Diffusion : 29 avril 2024
Chaque année, depuis 2004, le taux du salaire minimum au Québec augmente le 1er mai, soit à la date correspondant à la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs. À l’occasion du 1er mai 2024, cette page Web présente un survol de l’évolution de certaines caractéristiques de l’emploi au salaire minimum au Québec, en plus de quelques comparaisons avec l’Ontario.
Salaire minimum au Québec pour le mois de mai
* Les données sont exprimées en dollars constants de 2002. Pour l’année 2004, la moyenne basée sur l’indice des prix à la consommation (IPC) de mars 2024 est utilisée.
Source : Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
Rémunération hebdomadaire moyenne et heures hebdomadaires moyennes
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2023. Adaptation de l’Institut de la statistique du Québec.
Nombre d’emplois au salaire minimum et part de ces emplois
Les femmes et les jeunes surreprésentés dans les emplois au salaire minimum
La majorité des personnes au salaire minimum en 2023 sont des femmes (55 %) et des jeunes (57 %), tout comme il y a 25 ans (respectivement 59 % et 55 %). Les jeunes demeurent fortement surreprésentés dans l’emploi au salaire minimum, puisqu’ils ne représentent qu’environ 15 % de l’ensemble de l’emploi salarié.
Par ailleurs, la part des personnes âgées de 25 à 44 ans occupant un emploi au salaire minimum est passée de 28 % en 1998 à 19 % en 2023, alors que celle des 55 ans et plus est passée de 6 % à 16 %. Ce changement reflète le vieillissement de la main-d’œuvre, mais aussi une plus grande participation des 55 ans et plus au marché du travail.
Une majorité de personnes qui occupent un emploi au salaire minimum ne sont pas aux études
Environ 44 % des personnes au salaire minimum sont aux études en 2023, une proportion plus élevée que celle observée 25 ans plus tôt (29 %). Les personnes n’étant pas aux études continuent toutefois d’occuper la majorité des emplois au salaire minimum.
En outre, environ le tiers des personnes au salaire minimum ont fait seulement des études secondaires partielles en 2023, et près de 40 %, des études postsecondaires.
Davantage de personnes au salaire minimum ne vivent pas en couple
Environ les trois quarts des emplois au salaire minimum sont occupés par des personnes ne vivant pas en couple en 2023. Cette proportion est en croissance par rapport à 1998 (66 %).
De plus, 9 emplois sur 10 au salaire minimum sont détenus par des personnes n’ayant pas d’enfants de moins de 18 ans. Cette part est en augmentation par rapport à 25 ans plus tôt (83 %).
La durée d’occupation des emplois au salaire minimum augmente, tout comme celle des emplois à temps partiel
L’emploi à temps partiel gagne du terrain dans l’emploi au salaire minimum. Effectivement, environ 63 % des personnes touchant ce salaire travaillent moins de 30 heures par semaine en 2023, alors que cette proportion était de 52 % en 1998.
Par ailleurs, la part des emplois au salaire minimum ayant une durée d’emploi de moins d’un an a baissé au profit des emplois ayant des durées supérieures.
Moins d’emplois au salaire minimum dans les petits établissements, et une plus grande présence dans le commerce de détail
Au fil du temps, les emplois au salaire minimum sont moins présents dans les établissements employant moins de 20 personnes que dans ceux employant entre 20 et 99 personnes. Dans ce dernier groupe, leur part dans l’emploi au salaire minimum est passée de 29 % à 39 %, alors que celle des plus petits établissements est passée de 62 % à 50 %. Par ailleurs, le poids du commerce de détail dans l’emploi au salaire minimum s’est accru entre 1998 et 2023 : celui-ci est passé d’environ 28 % en 1998 à environ 42 % en 2023.
Comparaisons avec l’Ontario
Évolution du taux du salaire minimum depuis 1998
Le 1er mai 2024, le taux du salaire minimum au Québec passera à 15,75 $. À la même date, en Ontario, le taux se fixera à 16,55 $, soit une différence de 0,80 $. Par ailleurs, le 1er octobre 2024, le taux du salaire minimum en Ontario passera à 17,20 $, ce qui portera l’écart avec le Québec à 1,45 $. Il y a 25 ans, l’écart était de 0,05 $ entre les deux provinces. Soulignons également que le taux horaire minimum en Ontario a augmenté de façon substantielle en 2018, pour s’établir à 14,00 $.
Une rémunération par semaine plus élevée en Ontario qu’au Québec
En moyenne, les personnes travaillant au salaire minimum au Québec ont eu une rémunération hebdomadaire d’environ 325 $ en 2023, comparativement à environ 352 $ en Ontario.
Par rapport à 1998, la rémunération hebdomadaire des personnes touchant le salaire minimum a connu une hausse de 93 % au Québec et de 125 % en Ontario. Lorsqu’on tient compte de l’inflation, on constate que la rémunération hebdomadaire des personnes occupant un emploi au salaire minimum s’est accrue d’environ 16 % au Québec et de 29 % en Ontario entre 1998 et 2023. Par ailleurs, entre 1998 et 2023, les heures habituelles de travail au Québec dans les emplois au salaire minimum sont passées de 27,2 heures à 23,2 heures, alors qu’en Ontario, elles sont passées de 25,1 heures à 23,8 heures en Ontario.
Proportionnellement plus d’emplois au salaire minimum en Ontario qu’au Québec
Le nombre d’emplois au salaire minimum en 2023 se fixe à environ 177 000 au Québec, ce qui correspond à un peu plus de 4 % de la main-d’œuvre salariée. La part a beaucoup varié au cours des 25 dernières années : elle était d’environ 6 % en 1998, était descendue à près de 4 % en 2006 et se situait à environ 7 % en 2018.
On observe également de nombreuses fluctuations de la part d’emplois rémunérés au salaire minimum en Ontario : elle est de 7,6 % en 2023, alors qu’elle était d’environ 15 % en 2018. Quant au taux horaire minimum, il est passé de 11,40 $ en mai 2017 à 14,00 $ en mai 2018.
Habituellement, les fortes hausses du taux horaire minimum s’accompagnent d’une augmentation importante de la part d’emplois rémunérés à ce taux, car beaucoup d’emplois gravitent autour du salaire minimum. C’est ce qui a été observé en Ontario en 2018.
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