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Évolution du revenu disponible par habitant en 2023 au Québec ainsi que dans ses régions et ses MRC (in French only)

Par Marcus Fraga et Stéphane Ladouceur, Direction des statistiques sectorielles et du développement durable
Diffusion : 3 juin 2025

Dans cette page :

Précisions méthodologiques et informations complémentaires

  • Qu’est-ce que le revenu disponible par habitant selon la comptabilité nationale 
  • Les estimations de l’année la plus récente doivent être interprétées avec une certaine prudence
  • Glossaire du revenu disponible

Évolution du revenu disponible au Québec et au Canada

Selon les données provisoires, le revenu disponible par habitant a crû au Québec, en dollars courants, de 2,0 % en 2023. Il s’agit d’un taux de croissance nettement inférieur à celui enregistré en 2022 (+ 5,4 %). D’une part, ce ralentissement de la croissance est attribuable à une augmentation plus lente de la rémunération des salariés après deux années de fortes hausses de cette principale composante du revenu disponible. D’autre part, il résulte de la baisse des transferts courants versés aux particuliers par l’administration publique provinciale, qui s’explique par la fin des différentes mesures d’aide qui avaient été mises en place exceptionnellement en 2022 en réponse à la hausse marquée du coût de la vie.

En parallèle, l’inflation est demeurée supérieure à la moyenne des 25 dernières années au Québec : l’indice implicite des prix des dépenses de consommation finale des ménages ayant augmenté en 2023 de 3,9 %, après une hausse de 5,5 % observée un an plus tôt. Cela signifie qu’en termes réels, c’est-à-dire lorsque l’on exclut les variations de prix, le revenu disponible par habitant a diminué dans la province de 1,8 % en 2023. Ce repli fait suite à deux années de relative stabilité (0,0 % en 2021 et – 0,1 % en 2022).

Au Canada, le recul de 1,3 % du revenu disponible par habitant, en termes réels, a été moins marqué qu’au Québec en 2023, et ce, sous l’effet combiné d’une hausse un peu plus lente de l’indice implicite des prix des dépenses de consommation finale des ménages et de la reprise de la croissance des transferts gouvernementaux versés aux particuliers après une année de repli. Il s’agit néanmoins pour le Canada d’une deuxième baisse de suite de plus de 1,0 % du revenu disponible et de la troisième diminution consécutive. Il faut d’ailleurs remonter au début des années 1990, au moment où l’ensemble du pays traversait une importante récession économique marquée par une forte inflation, pour voir un recul de cet ordre deux années d’affilée.

Toujours selon les estimations préliminaires, le revenu disponible s’élève en 2023 dans l’ensemble du Canada à 39 638 $ par habitant, soit un niveau supérieur à celui du Québec (36 531 $).

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Portrait à l’échelle des régions administratives

La croissance du revenu disponible par habitant, exprimée en dollars courants, a été moins importante en 2023 qu’en 2022 dans les 17 régions administratives que compte le Québec. Dans neuf d’entre-elles, la hausse a même été inférieure à celle de l’ensemble de la province. C’est le cas de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent, qui enregistrent les augmentations les plus modestes (+ 0,9 %) en raison d’une croissance plus faible qu’ailleurs de la rémunération des salariés. Dans le cas du Bas-Saint-Laurent, il faut remonter à 2017 pour voir cette région présenter une augmentation supérieure à celle observée au Québec.

En revanche, la région de l’Outaouais est celle qui a connu la plus forte hausse (+ 3,4 %) en 2023, stimulée entre autres par l’accroissement marqué de la rémunération des salariés. Le paiement rétroactif des salaires versé en vertu des nouvelles conventions collectives conclues dans la fonction publique du Canada en 2023 semble avoir contribué à la progression de la rémunération des salariés dans cette région, laquelle compte un nombre relativement important de fonctionnaires fédéraux.

Pour une huitième année d’affilée, c’est la Montérégie qui affiche le revenu disponible par habitant le plus élevé en 2023. Viennent ensuite les régions des Laurentides, de Montréal, de la Capitale-Nationale, de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Côte-Nord, lesquelles présentent aussi un revenu disponible de plus de 36 600 $ par habitant, soit un niveau supérieur à celui de l’ensemble du Québec. À l’inverse, c’est dans le Bas-Saint-Laurent et en Mauricie qu’il demeure le plus bas. Dans ces deux régions, les revenus primaires, qui comprennent à la fois la rémunération des salariés, le revenu mixte net et le revenu net de la propriété, tendent à y être nettement moins élevés que dans l’ensemble du Québec.

Aperçu à l’échelle des MRC

Selon les estimations provisoires, le revenu disponible par habitant a continué de croître, en dollars courants, dans 97 des 104 MRC du Québec en 2023. Toutefois, dans la vaste majorité de celles-ci, l’augmentation fut plus lente qu’en 2022.

Parmi les nombreuses MRC qui ont connu une hausse en 2023, sept se distinguent avec un taux de croissance de 4,0 % ou plus, ce qui constitue une augmentation nettement supérieure à celle observée dans l’ensemble du Québec. C’est le cas de la MRC de Rouville, en Montérégie (+ 5,0 %), qui connaît la croissance la plus importante de la province, stimulée notamment par la progression marquée du revenu net de la propriété ainsi que du revenu net des travailleurs et travailleuses autonomes.

À l’opposé, la baisse la plus importante en 2023 a été enregistrée dans la MRC d’Acton, où le revenu disponible a reculé de 1,5 %, et ce, après avoir connu une hausse remarquable de 7,0 % un an plus tôt. La chute marquée du revenu agricole net explique en bonne partie la diminution observée dans cette MRC de la Montérégie. Outre Acton, cinq autres MRC ont subi une baisse du revenu disponible par habitant. Parmi celles-ci, trois sont situées en Chaudière-Appalaches, soit Beauce-Centre (– 1,4 %), Les Etchemins (– 0,7 %) et Les Appalaches (– 0,5 %).

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Par ailleurs, la MRC Caniapiscau, dont l’économie repose en bonne partie sur l’exploitation minière, continue de présenter le revenu disponible par habitant de loin le plus élevé (48 415 $) du Québec. Elle est suivie par les Pays-d’en-Haut, où il s’établit à 46 826 $. Les personnes qui habitent dans cette MRC de la région des Laurentides se distinguent en ayant en moyenne des revenus nets de la propriété largement plus élevés que dans l’ensemble de la province.

Plusieurs MRC situées en périphérie de Montréal et de Québec tendent aussi à afficher un revenu disponible par habitant élevé. C’est le cas de La Vallée-du-Richelieu (41 631 $) et de Thérèse-De Blainville (40 900 $), autour de l’île de Montréal, ainsi que de La Jacques-Cartier (43 428 $) et de L’Île-d’Orléans (41 494 $), à proximité de Québec. Quoiqu’inférieur à celui de plusieurs MRC avoisinantes, le revenu disponible des MRC de Montréal (37 576 $) et de Québec (37 082 $) continue de se maintenir au-dessus de celui de l’ensemble du Québec.

En revanche, 77 MRC montrent un revenu disponible par habitant inférieur à celui de l’ensemble de la province. De ce nombre, trois territoires supralocaux présentent un revenu disponible qui ne dépasse pas les 30 000 $ par habitant, soit Pontiac, en Outaouais, Les Sources, en Estrie et le territoire de l’Administration régionale Kativik, dans le Nord-du-Québec. Dans cette dernière MRC, le faible niveau de revenu est attribuable, entre autres, à la forte proportion de jeunes de moins de 18 ans, lesquels sont moins susceptibles d’avoir des revenus d’emploi ou de recevoir des prestations sociales que les personnes des autres groupes d’âge. Quant aux MRC de Pontiac et des Sources, le revenu disponible y est moins élevé étant donné que, d’une part, la proportion de personnes qui occupent un emploi y est plus faible selon les dernières estimations du taux de travailleurs et que, d’autre part, les revenus primaires y sont plus bas que dans l’ensemble du Québec.

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Quelques précisions méthodologiques

Qu’est-ce que le revenu disponible par habitant selon la comptabilité nationale

Le revenu disponible par habitant représente le montant moyen qui reste à la disposition des particuliers pour la consommation finale de biens et de services ainsi que pour l’épargne volontaire. Plus précisément, le revenu disponible est un agrégat du secteur des ménages du Système des comptes macroéconomiques. Pour obtenir le revenu disponible par habitant, on additionne d’abord tous les revenus des personnes qui résident dans un territoire donné, tels que la rémunération des salariés, le revenu net des entreprises individuelles, les revenus nets de la propriété et les prestations sociales. On soustrait ensuite les transferts payés par ceux-ci aux secteurs institutionnels, dont l’impôt sur le revenu des particuliers, les cotisations aux régimes d’assurance sociale ainsi que les cotisations payées par les employés à un régime de retraite à prestations et à cotisations déterminées. Puis, on divise par l’ensemble de la population du territoire, tous âges confondus.

Composition du revenu disponible selon le Système des comptes macroéconomiques

Formule de calcul du revenu disponible.

1. Les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) comprennent, entre autres, les œuvres de bienfaisance et les organisations de secours ou d’assistance créées à des fins philanthropiques.
2. Les transferts payés aux sociétés financières comprennent les cotisations aux régimes de retraite à prestations et à cotisations déterminées.

Source
Institut de la statistique du Québec.

Il faut souligner que les transferts sociaux en nature, soit les biens et services fournis gratuitement ou à faible coût à la population par les administrations publiques, tels que les soins médicaux et les services éducatifs, ne sont pas pris en compte dans le revenu disponible. Les estimations sur le revenu disponible par habitant ne tiennent pas compte également des différences du coût de la vie entre les territoires, notamment en termes de coûts de transport ou de logement.

Statistique Canada est responsable des estimations annuelles provinciales, territoriales et canadiennes sur le revenu disponible. À partir des estimations pour le Québec réalisées par l’agence fédérale, l’Institut de la statistique du Québec produit, pour sa part, les estimations à l’échelle des 17 régions administratives et des 104 MRC de la province. Ces deux organismes statistiques s’appuient sur les normes internationales en matière de comptabilité macroéconomique ainsi que sur une multitude de sources, dont les données administratives, pour produire leurs estimations annuelles.

Les estimations de l’année la plus récente doivent être interprétées avec une certaine prudence

Les estimations sur le revenu disponible par habitant sont révisées régulièrement afin qu’y soient intégrées les données les plus complètes provenant de différentes sources (données administratives, comptes publics, etc.). Tant le numérateur (revenu disponible) que le dénominateur (estimation de la population totale) sont sujets à des révisions. Généralement, au moment de la publication des données de l’année la plus récente, les estimations des deux années précédentes sont révisées. Les estimations de l’année la plus récente sont d’ailleurs sujettes à des révisions de plus grande ampleur étant donné qu’elles reposent, en bonne partie, sur des données provisoires. Ces révisions peuvent entraîner des changements non négligeables sur les taux de croissance du revenu disponible par habitant. Par exemple, pour le Québec, les estimations révisées par Statistique Canada indiquent une baisse réelle de 0,1 % du revenu disponible par habitant pour l’année de référence 2022, tandis que les estimations provisoires pointaient plutôt vers une hausse de 1,8 %. Au Canada, le taux de variation du revenu disponible pour l’année 2022, exprimé en termes réels, a également été révisé quoique de façon moins marquée qu’au Québec, soit de 0,2 point de pourcentage, passant de – 1,9 % (données provisoires) à – 2,1 % (données révisées).

Variations annuelles du revenu disponible par habitant, en termes réels, selon les estimations révisées et provisoires, provinces et Canada, 2022

Figure illustrant le texte présenté plus haut.

Sources
Statistique Canada, Comptes économiques provinciaux et territoriaux et Estimations démographiques. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

L’ensemble des régions administratives québécoises ont également vu leur taux de croissance du revenu disponible, exprimé en dollars courants, être révisé à la baisse en 2022. Les révisions les plus marquées ont été enregistrées à Montréal et en Montérégie. Dans ces deux régions, le taux de croissance a été révisé à la baisse de plus de deux points de pourcentage.

Variations annuelles du revenu disponible par habitant, en dollars courants, selon les estimations révisées et provisoires des régions administratives, 2022

Figure illustrant le texte présenté plus haut.

Sources
Institut de la statistique du Québec, ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, ministère de l’Enseignement supérieur, Office de la sécurité économique des chasseurs cris, Retraite Québec, Revenu Québec, Services aux Autochtones Canada, Société de l’assurance automobile du Québec, Société d’habitation du Québec et Statistique Canada.

Par conséquent, une certaine prudence est de mise dans l’analyse de l’évolution récente du revenu disponible par habitant, tant à l’échelle des provinces qu’à l’échelle des régions administratives et des MRC.

Glossaire >>>

Tableaux détaillés

Revenu disponible et ses principales composantes, Canada, provinces et territoires

Taux de croissance annuel du revenu disponible par habitant, en termes réels, Canada, provinces et territoires

Revenu disponible et ses composantes par régions administratives et ensemble du Québec

Revenu disponible par habitant, MRC et ensemble du Québec

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