Diffusion : 20 mai 2026
Dans l’Enquête québécoise sur la perception de la pauvreté 2024 (EQPP 2024), on s’est intéressé pour la première fois au Québec aux préjugés envers les personnes en situation de pauvreté selon :
- les croyances quant aux causes de la pauvreté;
- les attitudes envers les personnes pauvres.
Les personnes devaient répondre aux questions sur leurs croyances et leurs attitudes selon leur conception de ce qu’est une personne pauvre ou en situation de pauvreté.
Des croyances variées quant aux causes de la pauvreté
Environ 38 % de la population de 18 ans et plus croient plutôt fortement ou fortement que la pauvreté est causée par des facteurs structuraux (p. ex. que les personnes sont pauvres en raison d’une répartition inégale de la richesse ou d’un manque de justice sociale, ou parce qu’elles sont exploitées par les riches). Cette proportion est plus élevée, entre autres, parmi :
- les prestataires de l’assistance sociale (55 % c. 37 % pour les non-prestataires);
- les personnes issues de minorités sexuelles ou de genre (55 % c. 37 % pour les autres).
Près de 33 % croient plutôt fortement ou fortement que la pauvreté est causée par des facteurs individuels, c’est-à-dire que les personnes pauvres seraient responsables de leur situation. Cette proportion est plus élevée, entre autres, parmi :
- les hommes (37 % c. 28 % pour les femmes);
- les personnes issues de minorités visibles ou ethniques (38 % c. 31 % pour les autres).
Environ 28 % de la population croient plutôt fortement ou fortement que ce sont des facteurs liés au destin, comme la malchance, qui causent la pauvreté. Cette proportion est plus élevée, entre autres, parmi :
- les prestataires de l’assistance sociale (38 % c. 28 % pour les non-prestataires);
- les personnes issues d’une minorité sexuelle ou de genre (44 % c. 27 % pour les autres).
Des attitudes négatives qui coexistent avec des attitudes positives
Dans l’EQPP 2024, on a aussi examiné l’adhésion à certains jugements envers les personnes en situation de pauvreté à l’aide de différents énoncés. Les résultats montrent, entre autres :
- qu’environ 72 % de la population estiment que les personnes en situation de pauvreté devraient faire plus d’efforts pour s’en sortir;
- que trois personnes sur quatre (76 %) pensent qu’elles devraient faire plus d’efforts pour trouver du travail lorsqu’elles sont en santé;
- qu’environ quatre personnes sur dix (39 %) jugent qu’elles manquent de volonté pour améliorer leur situation.
Lorsque l’on examine ces réponses dans leur ensemble, on constate que ce sont environ 17 % des personnes de 18 ans et plus qui adhèrent fortement ou plutôt fortement à des attitudes négatives liées à l’effort des personnes en situation de pauvreté et à leur responsabilité quant à leur situation financière. Cette proportion est plus importante, entre autres, chez les personnes :
- qui croient plutôt fortement ou fortement que la pauvreté est causée par des facteurs individuels (40 % c. 6 % lorsque la croyance est faible ou modérée).
D’autres énoncés, plus positifs, ont aussi été utilisés à des fins de mesure. On constate, par exemple :
- qu’environ 73 % de la population estiment que la plupart des personnes en situation de pauvreté ont une approche simple, mais honnête de la vie;
- que 58 % jugent qu’elles sont généralement plus modestes.
Près d’une personne de 18 ans et plus sur trois (31 %) entretient des attitudes positives fortes ou plutôt fortes à l’égard des personnes en situation de pauvreté. Cette proportion est plus élevée, notamment, chez :
- celles qui croient plutôt fortement ou fortement que la pauvreté est causée par des facteurs structuraux (43 % c. 24 % lorsque la croyance est faible ou modérée) ou propres au destin (41 % c. 27 % lorsque la croyance est faible ou modérée).
À propos de l’enquête
L’Enquête québécoise sur la perception de la pauvreté 2024 (EQPP 2024) a été réalisée auprès de 6 358 personnes de 18 ans et plus vivant au Québec. Elle a permis de collecter des renseignements au sujet des croyances sur la pauvreté et des attitudes à l’égard des personnes en situation de pauvreté au sein de la population générale. On y a aussi examiné les expériences de discrimination des personnes en situation de pauvreté ainsi que les conséquences des préjugés à l’égard de leur situation financière sur leur vie dans l’année précédant l’enquête.
Pour en savoir plus
Consulter le rapport complet de l’enquête (PDF).
Consulter la page Expériences des préjugés par les personnes en situation de pauvreté et leurs conséquences.
