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L’évolution du marché du travail québécois entre 2015 et 2025 (in French only)

Dans la dernière décennie, le marché du travail a été caractérisé par une baisse générale du taux de chômage au Québec. Il se situe à environ 5 % chez les femmes et à environ 6 % chez les hommes. En 2025, la rémunération horaire moyenne s’élève à environ 35 $ pour l’ensemble du personnel salarié, et elle s’est accrue de 44 % en dollars courants par rapport à 2015. Par ailleurs, lorsqu’on s’intéresse aux groupes d’âge, le taux d’emploi des travailleuses et travailleurs de 65 à 69 ans se distingue puisqu’il est passé de 17 % en 2015 à 26 % en 2025, une augmentation marquante.

Taux d’emploi en hausse surtout chez les femmes et les personnes plus âgées

Entre 2015 et 2025, le taux d’emploi chez les femmes s’est accru, passant de 57 % à 59 %, alors qu’il est demeuré stable chez les hommes. La progression du taux d’emploi des femmes et la réduction de l’écart avec les hommes s’inscrivent dans une tendance historique amorcée depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. En effet, celui-ci était en 1946 de seulement 22 % chez les femmes comparativement à environ 82 % chez les hommes. L’accroissement du taux d’emploi chez les femmes résulte entre autres du développement du secteur tertiaire de l’économie (économie de services) ainsi que du secteur public, de leur scolarisation accrue au fil du temps, de la baisse de la fécondité et des politiques publiques favorables à la participation des mères au marché du travail. 

Par ailleurs, le taux d’emploi à temps plein (30 heures ou plus par semaine) est également en croissance chez les femmes entre 2015 et 2025; il est passé de 42 % à 45 % sur cette période. 

 

Le groupe d’âge le plus actif sur le marché du travail, celui des 25-54 ans, a vu son taux d’emploi s’accroître entre 2015 et 2025, soit de 82 % à environ 86 %. La croissance s’observe davantage chez les personnes plus âgées, alors que le taux d’emploi des 55-64 ans a augmenté de 7 points de pourcentage sur la période pour s’établir à environ 64 %. Il en va de même chez les personnes de 65 à 69 ans, dont le taux d’emploi est passé de 17 % en 2015 à environ 26 % en 2025. 

L’augmentation du taux d’emploi des personnes de 55 ans et plus, qui se traduit par une hausse de l’âge moyen de la retraite, s’explique notamment par des besoins en main-d’œuvre non comblés, des aménagements d’horaire de travail, une meilleure santé, un niveau de scolarité plus élevé que celui des cohortes précédentes ainsi que par des besoins financiers.

Baisse générale du taux de chômage

En 2025, le taux de chômage se situe à environ 5 % chez les femmes et à environ 6 % chez les hommes. Dans les deux groupes, on observe une tendance à la baisse au cours des dix dernières années, car en 2015, le taux de chômage s’élevait à environ 7 % chez les femmes et à environ 9 % chez les hommes.

Le taux de chômage des personnes de 15 à 24 ans demeure toujours plus élevé que celui des personnes plus âgées et il se situe à environ 10 % en 2025. On constate toutefois que par rapport à 2015, il est en baisse de manière statistiquement significative à la fois chez les 15-24 ans, les 25-54 ans et les 55-64 ans.

Augmentation de la rémunération et du pouvoir d’achat

En 2025, la rémunération horaire moyenne s’élève à environ 35 $ pour l’ensemble du personnel salarié. Par rapport à 2015, elle s’est accrue de 44 % (en dollars courants) alors que la hausse de l’indice des prix à la consommation (IPC) a été de l’ordre de 29 %. Sur la période de 2015 à 2025, le pouvoir d’achat a augmenté d’environ 12 %. Les femmes, tout comme les hommes, ont connu un accroissement réel de leur rémunération, mais ces derniers continuent d’afficher une rémunération horaire plus élevée (36,81 $ c. 33,17 $ en 2025).

 

Par ailleurs, les jeunes (15-24 ans) ont vu leur rémunération horaire augmenter de 50 % entre 2015 et 2025 pour se fixer à environ 21 $. En comparaison, le gain a été de l’ordre de 30 % chez les travailleuses et travailleurs les plus âgés (65-69 ans). Ces derniers ont toutefois une rémunération horaire moyenne supérieure en 2025 (31,25 $ c. 21,33 $).

En 2025, la rémunération hebdomadaire moyenne est plus élevée chez les travailleuses et travailleurs autonomes (1 405 $) que chez les personnes occupant un emploi salarié (1 245 $), ce qui constitue un avantage de près de 13 % pour les travailleuses et travailleurs autonomes. Cette tendance s’observe par ailleurs chez les 25-54 ans (+ 10 %) et chez les 65-69 ans (+ 29 %).

Certains facteurs peuvent expliquer la rémunération supérieure chez les travailleuses et travailleurs autonomes. Mentionnons le fait que ces derniers peuvent fixer des tarifs plus élevés ou faire davantage d’heures de travail que le personnel salarié afin de compenser l’absence d’avantages sociaux, en plus d’avoir une expérience professionnelle accrue ou de travailler dans les industries ou les professions à rémunération élevée.

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Durée du travail hebdomadaire réelle différente selon le genre et l’industrie

La durée du travail hebdomadaire réelle diffère entre les femmes et les hommes, et ce, dans presque toutes les industries. En 2025, la durée du travail réelle sur une base hebdomadaire (qui tient compte des absences du travail et des heures supplémentaires) se chiffre à 28 heures chez les femmes et à 33 heures chez les hommes, pour un écart d’environ 5 heures.

Cet écart entre les genres varie selon l’industrie. Par exemple, il est d’environ 14 heures dans l’industrie de l’agriculture, alors qu’il n’est que d’environ 1,5 heure dans celle des services d’enseignement et d’environ 3 heures dans les administrations publiques. L’industrie des services d’hébergement et de restauration est l’une des industries affichant la durée du travail hebdomadaire réelle la plus faible, tandis que celle-ci est la plus élevée dans les industries de la production (fabrication, construction, foresterie, pêche, mines, agriculture, entre autres). 

Taux d’emploi des femmes au Québec supérieur à celui observé dans les autres principales provinces

Entre 2015 et 2025, les femmes de 15 à 64 ans au Québec sont les seules à avoir vu leur taux d’emploi augmenter de manière statistiquement significative, soit d’environ 71 % à 76 %. Elles affichent d’ailleurs en 2025 un taux d’emploi supérieur à celui des femmes des autres principales provinces. Chez les hommes, on observe également au Québec un accroissement du taux d’emploi, lequel est passé d’environ 75 % en 2015 à environ 79 % en 2025. Cette situation contraste avec celle de l’Ontario, où le taux d’emploi est demeuré stable sur la même période, et avec celle de l’Alberta, où le taux a diminué.

Au cours de la dernière décennie, on observe une baisse significative du taux de chômage au Québec, tant chez les femmes que chez les hommes, alors qu’on constate plutôt une hausse significative en Ontario et en Alberta mais seulement chez les femmes dans ce dernier cas. Plus particulièrement, le taux de chômage chez les femmes au Québec est passé de 6,8 % en 2015 à environ 5,0 % en 2025. Chez les hommes, le taux s’établit à environ 6,2 % en 2025, comparativement à 8,5 % en 2015.

Par ailleurs, le taux de chômage chez les femmes au Québec est inférieur à celui qui est observé dans les autres principales provinces en 2025. Il est également moins élevé chez les hommes au Québec qu’en Ontario et en Alberta. Enfin, en 2025, le Québec est le seul endroit où le taux de chômage des femmes est statistiquement plus faible que celui des hommes.

Coup d’œil international

Les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) permettent de comparer la situation des pays membres sur le plan de la participation au marché du travail, entre autres. Il est possible également de situer le Québec parmi les 38 pays membres de l’OCDE pour lesquels il y a des données sur le taux d’emploi des 15-64 ans en 2024.

Dans ce groupe d’âge, le Québec affiche un taux d’emploi de l’ordre de 77 %. Comme on peut le constater, la province a un taux parmi les plus élevés des pays membres de l’OCDE présentés dans la figure. L’Islande se démarque avec un taux d’emploi chez les 15-64 ans de l’ordre de 85 % en 2024. Seulement deux autres pays, la Suisse et les Pays-Bas, affichent un taux égal ou supérieur à 80 %. 

Les données internationales concernant le taux de chômage des 15 ans et plus dans les pays de l’OCDE en 2025 montrent que plusieurs pays affichent un résultat supérieur à celui du Québec (5,6 %). L’Espagne est le pays ayant le plus haut taux de chômage, soit environ 9,7 %. La Finlande, la Colombie et la Grèce suivent de près avec un taux de près de 9 %.

Parmi les pays ayant un taux de chômage similaire à celui du Québec, notons le Portugal (5,7 %) et l’Autriche (5,4 %). À l’opposé, de faibles taux de chômage sont notés au Japon (2,5 %), au Mexique (2,6 %), en Corée (2,8 %) et en Tchéquie (2,9 %).

Source de données et définitions

Les données utilisées pour la réalisation de ces analyses sont tirées de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada. L’EPA est réalisée sur une base mensuelle auprès d’approximativement 64 000 ménages canadiens hors institutions (12 043 ménages pour le Québec, selon le Guide de l’Enquête sur la population active 2025). Les données de l’EPA sont recueillies par province selon un plan de sondage avec renouvellement de panel. Les ménages sélectionnés demeurent dans l’échantillon pendant six mois consécutifs. L’EPA présente des estimations sur l’emploi et le chômage ainsi que d’autres indicateurs tels que le taux de chômage, le taux d’emploi et le taux d’activité.

Les données internationales proviennent des statistiques infra-annuelles du travail qui sont compilées pour tous les pays membres de l’OCDE et obtenues à partir des enquêtes sur la force de travail basées sur la définition fournie par la 19e Conférence des statisticiens du travail en 2013. L’application uniforme de ces définitions dans tous les pays membres de l’OCDE permet d’obtenir des estimations qui sont comparables au niveau international.

Définitions

Genre

Le genre d’une personne réfère à son identité personnelle et sociale en tant qu’homme, en tant que femme ou en tant que personne non binaire (une personne dont le genre se situe en dehors du modèle binaire masculin-féminin). Les catégories Femmes+ et Hommes+ signifient que les personnes non binaires ont été réparties entre les femmes et les hommes. En raison de la petite taille de la population non binaire, cette répartition est nécessaire pour assurer la confidentialité des données des personnes appartenant à cette population.

Population

À moins d’indication contraire, la population visée est constituée des personnes âgées de 15 ans et plus occupées durant la semaine de référence de l’EPA et occupant un emploi salarié ou de travailleur ou travailleuse autonome. La population cible de l’enquête correspond à l’ensemble des personnes qui résident dans les provinces du Canada, à l’exception des personnes qui vivent dans les réserves indiennes, des membres à temps plein des Forces armées et des pensionnaires d’établissements (par exemple, les personnes détenues dans les pénitenciers et la patientèle d’hôpitaux ou de maisons de repos).

Rémunération horaire

Salaire ou traitement (avant impôts et autres déductions), y compris les pourboires, les commissions ou les primes, prévu pour une heure de travail ou toute autre rémunération (hebdomadaire, mensuelle, annuelle) ramenée sur une base horaire en tenant compte du nombre d’heures de travail habituellement payées.

Rémunération hebdomadaire

Salaire ou traitement (avant impôts et autres déductions), y compris les pourboires, les commissions ou les primes, obtenu pour une semaine en tenant compte des heures de travail habituellement payées.

Taux d’emploi

Nombre de personnes occupées (en emploi) exprimé en pourcentage de la population en âge de travailler.

Taux de chômage

Nombre de personnes au chômage exprimé en pourcentage de la population active.

Production des données

Les statistiques ont été produites par l’Institut de la statistique du Québec à partir des fichiers de microdonnées de l’EPA disponibles au Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), membre du Réseau canadien des Centres de données de recherche (RCCDR).

Précision des données et tests statistiques

Aux fins de ce document d’analyse, l’ISQ a produit les intervalles de confiance à partir du logiciel SUDAAN au moyen des poids d’autoamorçage (bootstrap) produits par Statistique Canada afin de déterminer s’il y avait des différences statistiquement significatives entre les sous-populations comparées. Le niveau de confiance associé aux intervalles de confiance est de 95 %. En conséquence, le seuil du test statistique réalisé est ≤ 5 %. Pour plus d’information sur les notions de précision statistique et de différence significative sur le plan statistique, consulter la page Notions statistiques pour l’analyse de données d’enquête.

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