En 2022, 575 des 1 141 municipalités, communautés autochtones et territoires non organisés (TNO) pour lesquels l’indice de vitalité économique a été calculé ont un indice positif. C’est le cas :
- des 15 localités de la région de Montréal et de celle de Laval;
- de 83 % des 148 localités de la Montérégie;
- de 71 % des 59 localités de la Capitale-Nationale;
- de 71 % des 28 localités du Nord-du-Québec.
Les municipalités québécoises les plus vitalisées en 2022 selon l’indice de vitalité économique se concentrent dans les régions métropolitaines de recensement (RMR), et plus particulièrement dans celles de grande taille que sont Ottawa-Gatineau, Montréal et Québec. D’ailleurs, la plupart des municipalités en périphérie de ces deux dernières font bonne figure en raison, entre autres, d’une croissance importante de leur population au cours de la période de 2017 à 2022.
Bien que la croissance démographique et le taux de travailleurs élevé aient soutenu la performance économique des collectivités du Nord québécois, plusieurs municipalités ont reculé au classement en 2022 en raison du ralentissement démographique et d’une reprise plus difficile du marché du travail post-pandémie.
À l’inverse, 566 localités affichent un indice négatif, soit plus de 93 % des 46 localités de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, environ 79 % des 39 localités de la Côte-Nord et 76 % des 112 localités du Bas-Saint-Laurent.
Des 229 entités se classant, en 2022, dans le cinquième quintile, 20 sont situées dans la région de la Côte-Nord, 31 en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et 48 dans la région du Bas-Saint-Laurent. Cela représente 51,3 % des collectivités de la Côte-Nord, 42,9 % du Bas-Saint-Laurent et 67,4 % de celles de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
En 2022, 107 des 228 localités du premier quintile sont situées dans une région métropolitaine de recensement (RMR), principalement dans celles de Québec, de Montréal, d’Ottawa-Gatineau et de Sherbrooke. En contrepartie, on trouve peu de localités éloignées des grands centres urbains dans le haut du classement, à l’exception notamment de la moitié des localités du Nord-du-Québec, qui se sont classées dans le premier ou le deuxième quintile.
Concepts et définitions
L’indice de vitalité économique est une mesure relative qui permet de classer les territoires les uns par rapport aux autres en fonction de leur vitalité économique. Du fait de sa construction, la valeur de l’indice de vitalité économique est négative pour environ la moitié des localités. Celles-ci se situent donc dans la deuxième moitié du classement.
L’indice se base sur trois dimensions, soit le marché du travail, le niveau de vie et le dynamisme démographique. L’indice de vitalité économique des territoires représente la moyenne géométrique des variables normalisées de ces trois indicateurs. La normalisation des variables a été effectuée à l’aide de la cote Z modifiée (aussi appelée « score Z modifié ») fondée sur l’écart absolu médian.
Pour les besoins de l’indicateur de suivi de la Stratégie gouvernementale de développement durable, l’indice utilisé est celui qui est produit à l’échelle des municipalités comptant au moins 100 personnes ayant produit une déclaration de revenus à Revenu Québec. Les réserves autochtones qui n’ont pas autorisé le dénombrement de leur population sur leur territoire ou qui n’ont été que partiellement dénombrées lors des derniers recensements de la population ne sont pas prises en compte dans les données de l’indice. Le terme municipalité est employé de manière générique et désigne à la fois les municipalités locales, les territoires autochtones et les territoires non organisés (TNO). Afin d’alléger le texte, les termes municipalités et localités prennent le même sens.
Répartition par quintiles
Les 1 141 municipalités, communautés autochtones et TNO ont été ordonnés puis répartis en quintiles selon les résultats de l’indice de vitalité économique, c’est-à-dire en cinq groupes égaux. Le premier quintile représente les localités les plus vitalisées économiquement, alors que les localités les moins vitalisées se trouvent dans le cinquième et dernier quintile.
Dimensions de l’indice de vitalité économique
Le taux de travailleurs de 25 à 64 ans est le rapport entre le nombre de travailleurs de 25 à 64 ans et le nombre de particuliers de 25 à 64 ans de ce territoire ayant produit une déclaration de revenus à Revenu Québec.
L’estimation du nombre de travailleurs est établie en fonction de certains renseignements tirés des déclarations de revenus des particuliers de Revenu Québec. Pour déterminer si une personne occupe un emploi durant une partie ou la totalité d’une année civile donnée, l’ISQ se base sur les montants déclarés au titre de revenus d’emploi, de revenus d’entreprise, de prestations d’assurance-emploi, de prestations d’aide financière de dernier recours, de prestations du RQAP et de revenus de retraite. Qui plus est, de 2020 jusqu’en 2022, les renseignements relatifs à la Prestation canadienne d’urgence (PCU), à la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE), à la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), à la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement (PCTCC) et à la Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants (PCREPA) sont également pris en compte pour établir la situation d’emploi des déclarants.
Le revenu total médian est la valeur centrale qui sépare en deux parties égales un groupe donné de particuliers ayant un revenu : la première partie regroupe les personnes ayant un revenu inférieur à la médiane, et la seconde, les personnes ayant un revenu supérieur à la médiane.
Le revenu total médian, aussi appelé « revenu avant impôt », se compose des salaires et traitements, du revenu agricole net, du revenu non agricole net d’une entreprise non constituée en société, des dividendes, des intérêts et autres revenus de placement, des pensions de retraite, des transferts gouvernementaux et des autres revenus en espèces. Les particuliers dont le revenu est nul sont exclus du calcul du revenu total médian. Enfin, sont exclus du revenu total médian les crédits d’impôt remboursables fédéraux, dont l’Allocation canadienne pour enfants, étant donné qu’ils n’ont pas à être déclarés sur le formulaire de déclaration de revenus des particuliers de Revenu Québec.
Le TAAM permet de dégager une tendance de fond ayant trait à l’évolution démographique puisqu’il minimise l’effet des valeurs extrêmes et inhabituelles.
Précaution
Le choix des indicateurs composant l’indice a été déterminé, entre autres, en fonction de la disponibilité des données à l’échelle locale et supralocale et en tenant compte des critères de qualité de l’information statistique adoptés par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Il faut souligner que les données annuelles disponibles fiables à ces échelles géographiques sont limitées, ce qui a restreint le choix d’indicateurs. Pour cette raison, plusieurs dimensions de la vitalité économique n’ont pu être prises en compte par l’indice de vitalité économique des territoires. Par exemple, l’indice ne mesure pas les facteurs qui sont à l’origine de la vitalité économique (input) et qui sont souvent difficiles à quantifier, comme la capacité d’adaptation d’une communauté face aux changements, le leadership des élites locales, l’effet de la demande extérieure sur le développement du territoire ou l’utilisation efficace et durable des ressources. L’indice ne donne pas non plus d’information sur le degré de diversification des activités économiques des communautés et, par conséquent, sur leur degré de vulnérabilité. Les localités peu diversifiées sur le plan économique, c’est-à-dire celles dont la population active se concentre dans quelques branches d’activités seulement, sont plus vulnérables à la conjoncture économique nationale et mondiale (baisse de la demande globale, fluctuation des prix), surtout les municipalités qui dépendent du secteur primaire.
La valeur de l’indice ne peut être comparée dans le temps. Il est préférable d’utiliser d’autres moyens pour comparer les localités d’une période à l’autre, tels que le classement des localités, la proportion des localités présentant telle caractéristique, etc.
Indicateur
Indice de vitalité économique
Aspects de la Stratégie gouvernementale de développement durable 2023‑2028 auxquels se rapporte l'indicateur :
Orientation 4 – Développer les collectivités durablement
Objectif 4.3 – Bâtir des collectivités dynamiques et innovantes
Sous objectif 4.3.1 – Appuyer le développement régional durable
Cible
Suivi de l'état de situation.
L'indice de vitalité économique, par sa nature, ne permet pas de suivre une progression.
Concordance avec les objectifs de développement durable 2030 des Nations Unies