fauniques et floristiques du Québec

Cible

Suivi de la progression

Résultat en 2023 : état global mauvais (0,48).

Concordance avec les objectifs de développement durable 2030 des Nations Unies

Vie terrestre. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques.

Dernière mise à jour : 30 avril 2025
Évaluation de page
L'information sur cette page vous a-t-elle été utile?