Au Québec, la participation au marché du travail des femmes était toujours plus affectée par la pandémie que celle des hommes
Au deuxième trimestre de 2021, les effets de la pandémie sur la participation au marché du travail étaient toujours plus importants chez les femmes que chez les hommes au Québec. La proportion d’emplois récupérés était de 96,6 % chez les Québécoises, ce qui signifie que l’on comptait 69 700 travailleuses de moins qu’avant la pandémie. En d’autres mots, près de 96 % des 72 700 personnes de moins en emploi au deuxième trimestre de 2021 étaient des femmes. Seul l’Ontario affichait une plus faible proportion d’emplois récupérés chez les femmes (95,9 %) que le Québec.
C’est du côté des emplois à temps partiel qu’il restait du rattrapage à faire chez les femmes au deuxième trimestre. Elles avaient récupéré 87,0 % de ces emplois (on comptait donc 65 300 travailleuses de moins), soit la plus faible proportion parmi celles affichées par les provinces à l’étude. En revanche, le nombre d’emplois à temps plein était comparable[1] à celui d’avant la pandémie (ratio de 99,7 % – le plus élevé au Canada).
Chez les hommes, le niveau d’emploi dans l’ensemble était comparable à celui d’avant la pandémie (ratio de 99,9 %). C’était également le cas pour l’emploi à temps plein (ratio de 100,2 %) et pour celui à temps partiel (ratio de 97,6 %) pris séparément. Dans le cas de l’emploi total et de l’emploi à temps plein, il s’agissait des plus forts taux de récupération au pays.
Un regard sur la situation comparative des hommes et des femmes dans les différentes provinces à l’étude indique que, sauf dans quelques cas[2], la proportion d’emplois récupérés était supérieure chez les hommes au deuxième trimestre de l’année.
Figure 4
Ratio du nombre d’hommes en emploi au deuxième trimestre de 2021 sur le nombre au quatrième trimestre de 2019, ensemble du Canada et provinces
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.
Figure 5
Ratio du nombre de femmes en emploi au deuxième trimestre de 2021 sur le nombre au quatrième trimestre de 2019, ensemble du Canada et provinces
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.
Tant chez les femmes que chez les hommes, le taux de chômage québécois était le plus bas au Canada au deuxième trimestre de l’année. Il s’est fixé à 6,3 % chez les premières (+ 1,6 point par rapport au quatrième trimestre de 2019) et à 6,6 % chez les seconds (+ 0,8 point). Parmi les personnes au chômage qui se sont ajoutées entre le dernier trimestre de 2019 et le deuxième trimestre de 2021, 61,7 % étaient des femmes.
Figure 6
Taux de chômage selon le sexe, quatrième trimestre de 2019 et deuxième trimestre de 2021, 15 ans et plus, ensemble du Canada et provinces
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.
Tant chez les femmes que chez les hommes, le taux de chômage a augmenté moins fortement au Québec que dans presque toutes les autres provinces[3] entre le dernier trimestre de 2019 et le deuxième trimestre de 2021.
Les femmes sont aussi surreprésentées dans la hausse de la population inactive qui a eu lieu entre ces deux périodes. Il y avait en effet 67 500 femmes de plus (+ 4,9 %) dans cette population au deuxième trimestre de l’année, alors que l’on comptait 20 500 hommes de plus (+ 1,9 %), ce qui signifie que plus des trois quarts des nouvelles personnes inactives étaient des femmes. Chez les femmes, l’augmentation de la population inactive a été plus importante au Québec que dans les autres provinces à l’étude (entre + 1,7 % et + 4,1 %), ce qui n’a pas été le cas chez les hommes (la hausse a varié de 0,7 % à 6,8 % dans les autres provinces).
Figure 7
Variation de la population inactive selon le sexe entre le quatrième trimestre de 2019 et le deuxième trimestre de 2021, 15 ans et plus, ensemble du Canada et provinces
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.
[1] La différence entre le nombre d’emplois au deuxième trimestre de 2021 et celui au quatrième trimestre de 2019 est statistiquement non significative au seuil de confiance de 68 %. Voir les notes méthodologiques qui accompagnent cette analyse pour plus de précision.
[2] Font exception l’emploi total et l’emploi à temps partiel dans les Prairies, ainsi que l’emploi total et l’emploi à temps plein dans les provinces de l’Atlantique.
[3] Le taux de chômage des femmes dans les provinces de l’Atlantique, lequel a augmenté de 1,0 point, fait exception.