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Taux de propriété, absence d’hypothèque et occupation de logements subventionnés : variation de 2001 à 2021 (in French only)

Par Lucas Sorrentino
Diffusion : 20 juin 2025

Les résultats présentés dans cette page accompagnent la diffusion de la collection de tableaux sur le logement. Le premier thème abordé est l’évolution du mode d’occupation des ménages au Québec de 2001 à 2021.

Le taux de propriété

Près de 6 ménages québécois sur 10 propriétaires de leur logement

En 2021, au Québec, 59,9 % des ménages privés étaient propriétaires de leur logement, ce qui correspond à environ 2 230 000 ménages. Si le nombre de ménages propriétaires a augmenté de manière constante, la proportion de ménages propriétaires, aussi appelée « taux de propriété », a affiché entre 2016 et 2021 sa première baisse depuis 1971 (− 1,3 point de pourcentage).

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Un taux de propriété qui varie selon les régions

Les régions dont les taux de propriété étaient les plus faibles en 2021 sont Montréal (39,6 %) et le Nord-du-Québec (35,6 %). Ces deux régions ont des profils distincts en matière d’habitation. Montréal se distingue par son caractère urbain (les régions urbaines présentent habituellement un taux de propriété plus faible que les régions rurales), tandis que le Nord‑du‑Québec compte un grand nombre de communautés autochtones et de travailleurs et de travailleuses temporaires venant de l’extérieur de la région, des groupes dont les caractéristiques d’habitation sont souvent différentes de celles du reste de la population. À l’inverse, les régions de la Gaspésie –Îles-de-la-Madeleine (72,9 %), de Lanaudière (72,4 %) et de Chaudière-Appalaches (71,4 %) affichaient les taux de propriété les plus élevés.

Entre 2001 et 2021, cinq régions ont vu leur taux de propriété diminuer. Les diminutions les plus prononcées sont survenues dans les régions :

  • du Nord-du-Québec (– 6,7 points de pourcentage);
  • de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (− 2,8 points de pourcentage);
  • de Lanaudière (− 2,1 points de pourcentage).

En contrepartie, on a observé une hausse de la propriété dans les régions :

  • du Saguenay–Lac-Saint-Jean (+ 1,7 point de pourcentage);
  • de la Capitale-Nationale (+ 2,6 points de pourcentage);
  • de Montréal (+ 3,8 points de pourcentage).

Si l’évolution du taux de propriété montre des résultats variés à l’échelle régionale depuis 2001, une baisse a été observée entre 2016 et 2021 dans toutes les régions administratives sauf le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les couples, avec ou sans enfant, forment les types de ménage ayant le plus haut taux de propriété

Le taux de propriété varie de façon importante selon le type de ménage. En 2021, les ménages qui étaient les plus susceptibles d’être propriétaires étaient les couples avec enfants (79,4 %) et sans enfant (75,2 %). À l’inverse, les personnes vivant seules (40,3 %) et les autres types de ménages (30,7 %) présentaient le taux de propriété le plus faible.

Les personnes vivant seules, les familles monoparentales ainsi que les couples sans enfants sont les types de ménage qui ont connu la plus importante hausse de leur taux de propriété entre 2001 et 2021 (respectivement + 7,0, + 7,4 et + 5,4 points de pourcentage).

Une hausse du taux de propriété chez les jeunes ménages et les ménages aînés depuis 2001

Le fait de posséder ou non son logement est intimement lié au cycle de vie. Le taux de propriété varie donc selon le groupe d’âge du principal soutien du ménage. Ce taux de propriété augmente graduellement avec l’âge chez les 15 à 64 ans, puis diminue chez les 65 ans et plus. En 2021, le taux de propriété passait de 16 % chez les ménages soutenus par une personne de 15 à 24 ans à 69 % chez ceux dont le principal soutien était âgé de 55 à 64 ans. Chez les ménages aînés, soit ceux soutenus par une personne de 65 ans et plus, le taux de propriété était de 63 %.

Entre 2001 et 2021, le taux de propriété des ménages dont le principal soutien était âgé de 15 à 24 ans, de 25 à 34 ans et de 65 ans ou plus a connu une hausse (respectivement + 4,1, + 2,2, + 4,9 points de pourcentage). En revanche, on a constaté une baisse du taux de propriété chez les ménages soutenus par une personne de 35 à 44 ans et de 45 à 54 ans (respectivement − 1,1 et − 0,6 point de pourcentage).

L’absence d’hypothèque

L’hypothèque est la dette la plus importante des unités familiales au Québec. Les propriétaires qui n’ont pas d’hypothèque ont un niveau d’endettement plus faible que les autres, et sont en meilleure santé financière. En 2001, au Québec, 43,9 % des ménages propriétaires n’avaient pas d’hypothèque. En 2021, cette proportion était de 37,8 %, ce qui représente une baisse de 6,1 points de pourcentage en 20 ans.

La proportion de ménages propriétaires sans hypothèque est en baisse dans toutes les régions du Québec

Les régions où la proportion de ménages propriétaires sans hypothèque était la plus faible en 2021 sont des régions adjacentes à Montréal. Il s’agit :

  • de Lanaudière (32,5 %);
  • des Laurentides (33,4 %);
  • de la Montérégie (34,3 %);
  • de Laval (34,5 %);
  • de l’Outaouais (34,8 %).

Inversement, les régions où la proportion de propriétaires sans hypothèque était la plus élevée étaient le Bas-Saint-Laurent (46,7 %) et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (51,0 %).

Entre 2001 et 2021, la proportion des ménages propriétaires sans hypothèque a connu une baisse dans toutes les régions du Québec. Des diminutions de plus de 6 points de pourcentage ont été observées dans les régions :

  • de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (− 9,7 points de pourcentage);
  • de Chaudière-Appalaches (− 8,6 points de pourcentage);
  • du Centre-du-Québec (− 7,3 points de pourcentage);
  • de la Capitale-Nationale (− 6,4 points de pourcentage).

Les couples sans enfant plus susceptibles de ne pas avoir d’hypothèque

En 2021, les couples avec enfants étaient le type de ménage chez qui la part de ménages propriétaires sans hypothèque était la plus faible (18,1 %). Suivent les personnes vivant seules (23,1 %) et les familles monoparentales (25,6 %). Le type de ménage chez qui la proportion de ménages propriétaires sans hypothèque était la plus élevée était les couples sans enfant (53,2 %).

Une diminution de la proportion de ménages propriétaires sans hypothèque est survenue entre 2001 et 2021 à l’échelle du Québec 2021 (− 6,1 points de pourcentage) chez tous les types de ménage. Des baisses de plus de 10 points de pourcentage ont été constatées chez les familles monoparentales, chez les couples avec enfants et chez les personnes vivant seules (respectivement − 15,5, − 12,7 et – 10,9 points de pourcentage). Les couples sans enfant enregistrent pour leur part la plus faible baisse (− 3,8 points de pourcentage).

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La part de propriétaires sans hypothèque en baisse dans tous les groupes d’âge depuis 2001

La proportion de ménages propriétaires sans hypothèque tend généralement à augmenter avec l’âge du principal soutien du ménage. En 2021, la proportion de ménages propriétaires sans hypothèque passait de 5,7 % chez les ménages soutenus par une personne de 25 à 34 ans à 72,1 % chez ceux dont le soutien était âgé de 65 ans ou plus. L’écart le plus important entre les groupes d’âge est observé entre les ménages soutenus par une personne de 55 à 64 ans et ceux soutenus par une personne de 65 ans ou plus (27,3 points de pourcentage).

Une particularité dans la tendance selon l’âge, les ménages propriétaires soutenus par une personne de 15 à 24 ans étaient proportionnellement plus nombreux que les ménages dont le soutien principal était âgé de 25 à 34 ans ou de 35 à 44 ans à ne pas avoir d’hypothèque (respectivement 17,9 % c. 5,7 % et 7,9 %).

Entre 2001 et 2021, la part de ménages propriétaires sans hypothèque a connu une baisse dans tous les groupes d’âge. Les baisses les plus fortes ont été observées chez les ménages soutenus par une personne de 45 à 54 ans (− 19,1 points de pourcentage), et chez ceux soutenus par une personne de 55 à 64 ans (− 16,4 points de pourcentage).

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Les ménages vivant dans un logement subventionné

Qu’est-ce qu’on entend par logement subventionné?

Selon les recensements canadiens, les logements subventionnés (ou à loyer indexé) sont les logements dont le loyer est déterminé en fonction du revenu, les logements sociaux, les logements sans but lucratif, les habitations à loyer modique, et les logements bénéficiant des programmes gouvernementaux d’aide au logement, dont les prestations de supplément au loyer et les allocations de logement.

Les données relatives au logement subventionné ont été colligées pour la première fois en 2011, dans le cadre de l’Enquête nationale sur les ménages. Les résultats présentés portent sur la période de 2011 à 2021.

En 2011, environ 3,7 % des ménages privés vivaient dans un logement subventionné au Québec. Cette proportion était de 3,5 % en 2021, ce qui représente une faible baisse (− 0,2 point de pourcentage).

Le logement subventionné dans les régions

Le Nord-du-Québec est la région qui compte la plus grande proportion de ménages vivant dans un logement subventionné (22,0 %). Elle est suivie de Montréal (5,1 %). Les régions dont la proportion de ménages vivant dans un logement subventionné était la plus faible sont :

  • Lanaudière (1,7 %);
  • les Laurentides (1,8 %);
  • la Montérégie (2,2 %);
  • Chaudière-Appalaches (2,4 %);
  • Laval (2,5 %).

À l’image de la faible variation observée à l’échelle du Québec entre 2011 et 2021 (− 0,2 point de pourcentage), seulement quelques régions ont vu leur proportion de ménages vivant dans un logement subventionné varier de manière significative entre ces deux années. Lorsque significatives, les différences demeurent de faible ampleur, par exemple :

  • sur la Côte-Nord (− 1,0 point de pourcentage);
  • au Saguenay–Lac-Saint-Jean (− 0,4 point de pourcentage);
  • dans la Capitale-Nationale (− 0,3 point de pourcentage);
  • en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (− 0,5 point de pourcentage);
  • en Abitibi-Témiscamingue (− 0,5 point de pourcentage).

Proportion de ménages vivant dans un logement loué et subventionné, variation sur 20 ans, ménages privés1, régions administratives2 et ensemble du Québec, 2011 et 2021


  2021 Depuis 2011
 
  % Variation  

Ensemble du Québec 3,5 -0,2
Bas-Saint-Laurent 4,1 -0,2  
Saguenay-Lac-Saint-Jean 4,2 -0,4
Capitale-Nationale 4,3 -0,3
Mauricie 3,3 -0,4
Montréal 5,1 -0,1  
Outaouais 3,4 0  
Abitibi-Témiscamingue 3,2 +0,5
Côte-Nord 4,2 -1
Nord-du-Québec 22,0 +0,1  
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 4,3 -0,5  
Chaudière-Appalaches 2,4 -0,1  
Estrie 2,8 -0,1  
Laval 2,5 +0,1  
Lanaudière 1,7 -0,1  
Laurentides 1,8 -0,1  
Montérégie 2,2 -0,3
Centre-du-Québec 2,8 -0,3

† Exprime une différence statistiquement significative entre 2011 et 2021, au seuil de 0,05.

1. Sont exclus les ménages agricoles et le ménages vivant dans un logement fourni par le gouvernement local ou la communauté des Premières Nations.
2. Selon les nouvelles limites territoriales des régions administratives entrées officiellement en vigueur le 28 juillet 2021 à la suite de la publication du décret 961-2021. À cette date, les MRC de La Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi ont changé de région administrative, passant de la Montérégie à l’Estrie. Toutes les données ont été révisées pour tenir compte de ces changements et assurer la comparabilité dans le temps.

Toutes les estimations ont un bon degré de précision (coefficient de variation inférieur à 15 %).
Sources
Statistique Canada, Recensements de la population et Enquête nationale auprès des ménages de 2011. Adaptation par l’Institut de la statistique du Québec.

Notes méthodologiques

Univers

Ensemble de la population du Québec dans les ménages privés. À l’exception des ménages agricoles et des ménages vivant dans une communauté des Premières Nations.

Sources de données

Les données présentées ont été obtenues à partir du questionnaire détaillé des Recensements de la population de Statistique Canada (qui a été administré à 25 % de la population en ménage privé en 2021 et à 20 % en 2001), et de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011. L’ENM est une enquête à participation volontaire qui a remplacé le questionnaire détaillé du recensement en 2011. Elle a été menée auprès de 33 % de la population en ménage privé.

Les données ont été traitées à partir de la compilation spéciale CO-2642, préparée par Statistique Canada.

Traitements statistiques

Les statistiques présentées étant basées sur des échantillons, elles sont sujettes à l’erreur d’échantillonnage. Pour 2021, des tests statistiques ont été effectués afin de comparer certains résultats entre les régions ou les groupes de population. Les différences évoquées ont été confirmées par ces tests. Certaines informations manquantes pour le recensement de 2001 ne permettent pas de mesurer la précision des estimations. Les écarts entre 2001 et 2021 ont été jugés significatifs à partir des informations disponibles pour les intervalles de confiance calculés à 95 % pour 2021.

Pour plus d’information sur les notions de précision statistique et de différence significative sur le plan statistique, consulter la page Notions statistique pour l’analyse de données d’enquête.

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