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Méthodologie – Consommation d’enregistrements musicaux au Québec

Diffusion : 11 août 2026

L’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec (OCCQ) produit des statistiques sur les ventes d’enregistrements sonores depuis 2002 et sur l’écoute de musique sur les plateformes de diffusion en continu sur demande depuis 2022. L’objectif est de suivre l’évolution de l’écoute sur ces plateformes et des ventes d’albums sur support physique (disques compacts, cassettes et disques vinyle), ainsi qu’en fichier numérique, et des ventes de pistes numériques. L’analyse de ces différents modes de consommation permet de détailler les parts de marché occupées par les produits selon la provenance de l’interprète, la langue d’interprétation, le moment de commercialisation (nouveauté ou catalogue) et les genres musicaux.

Concepts et définitions

Plateforme de diffusion : plateforme de diffusion en continu se déclinant généralement sous la forme d’une application mobile ou d’un site Web qui propose un répertoire d’œuvres sur demande.

Musique en continu : diffusion ininterrompue de contenus audio numériques sur internet, sans nécessiter de téléchargement définitif.

Musique sur demande : service interactif permettant d’écouter instantanément n’importe quelle piste sur les plateformes de diffusion avec la possibilité de sauter ou de rejouer à volonté un morceau. L’appellation « sur demande » réfère à une classification des plateformes selon le mode de diffusion principal : interactif, semi-interactif ou programmé. Les données présentées dans les statistiques n’indiquent pas la part d’écoute recommandée ou non ni le type d’écoute (actif ou passif) de la personne.

Écoute : type de consommation faite sur les plateformes de diffusion de musique en continu sur demande.

Date de sortie

  • Nouveauté : produit musical commercialisé depuis 18 mois ou moins au moment de la consommation.
  • Catalogue : produit musical commercialisé depuis plus de 18 mois et au plus 60 mois au moment de la consommation.
  • Catalogue profond: produit musical commercialisé depuis plus de 60 mois au moment de la consommation.

Région métropolitaine de recensement (RMR) : territoire formé d’une ou plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un grand noyau urbain. Elle doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 dans son noyau.

Source et traitement des données

Les données utilisées proviennent de Luminate Data, une plateforme de veille de marché qui consolide les données de consommation d’enregistrements sonores dans plusieurs pays. Ces données sont produites de manière hebdomadaire et couvrent le territoire canadien, qui est subdivisé en « marchés », à partir des codes postaux des établissements de vente ou de l’emplacement de l’appareil utilisé pour l’écoute (géolocalisation). Elles sont ensuite analysées à l’OCCQ.

Comptabilisation des ventes selon les supports et les formats

Les données sur la vente d’enregistrements sonores portent sur les supports physiques (CD, vinyles et cassettes) et numériques. Les formats musicaux analysés sont les albums et les pistes. Les formats EP ne sont pas analysés de manière distincte, mais sont regroupés avec le format album. Les données de consommation d’albums sont disponibles pour les supports physiques et les fichiers numériques, alors que celles pour les pistes musicales sont en fichier numérique uniquement. Les données sur la consommation d’albums usagés et sur le Web 3.0 (technologie des chaînes de blocs) ne sont pas compilées. Celles sur la circulation de fichiers illégaux non plus.

Pour ce qui est des statistiques sur les ventes sur support physique, les données sont pondérées par Luminate Data afin de compenser les ventes effectuées chez les disquaires indépendants qui ne sont pas compilées par les distributeurs. Ces données ne tiennent pas compte des ventes réalisées dans certains commerces de détail, comme les dépanneurs et les pharmacies. Les données sur les ventes de produits physiques proviennent des entreprises suivantes : Archambault/Renaud-Bray, Amazon, Musictoday IMO, Indie Merch, Bleep.com, Le Projet Cardboard Box, SandBag, Bandzzogle, Townsend Music, Bandcamp, Metallica Club, Richards & Southern, Single Music, UMG UK, Universal Music Group Canada. Depuis le 29 décembre 2023, Luminate Data emploie une nouvelle méthodologie pour compiler les ventes d’albums sur support physique, ce qui peut avoir une incidence sur la comparabilité des résultats de 2024 avec ceux des années antérieures, raison pour laquelle il faut faire preuve de prudence.

Pour les ventes d’albums et de pistes numériques, les données sont collectées par Luminate data auprès de ces entreprises : 7 Digital, All Things Considered (ATC Group), Amazon, Bandcamp, Beatport LLC., Beggars Group, Emerging Music Entertainment, Hopeful Tragedy Records, Musictoday, Single Music, Six Shooter Records, Smithsonian Folkways Recordings, Sparkart, Universal Music et Warner Music.

Comptabilisation des écoutes de contenus audio sur les plateformes de diffusion

Les statistiques sur les écoutes faites sur les plateformes de diffusion de musique en continu sur demande sont présentées dans les tableaux et analyses et excluent celles effectuées sur les plateformes de diffusion en continu programmées. De plus, les statistiques ne concernent que le format audio et non vidéo. Une écoute est comptabilisée par les plateformes de diffusion après 30 secondes d’écoute. Un titre écouté est identifié grâce à son ISRC (International Standard Recording Code), qui est associé à une piste et à l’interprète. C’est à partir de cet identifiant que sont analysées les données d’usage au Québec. L’OCCQ ne peut pas détecter la présence de contenu audio généré par intelligence artificielle dans les écoutes.

Luminate Data et l’OCCQ n’effectuent aucun ajustement des données pour tenir compte des fausses écoutes. Certains ajustements sont effectués en amont par chacune des plateformes de diffusion selon des procédés qui leur sont propres (avec ou sans produits algorithmiques) avant que les données de consommation soient fournies à Luminate Data. L’OCCQ n’effectue ni ajustement ni pondération pour les données de consommation. Les statistiques portant sur le nombre d’écoutes au Québec sont estimées à partir des données canadiennes produites par les plateformes de diffusion suivantes : Amazon Music, Apple Music, Audiomack, Boomplay, Napster/Rhapsody, Slacker, Soundcloud, Spotify, TIDAL et YouTube Music.

À partir de 2025, Luminate Data a ajouté dans le palmarès des écoutes les personnes qui font des balados (podcast). De plus, les interprètes sont divisés en trois types : les artistes solos, les groupes musicaux et les collaborations (présence de plusieurs interprètes sur une même pièce). Luminate Data a fait le choix, pour les écoutes des collaborations, d’ajouter aussi le même nombre d’écoutes à chaque interprète participant à la collaboration, ce qui a pour effet de faire gonfler le nombre d’écoutes si on fait le total à partir des palmarès. À noter que, pour le calcul de la part québécoise et de celle de la concentration des ventes et de l’écoute parmi les interprètes les plus populaires, il a été décidé de retirer les écoutes associées à la baladodiffusion et à la collaboration d’interprètes, mais de conserver les écoutes attribuées distinctement à chaque interprète qui participe à une collaboration.

Découpage territorial

L’OCCQ a accès à l’ensemble des données canadiennes agrégées par Luminate Data qui sont présentées selon le découpage de RMR de Statistique Canada (2016). Le Québec se divise en quinze « marchés » : Capitale-Nationale, Chicoutimi-Jonquière, Trois-Rivières, Shawinigan, périphérie de Montréal (RMR de Montréal sans la ville), Ville de Montréal (seule exception à la règle des RMR), Sherbrooke, Drummondville, Granby, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-le-Richelieu, Saint-Jérôme, Ottawa-Gatineau, l’est du Québec et l’ouest du Québec. À l’OCCQ, les données par RMR sont ajustées afin qu’elles reflètent le découpage du recensement de Statistique Canada de 2021, c’est-à-dire que la RMR de St-Jean-sur-le-Richelieu est insérée dans la RMR de Montréal.

La plupart des statistiques et analyses concernant les caractéristiques de l’écoute sur les plateformes de diffusion en continu sur demande au Québec sont produites à partir d’un échantillon plus restreint de ces plateformes que la liste nommée dans la section précédente. En effet, ce ne sont pas toutes les plateformes de diffusion nommées plus haut qui déclarent les écoutes par marché; elles déclarent plutôt celles-ci au niveau national. Seulement les plateformes Spotify, Amazon Music et TIDAL fournissent l’information avec une plus grande granularité à partir des codes postaux de l’emplacement de l’appareil utilisé pour l’écoute (géolocalisation), ce qui permet de calculer l’écoute sur le territoire québécois. Ainsi, les indicateurs portant sur les particularités du Québec sont estimés à partir des données de ces trois plateformes.

Identification et codification des interprètes du Québec

La part des interprètes du Québec est estimée à partir de l’examen des 10 000 interprètes les plus populaires pour chaque mode de diffusion, support ou format de consommation. Le système d’identification de la provenance des interprètes du Québec a été élaboré pour la présente enquête. La provenance est établie selon le lieu de naissance, de résidence ou de travail des interprètes et peut être validée à partir de la provenance de la maison de production. L’identification est validée en consultant différentes sources, telles que l’ADISQ, Wikidata, MusicBrainz, Discogs ainsi que la base de données des identifiants uniques du code international normalisé des noms (ISNI). L’OCCQ a mis sur pied en 2021 une base de données des interprètes du Québec afin d’automatiser le processus d’identification.

Depuis la diffusion des premières données sur la part du Québec en 2002, les interprètes de la province font l’objet d’une identification « artistique » (provenance de l’interprète, lieu principal de la carrière, proportion d’interprètes principaux ou principales, provenance des membres dans la formation musicale) et d’une identification « industrielle » (lieu du siège social de la maison de disques). Certains enjeux de codification rendent difficile l’identification d’une maison de disque pour la vente ou l’écoute d’une piste, car celle-ci peut regrouper différentes versions provenant de différentes maisons de disque. Dans ces conditions, nous avons fait le choix de concentrer notre analyse sur la part d’interprètes du Québec.

Identification et codification de la langue d’interprétation

Depuis la diffusion des premières données sur la part de produits musicaux vendus selon la langue en 2012, les enregistrements figurant dans les palmarès font l’objet d’une identification selon la langue principale d’interprétation, soit en français, en anglais ou dans une autre langue ou sans paroles (pièces instrumentales). Les travaux de codage de la langue d’interprétation des enregistrements sont effectués par l’ADISQ, où le temps chanté est comptabilisé par rapport à la langue, en nombre de secondes. Dans les cas où la langue principale d’interprétation est difficile à déterminer dans un segment, soit parce plusieurs langues sont chantées ou certains mots inventés, le verbe d’action détermine l’intention linguistique du segment. Les interjections ne sont pas comptabilisées.

Depuis 2022, les estimations sur la répartition de la consommation musicale selon la langue d’interprétation sont produites à partir de l’examen des 500 albums physiques les plus vendus (45 % des ventes), des 2 000 albums numériques (45 % des ventes), des 5 000 pistes en fichier numérique (40 % des ventes) et des 10 000 titres les plus écoutés sur les plateformes de diffusion (50 % de l’écoute). Comme la part de l’écoute des pistes en français varie grandement selon que les pistes sont québécoises ou non québécoises, et pour augmenter le degré de précision de l’estimation, il a été décidé en 2025 de pondérer les données selon la provenance, depuis 2017. La provenance des 10 000 interprètes les plus populaires pour chacun des produits (les ventes d’albums sur support physique, d’albums numériques et de pistes numériques ainsi que les titres les plus écoutés) est utilisée, car la couverture de la consommation est très haute (99 % des ventes d’albums physiques, 87 % des albums numériques, 86 % des pistes numériques et 82 % de l’écoute). Comme la part québécoise dans l’écoute des pistes tend à augmenter légèrement au fur et à mesure que la couverture augmente et que la part de l’écoute des pistes en français est plus élevée pour les pistes québécoises que pour les autres, ce changement dans la méthode vient faire augmenter légèrement la part de l’écoute en français dans les données révisées.

Genres musicaux

L’analyse des genres musicaux dans l’écoute sur les plateformes de diffusion provient des données de Luminate Data à partir des métadonnées disponibles fournies par les plateformes de diffusion qui fournissent les détails pour la consommation du Québec. Ces dernières développent des métadonnées sur le signal sonore (durée, genre et sous-genre musical, ambiance, etc.) qu’elles attribuent aux différents titres. La classification des pistes par genre compte 41 genres musicaux qui sont regroupés par l’OCCQ à des fins d’analyse. Afin d’assurer la comparabilité entre les années, les statistiques présentées sur les genres musicaux proviennent de la classification de Luminate depuis 2022.

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