Selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population, environ 0,8 % des personnes de 50 ans et plus avaient vécu une situation d’itinérance visible ou cachée au cours des 5 dernières années, en 2020-2021, ce qui correspond à environ 28 400 personnes. En comparaison, la proportion de personnes ayant connu un épisode d’itinérance au cours des 5 dernières années était plus élevée chez les 15 à 29 ans (3,2 %) et chez les 30 à 49 ans (2,6 %).
La prévalence supérieure chez les groupes plus jeunes s’observe également dans les situations distinctes d’itinérance visible (0,2 %* chez les personnes de 50 ans et plus c. 0,5 %* chez celles de 15 à 29 ans et 0,7 %* chez celles de 30 à 49 ans) et d’itinérance cachée (0,8 % c. respectivement 3,2 % et 2,3 %).
Chez les personnes de 50 ans et plus, on ne détecte pas d’écart significatif entre les femmes et les hommes en ce qui a trait à la proportion de personnes ayant vécu une situation d’itinérance visible ou cachée au cours des 5 dernières années, en 2020-2021.
Notes méthodologiques
Concepts et définitions
Itinérance visible
Désigne le fait de ne pas avoir de domicile fixe et de devoir vivre dans un lieu d’hébergement temporaire (refuge, ressource d’hébergement d’urgence) ou dans un endroit non conçu pour l’habitation (une voiture, la rue).
Plus précisément, les résultats présentés reposent sur la question suivante de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) :
« Avez-vous déjà été sans domicile fixe? C’est-à-dire que vous avez eu à habiter dans des refuges ou des ressources d’hébergement d’urgence ou d’hébergement de transition, dans la rue, dans des édifices abandonnés, dans des cabanes (shacks) ou granges, ou dans une voiture? »
Itinérance cachée
Comprend les personnes qui doivent habiter temporairement chez quelqu’un ou dans une chambre d’hôtel ou de motel sans garantie de pouvoir y rester à long terme parce qu’elles n’ont nulle part d’autre où aller.
Les résultats présentés reposent sur la question suivante de l’EQSP :
« Avez-vous déjà été obligé(e) d’habiter temporairement chez quelqu’un ou dans un hôtel ou un motel, sans garantie de pouvoir y rester à long terme, parce que vous n’aviez pas d’autre endroit où habiter? Ne tenez pas compte des périodes où votre lieu de résidence n’était pas disponible, en raison par exemple d’un sinistre, de rénovations ou de travaux de construction. »
Pour les deux formes d’itinérance (visible et cachée), ce sont les prévalences au cours des 5 dernières années qui sont présentées ici.
Notes d’interprétation
L’EQSP ne permet pas de faire un portrait actuel de l’itinérance puisqu’elle s’adresse aux personnes vivant dans un logement au moment de la collecte de données, mais elle permet néanmoins de connaître les proportions de personnes qui ont déjà vécu en situation d’itinérance et qui présentaient en 2020-2021 certaines caractéristiques.
La collecte des données de l’édition 2020-2021 de l’EQSP a été réalisée pendant la pandémie de COVID-19. La crise sanitaire a bouleversé la vie de plusieurs personnes et a entraîné, entre autres, de l’isolement social, des pertes financières ou d’emploi, des changements dans les habitudes de vie et une dégradation de la santé mentale. Pour plus d’information à ce sujet, voir la page Répercussions de la pandémie sur la vie sociale, la santé mentale, les habitudes de vie et la réalité du travail des Québécois.
L’interprétation des résultats doit être faite en tenant compte de ce contexte particulier.
Univers
La population âgée de 15 ans et plus vivant au Québec.
Certaines populations sont toutefois exclues, car elles ne font pas partie de la population cible de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP), soit les personnes résidant dans des logements institutionnels (les hôpitaux, les centres d’hébergement de soins de longue durée) et celles habitant dans les réserves et les régions sociosanitaires (RSS) du Nunavik et des Terres-Cries-De-La-Baie-James.
Précision des données et différences entre les groupes
Les statistiques présentées étant basées sur un échantillon, elles sont sujettes à l’erreur d’échantillonnage. Des tests statistiques ont été effectués afin de comparer certains groupes de personnes. Les différences évoquées dans les points saillants ont été confirmées par ces tests.
À noter qu’il arrive que des proportions semblent différentes, mais que des tests de comparaison ne permettent pas de conclure qu’elles le sont, d’un point de vue statistique. Pour plus d’information sur les notions de précision statistique et de différence significative sur le plan statistique, consulter la page Notions statistiques pour l’analyse de données d’enquête.
Production des données
Les statistiques ont été produites par l’Institut de la statistique du Québec à partir des fichiers de microdonnées de l’Enquête québécoise sur la santé de la population.