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    La participation au marché du travail de l’ensemble de la population en âge de travailler. Premier trimestre 2021

    Le marché du travail a été affecté par le resserrement des mesures au premier trimestre de 2021

    En raison de la pandémie, les gouvernements des différentes provinces ont décrété l’état d’urgence sanitaire au mois de mars 2020. L’effet de la crise sanitaire se constatait déjà dans les résultats du premier trimestre de l’année, mais c’est manifestement au cours du deuxième trimestre que le marché du travail, au Québec comme ailleurs au Canada, a subi le contrecoup de la pandémie. Au troisième trimestre, les mesures étaient moins restrictives et le marché du travail a connu une nette amélioration. La croissance de l’emploi s’est poursuivie au dernier trimestre de 2020, malgré un resserrement des mesures.

    Les mesures ont à nouveau été resserrées au début de l’année 2021, et le marché du travail a été affecté : au premier trimestre de 2021, comparativement au dernier trimestre de 2020, il y avait 23 100 personnes de moins en emploi au Québec. Le recul de l’emploi total s’explique par la baisse du nombre d’emplois à temps partiel (– 55 600).

    Figure 1 – Niveaux et variations trimestriels du nombre de personnes de 15 ans et plus en emploi au Québec

    Niveaux et variations trimestriels du nombre de personnes de 15 ans et plus en emploi au Québec

    Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.

     

    Cette situation n’a pas eu un grand effet sur le chômage. Le nombre de personnes au chômage a peu varié (– 3 700) au premier trimestre de 2021 par rapport au trimestre précédent, et le taux de chômage est resté inchangé, à 7,2 %. Il s’est ajouté 11 400 personnes dans la population en âge de travailler (15 ans et plus) entre ces deux trimestres, et la population active a diminué de 26 800 personnes : c’est donc dire que l’on comptait 38 200 personnes inactives (ni en emploi, ni au chômage) de plus.

    Le nombre d’emplois à temps plein au premier trimestre de l’année était près du niveau d’avant la pandémie au Québec

    Au premier trimestre de 2021, 4 185 800 personnes occupaient un emploi au Québec, un nombre correspondant à 96,9 % du niveau observé au dernier trimestre de 2019 (c’est-à-dire avant la pandémie), ce qui signifie que l’on comptait 133 000 personnes de moins en emploi. Au dernier trimestre de 2020, le nombre d’emplois au Québec correspondait à 97,5 % de celui enregistré avant la pandémie.

    Figure 2 – Ratio du nombre de personnes de 15 ans et plus en emploi au premier trimestre de 2021 sur le nombre au quatrième trimestre de 2019, ensemble du Canada et provinces

    Ratio du nombre de personnes de 15 ans et plus en emploi au premier trimestre de 2021 sur le nombre au quatrième trimestre de 2019, ensemble du Canada et provinces

    Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.

     

    La proportion d’emplois récupérés était un peu plus faible au Québec qu’à l’échelle canadienne au premier trimestre de l’année (96,9 % au Québec c. 97,3 % au Canada). Cette situation est attribuable au nombre d’emplois à temps partiel, qui s’est établi à 86,3 % du niveau d’avant la pandémie (91,5 % au Canada). On comptait donc 111 500 personnes de moins en emploi à temps partiel qu’au quatrième trimestre de 2019. En revanche, le Québec affichait la meilleure situation parmi les provinces à l’étude pour ce qui est du rattrapage de l’emploi à temps plein, et le nombre de personnes qui occupaient un emploi de ce type au premier trimestre était près[1] de celui observé avant la pandémie (99,4 % c. 98,7 % au Canada).

    Parmi les personnes en emploi, la proportion de celles n’ayant travaillé aucune heure ou ayant travaillé moins de la moitié de leurs heures était de 6,5 % au Québec au premier trimestre de 2021, comparativement à 4,8 % avant la pandémie, ce qui signifie que 64 800 personnes de plus se trouvaient dans l’une ou l’autre de ces situations au premier trimestre de 2021. La proportion pour l’ensemble du Canada était aussi de 6,5 %, comparativement à 4,7 % avant la pandémie.

    Au premier trimestre de 2021, le Québec comptait 82 900 personnes de plus au chômage qu’au dernier trimestre de 2019. Le taux de chômage s’est fixé à 7,2 % au premier trimestre de l’année, soit le taux le plus bas parmi ceux des provinces à l’étude. Il était plus élevé que celui d’avant la pandémie, plus précisément de 1,9 point de pourcentage. Seules les provinces de l’Atlantique (+ 0,8 point) montrent une augmentation moins importante du taux de chômage entre les deux trimestres à l’étude. Cela dit, ce sont ces provinces qui affichaient le taux le plus élevé de tout le Canada lors de ces deux périodes.

    Figure 3 – Taux de chômage, quatrième trimestre de 2019 et premier trimestre de 2021, 15 ans et plus, ensemble du Canada et provinces

    Taux de chômage, quatrième trimestre de 2019 et premier trimestre de 2021, 15 ans et plus, ensemble du Canada et provinces

    Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2021. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec.

     

     Les 82 900 personnes de plus au chômage au Québec étaient à la fois des personnes mises à pied temporairement (+ 45 100) et des chercheurs d’emploi (+ 37 700). Au premier trimestre de 2021, les personnes mises à pied temporairement représentaient 21,2 % des personnes au chômage au Québec (15,1 % au Canada), alors que la proportion était de 9,9 % avant la pandémie (9,2 % au Canada).

    Au premier trimestre de l’année, par rapport au dernier trimestre de 2019, on comptait 110 100 personnes de plus dans la population inactive québécoise, soit celle qui n’est ni en emploi ni au chômage. Il s’agit d’une hausse de 4,5 %, la plus forte après celle enregistrée pour les Prairies (+ 4,7  %). Sur les 110 100 personnes inactives de plus, près de 16 % (17 500) désiraient travailler, mais n’avaient pas cherché d’emploi pour divers motifs. La proportion varie selon les provinces. À l’échelle du Canada, les personnes qui désiraient travailler comptent pour un peu plus de la moitié (50,9 %) de la hausse de la population inactive observée entre les deux trimestres analysés.

     

    [1] La différence entre le nombre d’emplois au premier trimestre de 2021 et celui au quatrième trimestre de 2019 est statistiquement non significative au seuil de confiance de 68 %. Voir les notes méthodologiques qui accompagnent cette analyse pour plus de précision.